Border (Yua Kotegawa/Kazuki Kaneshiro)

Un homme entre la vie et la mort. 17/20

 

Synopsis:

 
Ango Ishiwaka est un enquêteur particulier, et c’est ce que va découvrir la jeune Haruna. Alors qu’elle est en stage d’observation chez la police, sa mission est de surveiller cet homme. Elle va vite se rendre compte que ses méthodes d’investigation sont peu orthodoxes. Il semblerait que des personnes l’aident à démasquer les coupables. En fait il s’avère que le policier a été blessé à la tête par balle lors d’une intervention. Cette blessure l’a placé entre le monde des morts et celui des vivants, lui permettant ainsi de communiquer avec les victimes. Un atout majeur pour la résolution des enquêtes !
 

Critique:

 
  Le manga nous met immédiatement dans une ambiance d’enquête policière, avec une première page en couleur, représentant un cadavre. Ce début in medias res apporte quelque chose de fort à la série, mettant en avant l’efficacité de l’action. Il n’y a donc pas de présentation claire des personnages, ils sont simplement nommés. Cela permet de ne pas alourdir le début de la série, mettant plus en avant le côté rapide et construit de l’intrigue.
 
J’étais un peu sceptique face à l’idée qu’un policier, symbole de l’univers familier, puisse communiquer avec les morts. Mais finalement c’est une belle découverte : loin de faciliter l’enquête, les morts peuvent parfois décider de se taire, pour protéger leurs proches, ou simplement par tranquillité. Ainsi, même si Ishiwaka voit la première victime, celle-ci refuse de lui apporter son aide. En revanche, dans la seconde enquête, la victime va coopérer, permettant ainsi de résoudre l’affaire plus rapidement. Je pense que ce don va prendre de l’importance au fil des enquêtes. Il vient enrichir la résolution du meurtre, tout en apportant un élément surnaturel.
 
Mais ce don est aussi synonyme de danger pour l’enquêteur, qui vit tout de même avec une balle dans le cerveau. Tout lecteur attentif comprendra donc qu’il y a une intrigue de fond. Ishiwaka cherche à comprendre comment cette balle a pu le mener à voir les morts, comment faire pour l’enlever etc.
 
Un autre élément phare de ce manga est pour moi le fait que nous ayons affaire à un enquêteur aux méthodes peu conventionnelles. Il n’hésite pas à demander de l’aide à des hackers, à manipuler psychologiquement les proches pour éventuellement leur faire avouer leur culpabilité. Il se permet également de s’introduire chez les gens, à la recherche de preuves. Ajoutons à cela un caractère relativement froid et peu expansif, et nous voici avec un personne extrêmement charismatique et mystérieux.
 
Quant aux graphismes, je les trouve à l’image de l’intrigue, efficace et simple. Il n’y a pas de grandes démonstrations d’émotions, les personnages ont une apparence physique relativement banale, sans extravagance. Nous avons affaire à un univers du quotidien, ce qui rend le don d’Ishiwaka beaucoup plus fort et intéressant. Il est un policier ordinaire.
 
Je conseille ce manga aux adeptes du policier, que ce soit sous forme de séries télévisées, de romans d’Agatha Christie, ou d’Arthur Conan Doyle, mais aussi d’auteurs plus récents. Les enquêtes sont différentes, il y a des rebondissements. L’intrigue de fond qui lie les enquêtes entre elles est présente de manière discrète, sans prendre trop le pas sur l’aspect policier de la série. Il faut également apprécier les personnages plutôt taciturnes, ne pas attendre de grands développements d’idées. Comme je l’ai dit, ce manga est à la recherche d’une grande efficacité qui fonctionne parfaitement.
 

L’auteur

 
  Deux personnes interviennent dans ce manga, la dessinatrice Yua Kotegawa et le scénariste Kazuki Kaneshiro. Yua Kotegawa est connue pour ses séries policières. Elle y ajoute une grande part de psychologie, de fantastique et d’horreur. Découverte par le magazine Weekly Jump, elle est particulièrement connue pour ses dessins épurés. Kazuki Kaneshiro est un romancier d’origine coréenne, naturalisé japonais. Il collabore donc avec la mangaka pour la création de la série Border.
 

Le détail

 
  Fait particulièrement marquant dans cette série, le peu d’informations personnelles que nous avons sur les personnages. L’attention est portée à l’action et non à la psychologie de ceux-ci. Effectivement, difficile de dire si Ango Ishikawa vit seul, ce qu’il ressent. Contrairement à de nombreux mangas, les gros plans sur son visage ne transmettent pas d’autre sentiment que de l’impassibilité. Les auteurs ont sans doute souhaité ne pas dénaturer les enquêtes et mettre en avant le caractère particulier du personnage. Du fait de son impassibilité, il est placé en opposition avec Haruna, toujours expressive. Le personnage de l’enquêteur est donc sous un certain aspect hors du monde.
 

La parenthèse

 
  Le titre de la série, qui apparaît d’abord comme énigmatique, trouve tout son sens à la lecture. Finalement, le personnage d’Ishikawa est à la frontière entre deux mondes, n’appartenant pas réellement à l’un ou à l’autre. Il peut voir les morts, mais n’arrive pas toujours à communiquer avec les vivants. Il aurait du mourir mais il est toujours vivant. Il est donc un personnage à la frontière de la vie et de la mort. Mais il me semble que son nom éclaire cette vision : Ango. Il serait donc une sorte d’ange, messager entre les morts et les vivants. Évidemment, ceci n’est que mon interprétation, mais il me semble que ce nom n’a pas été choisi au hasard.
 
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