Blood Sisters (Jane Corry)

Une plongée sanglante! 17/20

Le synopsis

Blood Sisters (Pygmalion) : Alisson et Kitty sont deux sœurs, ou plutôt comme l’histoire nous l’apprends assez vite, deux demi-sœurs.

Elles vivent une relation assez conflictuelle depuis l’enfance et cette situation semble s’être cristallisée car Kitty, victime d’un sombre accident, lourdement handicapée, vit dans une institution de soins depuis son adolescence.

Son esprit est brouillé, sa mémoire en morceau et son corps ne lui appartient plus. Si sa pensée survit, elle ne parvient plus à s’exprimer autrement que par des sons désarticulés.

Alisson tente elle de continuer sa vie, bien qu’ayant laissé une grande partie d’elle-même dans cet accident. La culpabilité vis-à-vis de sa sœur, le fait d’avoir elle eu l’occasion de poursuivre son chemin ne l’ont pas laissée indemne. Elle se mutile régulièrement, s’interdit toute vie intime et a même changé ses projets professionnels pour ne s’autoriser aucune réussite que sa sœur ne pourrait plus vivre elle-même.

Ces deux vies comme suspendues vont assez brutalement se retrouver bouleversée à nouveau quand Kitty entame une relation avec un autre jeune handicapé de son centre et qu’Alisson accepte un poste d’art-thérapeute au sein d’un établissement carcéral local. Peu à peu, le passé se révèle, peu à peu les culpabilités se réveillent et les coupables s’entremêlent, entre mensonges et non-dits, alternant les points de vue d’Alisson et de Kitty, aujourd’hui et il y a plus de quinze ans.

La critique

Plongée sans préparation dans un drame familial. Dès les premières pages, le lecteur peut sentir cette lourdeur, ce drame sous-jaccent, dont il ne recevra les clefs qu’au fur et à mesure.

J’ai été happée par cette atmosphère poisseuse, pleine de non-dit et de culpabilité à peine refoulée. A chaque fois que j’ai eu l’impression de saisir un peu plus du drame qui s’était joué, le chapitre suivant chamboulait tout. J’ai oscillé entre pitié et dégout, pour une sœur puis pour l’autre, les pistes se brouillant sur qui est la victime, qui est la coupable, qui est la gentille et qui est la méchante. Et quel rôle à joué cette troisième petite fille, Vanessa ?

L’alternance des points de vue des deux sœurs, entre 2017 et 2001 (année de l’accident) donne un rythme soutenu et intéressant, qui participe pleinement à maintenir le suspense mais également à brouiller les pistes. La plongée dans l’univers carcéral est également un vrai plus, donnant de la profondeur au roman.

Au final, j’ai vraiment adoré ce roman sombre, prenant et qui présente les choses sans concession ni clichés. Tout n’est jamais tout blanc ni noir, ni haine ni amour, et jusqu’au bout, la vérité se touche du bout des doigts sans pour autant être limpide.

Je viens de découvrir une nouvelle auteure à suivre…et vais m’empresser d’ouvrir son précédent et premier roman.

L’auteure

Jane Corry est Britannique. Elle a une passion pour l’écriture, qu’elle a enseigné à Oxford avant de poursuivre sa carrière en étant journaliste et écrivain à temps plein. Elle dispose de sa propre page internet, en plus de ses comptes Facebook et twitter qui la rendent accessibles aux lecteurs. Blood Sisters est son second roman. Mère et grand-mère épanouie, elle vit maintenant en bord de mer, où elle peut s’adonner à la plongée et à la peinture, qui sont deux autres de ses passions. Jane Corry explique d’ailleurs sur sa page combien le dessin et la peinture l’inspirent et l’aident à écrire. Il lui arrive d’ailleurs souvent de dessiner une scène ou un élément avant de l’écrire. 

Le détail

La phrase d’accroche sur la couverture du livre. Grinçant et palpitant à souhait, pour mettre le lecteur dans l’ambiance : « Trois petites filles : une gentille, une méchante, une morte. »

La parenthèse

L’auteur à elle-même animé des ateliers d’écriture durant 3 ans dans une prison pour homme. Sa connaissance de l’univers carcéral vient de cette expérience mais, comme l’auteure le dit elle-même, la rendue également plus sombre, l’influençant dans le style noir de ses romans.

Marie pour MassCritics

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