Celle qui pleurait sous l’eau (Niko Tackian)

«Et celle qui ne lâchait rien» 16/20

Le synopsis :

Celle Qui Pleurait Sous L’Eau (Calmann-Lévy)  : Lorsque Clara, jeune femme dynamique et apparemment sans problème est retrouvée morte dans le bassin d’une piscine parisienne les veines tranchées, le suicide semble évident pour les policiers dépêchés sur place, notamment pour le commandant Tomar Khan. Alors qu’une enquête le concernant est toujours en cours et que l’étau se resserre autour de lui, ce dernier s’apprête à clore le dossier. Seule l’insistance de son adjointe Rhonda l’en empêche. Pourquoi une jeune femme comme Clara en est venue à cette extrémité ? La question hante Rhonda qui compte bien trouver la source de la souffrance de Clara pendant que Tomar, piégé entre ses problèmes de santé, l’enquête à son sujet et sa mère, perd pied dans la canicule de cet été parisien.

La critique :

Tout d’abord, un avertissement s’impose. Ce roman est le 3ème mettant en scène le commandant Tomar Khan. Bien qu’il soit tout à fait possible de lire, de comprendre et d’apprécier ce dernier roman de Niko Tackian sans avoir lu les précédents, il reste préférable de connaitre ces romans, ne serait-ce que pour la psychologie des personnages et certaines situations au départ de l’intrigue.

Celle Qui Pleurait Sous L’Eau est un roman actuel en diable. Tant par les thèmes abordés que par le style très percutant de l’auteur. Niko Tackian n’y va pas par 4 chemins, ce livre démarre sur les chapeaux de roues et ne connaît aucun véritable temps mort car même les instants où la tension se relâche, les événements qui s’y déroulent peuvent avoir des répercussions sur la suite du roman. Plus que de l’action pure et dure, c’est plutôt l’enchaînement de ces événements qui donne au livre ce rythme ainsi qu’une tension sous-jacente qui nous met en haleine jusqu’au climax du récit. Le fait que ce soit déjà la 3ème apparition du commandant Khan et de son équipe permet à l’auteur de ne présenter ses personnages que brièvement, par quelques traits de caractères ou quelques souvenirs partagés entre collègues et avec le lecteur.

Roman actuel également par son thème principal, le suicide d’une jeune femme et ce qui a pu l’amener à cela. En pleine vague #MeToo et alors que les violences faites aux femmes sont mises en lumière par les différents médias, Niko Tackian, à l’instar de certains de ses collègues du polar, transfert le rôle d’enquêteur principal à Rhonda Lamarck pour l’intrigue centrale du roman, reléguant Kahn au second plan pour une part non négligeable du roman.

Les chapitres souvent très courts permettent aussi à l’auteur d’amplifier encore cette sensation de mouvement, de rapidité et cela fait encore gagner en intensité à ce roman assez court également (moins de 250 pages). Là où beaucoup d’auteurs auraient pris le parti d’allonger certains échanges entre les protagonistes où de broder une enquête criminelle supplémentaire, Niko Tackian préfère mettre en avant la mère de Khan ainsi que son passé, donnant encore une autre couleur à son roman, faussement apaisé par ces passages, sans l’alourdir inutilement. Il aurait été intéressant de développer un peu plus ce personnage qu’est la mère du héros, qui sans le montrer franchement, participe beaucoup à la tension régnant dans le livre.

Encore une fois, Niko Tackian va droit au but avec ce roman coup de poing, sans fioriture, dans un style très visuel, héritage de son passé de scénariste de bandes dessinées et de la télévision pour laquelle il travaille encore beaucoup. Néanmoins, à vouloir donner beaucoup de rythme au récit, on peut presque regretter que certaines phases du livre se concluent un peu trop rapidement mais, c’est bien la le seul petit défaut de ce roman.

L’auteur :

Romancier, réalisateur, scénariste de BD ainsi que pour la télévision (la série Alex Hugo coécrite avec Franck Thilliez entre autre), Niko Tackian est rapidement devenu l’une des références du polar français. Outre les aventures de Tomar Khan, ses autres romans naviguent entre thriller et thriller psychologique pour Avalanche Hôtel. Membre de la Ligue de l’Imaginaire, Niko Tackian est également féru de boxe, sport pratiqué par son commandant Khan.

Le détail :

Avec un thème aussi dur et actuel, force est de constater que Niko Tackian réussit à nous faire sentir de la victime sans jamais être voyeur, ni donner de jugement sur la vie de celle-ci. La plume incisive de l’auteur se fait alors plus légère par instant avant de replonger dans le vif du sujet et de retrouver le ton plus rentre-dedans qui colle si bien au style de ce roman.

La parenthèse :

Depuis quelques années, les femmes prennent le pouvoir dans le monde du polar et ne sont pas que la compagne, l’amante ou la subordonnée certes efficace mais toujours au second plan. Récemment, des personnages comme Lucie Hennebelle chez Franck Thilliez ou Ludivine Vancker chez Maxime Chattam jouent les premiers rôles dans des séries de roman et se révèlent être de vraies femmes d’actions. Citons également Jacques Saussey, Johana Gustawsson, Sandrine Destombes ou Louise Mey dont les livres mettent en avant des personnages féminins forts.

Sébastien L. pour MassCritics

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