Derniers Sacrements (De M.J Arlidge)

D’un simple regard… 16/20

Le synopsis :

Derniers Sacrements : Kassie, 15 ans, est une adolescente comme tant d’autres. A une chose près, en plus de son mal-être, elle traîne un don qui peut aussi être perçu comme une malédiction. D’un simple regard, la jeune fille est capable de voir quand et comment une personne va mourir. C’est au moment où une série de meurtres très violents se produit à Chicago que Kassie rencontre Adam, un psychologue qui semble prêt à l’écouter et à l’aider. Coïncidence ou non, chacune des victimes à, un jour ou l’autre, était en contact avec Kassie. Avec l’aide d’Adam, elle va tenter prouver son innocence. Mais aussi  et surtout essayer de sauver les potentielles prochaines victimes qu’elle va croiser.

La critique :

M.J Arlidge laisse cette fois de côté Helen Grace, son personnage fétiche, pour ce one-shot haletant aux accents fantastiques et c’est une réussite totale tant ce thriller se révèle éprouvant pour les nerfs et est complètement addictif.

L’élément fantastique de ce roman aurait pu le rapprocher dangereusement du Dead Zone de Stephen King et l’auteur aurait pu se contenter d’actualiser ce dernier. Loin s’en faut ici puisque le personnage de Kassie, même s’il partage des points communs avec Johnny Smith, le héros de King, est avant tout une adolescente à la dérive qui subit son « don » et qui perd peu à peu tout intérêt pour une vie normale.

A ses côtés, Adam Brandt n’est pas un simple faire-valoir mais un vrai personnage: entier, avec ses doutes et ses erreurs, loin d’un héros vertueux tant dans sa vie privée que professionnelle. Ce duo de protagonistes est un véritable atout pour ce thriller au rythme élevé. Que ce soit lors des chapitres en communs ou non, Kassie et Adam, se retrouve dans des situations souvent compliqués moralement ou physiquement. Les seuls passages où le rythme est moins soutenu sont peut-être ceux écrits à la première personne du singulier mais, dans ces cas là, la tension reste palpable.

Ce rythme dans l’écriture peut parfois se rapprocher de celui d’une série télévisée avec ces scènes dites de cliffhanger en fin d’épisodes et ici de chapitres qui nous poussent à vouloir connaître la suite le plus rapidement possible sans zapper ou ici, refermer le livre avant de l’avoir terminé.

Malgré certains poncifs du genre que l’auteur n’arrive pas à éviter et certains choix discutables dans le traitement de certains personnages secondaires ou des intrigues de second plan, M.J Arlidge nous prouve ici qu’il n’est pas l’auteur d’une seule série et d’un seul personnage. Il nous livre un excellent thriller, rythmé avec une héroïne particulièrement intéressante et un tueur pervers, violent mais tout de même loin des cadors du genre, l’auteur nous épargnant le tueur en série hyper intelligent et sophistiqué. L’auteur est définitivement très inspiré pour créer des personnages féminins forts et, après Helen Grace et Kassie, la prochaine héroïne sera attendue au tournant.

L’auteur :

Né en 1974 à Londres, M.J Arlidge travaille pour la télévision britannique depuis une quinzaine d’années. Dirigeant d’une maison de production, il a permis à plusieurs séries policières de voir le jour.

Créateur du personnage d’Helen Grace, protagoniste principal de ses 5 premiers romans, il la laisse de côté pour ce one-shot flirtant avec le fantastique (Aux éditions Les Escales).

Le détail :

Dans ce livre, l’héroïne peut voir le moment et la façon dont les gens vont mourir, y compris elle-même. Malgré cet élément fantastique central, l’auteur construit son roman comme un thriller classique, un mélange éprouvé et réussi depuis des années. Il utilise le fantastique comme un accessoire et cherche pas à développer plus que cela le don de Kassie.

La parenthèse :

Les personnages adolescents apparaissent régulièrement au premier plan dans les romans où le surnaturel prend place. Cette période de la vie humaine est celle des changements et des doutes. Elle inspire les auteurs qui y voient un prétexte à une plus grande sensibilité au surnaturel. Le meilleur exemple reste la Carrie White de Stephen King mais d’autres personnages adolescents ou post-adolescents servent souvent de porte d’accès des écrivains vers le fantastique et ce, depuis de nombreuses années ( certains des personnages principaux du Dracula de Stocker sortent à peine de l’adolescence et sont souvent les plus sensibles au comte).

Sébastien L. pour MassCritics

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