Comment faire fortune en juin 40 (Xavier Dorison)

Une aventure rocambolesque sur fond historique! 18/20

Le synopsis:

Nous sommes en juin 1940 durant la Seconde Guerre Mondiale. Depuis un an, la Banque de France a décidé de déporter ses réserves d’or en province. Il ne reste plus qu’à transporter deux tonnes de lingots d’or de Paris à Bordeaux. Mais Frank Popp, Ange Sambionetti et leurs complices ne l’entendent pas de cette oreille et comptent bien dévaliser et garder pour eux cette somme astronomique !

La critique:

C’est une aventure rocambolesque qui nous est contée sur le fond historique de la Seconde Guerre Mondiale. Le scénario ne lésine aucunement sur l’action, le rythme est là, et le lecteur à intérêt à bien s’accrocher. Quelle aubaine pour les personnages qui, après avoir vu des milliers et des milliers de francs passer sous leur nez, trouvent là une occasion en or de monter un traquenard façon Braquage à l’italienne.

En effet, nous nous croirions presque dans un film : des poursuites, des trahisons, des corruptions, des morts, … cette histoire basée sur des anti-héros a tout pour séduire ! Néanmoins le récit est loin d’être au cœur d’une époque aux mœurs légères et sait retranscrire toutes les facettes de cette période pour le moins tourmentée. Le lecteur, un brin connaisseur de ces années, saura apprécier les allusions à la guerre de 39-45, points de repères qui permettent de bien se situer dans le temps. L’exploitation de cette histoire de braquage réussit en quelque sorte à dédramatiser ce triste passé toujours dans les esprits. Elle ne tourne pourtant pas en dérision ce fait grave du XXe siècle.

C’était donc un pari risqué mais finalement abouti pour les scénaristes qui ont su déjouer cette complexité. Laurent Astier a fait un travail incroyable sur le réalisme de ses planches. Un petit bémol cependant mais qui n’entache en rien l’efficacité de la bande dessinée : il est à parfois difficile de se repérer dans les cadres, la différence entre retours en arrière et le présent n’est pas vraiment mise en valeur, tandis qu’il est parfois complexe de reconnaître à qui la parole est prêtée. Adolescents comme adultes, en particulier un lectorat davantage masculin, aimeront à coup sûr ce scénario digne d’un long métrage de Quentin Tarantino.

L’auteur:

Comment faire fortune en juin 40 (Casterman) est le résultat du génie d’un trio ! Xavier Dorison (scénariste), Fabien Nury (scénariste) en sont donc à leur troisième collaboration après la parution des albums W.E.S.T et La Brigade du Tigre. Quant à Laurent Astier, il a d’abord travaillé en tant que graphiste dans le monde du jeu vidéo avant d’être remarqué pour son talent par les éditions Glénat. Depuis, il a participé dans de nombreux projets qui ont boosté sa carrière.

Le détail:

L’œuvre est une libre adaptation d’un roman de Siniac intitulé Sous l’Aile noire des rapaces, un policier qui vaut le détour ! Par ailleurs, la BD ne devait à l’origine pas en être une. En effet, cette dernière devait prendre la forme d’une adaptation cinématographique, mais le projet a été in fine abandonné contre toute attente. Cela a été d’autant plus étonnant qu’un casting reconnu était au programme : Gilles Lellouche, Jean Dujardin et Clovis Cornillac qui auraient été parfaits dans la peau de truands !

La parenthèse:

Après la lecture de ce tome, on ne peut que vous conseiller de vous plonger un peu plus dans l’univers de Siniac en vous procurant son roman. Mais pour prolonger le plaisir du neuvième art, toujours dans l’esprit un peu malfrat, n’hésitez pas à lire Les Tontons Flingueurs qui a paru au format BD.

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