Comment élever votre Volkswagen (Christopher Boucher)

Un roman audacieux et original! 15/20

Le synopsis:

Après le décès de son père, un journaliste du Massachusetts donne naissance à une Coccinelle Volkswagen de 1971. Celle-ci demande beaucoup de réparations, puisqu’elle est considérée comme étant déjà ancienne, et c’est ainsi que le journaliste entreprend l’écriture d’un manuel d’entretien sur la Volkswagen. Il faut également souligné que la particularité de cette voiture est qu’il est nécessaire de lui raconter des histoires afin de la garder en vie. Ce père et son drôle de fils vont alors vivre des aventures rocambolesques, tout en partant à la recherche de l’Arbre à Infarctus qui a causé la mort de son père.

La critique

Entre des conseils et des recommandations pour réparer sa Volkswagen, ce roman livre également plusieurs épisodes dans lesquels la Coccinelle et son père vivent d’incroyables aventures. C’est en effet un récit au ton surréaliste qui n’est selon moi, pas accessible à n’importe quel lecteur. Il est nécessaire d’avoir l’esprit bien ouvert et d’oublier toute logique. Par exemple, la Coccinelle est très humanisée et dotée de la parole.

Son père doit donc écrire des histoires pour l’alimenter. Sinon la Volkswagen tombe en panne, voire malade. Ces histoires ressemblent à des souvenirs. De fait, elles sont assimilées aux expériences de la vie auxquelles chacun d’entre nous peut être confronté. Par  ailleurs, c’est un roman où l’on prend parfois le temps de cogiter  après avoir lu un passage du livre.

Un humour absurde masque à certains moments le tragique d’un épisode, puisque le roman traite des choses de la vie qui sont racontées avec beaucoup de fantaisie, comme pour les rendre moins graves, moins dramatiques. Cet humour décalé réside principalement dans des personnages dignes d’un dessin animé. Tels les BioJambeurs ou la Commode à Tiroirs. Certains mots sont régulièrement et délibérément remplacés par d’autres à la sonorité approchante. L’auteur utilise alors des mots parfois plus significatifs que les originaux. Ou qui vont seulement perturber le lecteur, comme pour rappeler que la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille. Cela m’a rendu parfois la lecture un peu difficile, mais je ne peux que féliciter l’auteur pour sa façon de manier les mots savamment.

Ce n’est qu’au fil de la lecture que l’on comprend ces bizarreries et aussi les réelles intentions de Christopher Boucher : écrire une réflexion sur la vie et la mort, la naissance et le deuil. Ce-dernier est d’ailleurs symbolisé par les « personnages-souvenirs », un concept qui m’a beaucoup plu, comme le Souvenir du père du narrateur qui est très présent. De plus, le fait que des histoires permettent à la Coccinelle d’avancer, renvoi au roman en lui-même qui fait également avancer le lecteur dans sa propre existence. Ainsi, c’est une grande histoire que le narrateur nous raconte, à travers son univers auquel on finit par adhérer petit à petit.

Christopher Boucher nous dévoile donc un premier roman très audacieux et original, construit comme une route, tantôt fluide et en ligne droite, tantôt parsemée de dos d’âne. Un peu comme la vie, tout simplement.

L’auteur

Avant de devenir l’auteur de Comment élever votre Volkswagen (Le nouvel Attila), l’américain Christopher Boucher réalise des études de scénographie et d’anglais. Il devient par la suite journaliste et enseigne au sein d’ateliers d’écriture. Il consacre dix ans à la rédaction de ce premier roman, probablement inspiré par sa propre Coccinelle Volkswagen de 1971.

Le détail

Détail insolite: ce roman est réellement conçu comme le manuel d’entretien Volkswagen, réalisé par John Muir en 1969. En effet, le sommaire se présente comme un mode d’emploi avec l’énumération des différentes rubriques (les chapitres). Tels que « Outils et pièces détachées » ou encore, « Voyant rouge allumé ». Paradoxalement, ce livre d’entretien n’est pas aussi précis qu’il n’y paraît, comme le découvre le lecteur au fil de l’histoire.

La parenthèse

Comme je l’ai évoqué plus haut, ce livre est destiné aux lecteurs férus de romans surréalistes. Les adeptes de Boris Vian devraient apprécier l’univers de Christopher Boucher. En effet, on y retrouve la même fantaisie, les métaphores, et les questions existentielles, que dans L’Ecume des jours par exemple. Mais chez Christopher Boucher, c’est à travers un autre sujet, celui de la mécanique.

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