Ceux qu’on aime (Victoria Hislop)

« Ceux qu’on aime ne connaîtront pas la mort » 16/20

Le synopsis :

Ceux qu’on aime (Les Escales)  : Ah ! la Grèce : sa blancheur, ses eaux turquoises, ses îles…le soleil, les vacances…Oui, mais Ceux qu’on aime décrit une tout autre facette de ce pays.Victoria Hislop, avec le talent qui la caractérise, nous transporte dans un pays en crise, de 1930 à nos jours, à travers la destinée de Themis Koralis : l’histoire familiale rejoint alors l’Histoire, la grande, la vraie.

De l’occupation allemande à la guerre civile entre communistes et conservateurs puis au putsch de la junte militaire, les violences et les exactions se suivent et se ressemblent. Y compris au sein de sa propre famille qui se déchire au nom des idéaux et convictions de chacun. D’enfant timide, timorée et effacée, Themis se construit, alors, en s’affrontant aux opinions et agissements de ses aînés et devient une combattante pour la Liberté qui s’engage dans la résistance et se fait emprisonnée avec des centaines d’autres femmes dans les camps de redressement sur les îles de Makronissos (cela ne s’invente pas !) et de Trikeri.

Les tortures, les humiliations, les privations vont-elles avoir raison de sa lutte et de ses engagements ? Une amitié forte et unique pour une militante va l’aider à supporter toutes les brimades et les mauvais traitements, mais sera aussi le catalyseur d’une terrible décision et prise de conscience qui la hantera et influencera le reste de sa vie.

La critique :

J’ai retrouvé avec plaisir la magnifique plume de Victoria Hislop, une auteure que j’affectionne tout particulièrement depuis ma lecture de L’Ile des oubliés, dans le cadre de la sélection du Prix du Livre de Poche 2013. Son dernier pavé, Ceux qu’on aime, ne déroge pas à la règle de mêler le romanesque à l’Histoire. Victoria Hislop nous livre une fresque épique sur trois générations, à l’écriture savamment évocatrice et puissamment émotionnelle, pour raconter à travers l’histoire de Themis et de sa famille, la Grèce des années 40, sous l’occupation allemande, puis la Grèce des années 50 à 70, en butte à la guerre civile et aux émeutes meurtrières, à la violence, à la terreur et à la misère matérielle, morale et affective. L’auteur fait vivre les tragédies de ce pays à travers le prisme d’une famille grecque d’orphelins, élevés par leur grand-mère aussi affectueuse que pragmatique.

La seconde partie du livre montre une Themis un peu plus apaisée, qui fonde une famille à laquelle elle choisit de désormais consacrer sa vie, quoique le passé tourmenté n’est jamais loin…

En conteuse hors pair et didactique, Victoria Hislop met en scène les atmosphères, les sentiments à fleur de mots et la cruauté des actes. On « sent » l’odeur du sang, de la sueur ; on « entend », les tirs, les cris…L’émotion passe, effleure, s’imprègne… On chemine avec l’héroïne, on suit ses pérégrinations, on ressent sa douleur, sa souffrance, son désespoir…mais aussi l’amitié et l’amour sous toutes ses formes au hasard de ses rencontres. Bref, on vit l’intrigue et on n’en sort pas indemne. En plus, on en apprend sur l’histoire de ce pays, si proche et pourtant si lointain par sa culture et ses croyances qui, à bien des égards, fait partie des personnages de ce roman.

Certes, ce gros pavé de 460 pages peut en rebuter quelques-uns. Mais le talent et le style de Victoria Hislop valent le détour et nous attachent d’emblée à la famille Koralis. Et notamment à Thémis, la benjamine de la fratrie, personnage téméraire, engagé, fidèle et authentique. Quant à l’intrigue, une fois les jalons du contexte politique, économique et social posés, elle se révèle captivante, passionnante, émouvante, quelque fois révoltante mais surtout instructive. Un hymne à la liberté, un bel hommage à tous ceux qui ont osé, osent et oseront la lutte pour leurs droits. Hier comme aujourd’hui, cette histoire résonne et fait écho…pour ne surtout pas oublier.

L’auteur :

Victoria Hislop est un écrivain britannique, diplômée de littérature anglaise de St Hilda’s College d’Oxford. Elle a travaillé dans l’édition et les relations publiques avant de devenir romancière. Elle est l’épouse du journaliste et humoriste Ian Hislop depuis 1988.Victoria Hislop vit entre l’Angleterre et la Grèce, et parle français couramment.

Best-seller international, vendu à plus de cinq millions d’exemplaires à travers le monde, son premier roman, L’Île des oubliés (The Island, 2005), a été couronné par le Prix de la révélation littéraire en Grande-Bretagne et le Prix des Lecteurs du Livre de Poche en 2013. La success story se poursuit avec ses nouveaux ouvrages, Le Fil des souvenirs, Une dernière danse, La Ville orpheline et Une nuit en Crète, son premier recueil de nouvelles.

Le détail :

On estime que la Grèce aurait perdu environ 8 % de ses habitants à cause de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre civile combinées. La seule guerre civile a coûté la vie à 150 000 personnes.Les destructions furent importantes : 1,2 million de sans-abris, la majeure partie de la flotte marchande détruite, les infrastructures réduites à néant, tout comme les capacités agricoles et industrielles.

La parenthèse :

Pour son premier roman, L’Ile des oubliés, immense succès international, Victoria Hislop a rejeté des offres d’Hollywood. Elle a  préféré que le livre soit adapté pour la télévision en Grèce. La série « Το Νησί » a été saluée unanimement par le public et les critiques. Son deuxième roman, The return (Le Retour) a aussi connu un succès international et ses livres sont traduits en plus de vingt langues. A savoir : aucun des romans de Victoria Hislop ne se déroule en Angleterre.

Murielle Trouve pour MassCritics

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