Elle s’appelait Camille (Lucie Galand)

Amour et fantôme. 17/20

Le synopsis :

Elle s’appelait Camille (Didier jeunesse): Quand on est un jeune adolescent, être obligé de passer l’été dans une maison perdue en plein milieu de la forêt près du village où sa mère a vécu enfant au lieu de passer du temps avec son meilleur ami, c’est un peu la poisse. Mais pour le jeune Lucas, ces vacances vont prendre une drôle de tournure. Au cours d’une promenade une lueur mystérieuse apparaît …

La critique:

Quand on est ado, passer ses vacances dans la maison d’enfance de sa mère, isolée de tout, c’est pas vraiment le pied. Lucas pensait s’ennuyer tout l’été mais lors d’une promenade tout change… La quatrième de couverture dit vrai, ce premier roman de Lucie Galand dévoile la plume d’une jeune auteur au talent prometteur. En mêlant littérature fantastique et et roman quasi initiatique, elle transporte le lecteur dans son propre univers.

Tout commence lorsque Lucas aperçoit un faisceau de lumière lors d’une balade en forêt : celle-ci la guide vers une jeune fille à la beauté surnaturelle qui porte le nom de Camille. Tout au long de ce court roman, nous allons ainsi suivre ce jeune garçon au cours de son enquête : réflexions, recherches à la bibliothèque du petit village, audition des personnes qui ont connu la jeune Camille, … L’auteure propose une vraie enquête à ses lecteurs.

Rien n’est laissé au hasard et tout est à la portée des jeunes lecteurs. Il n’y a pas de sang, de drame récent, et l’auteure fait le pont entre passé et présent et joue avec l’effet papillon avec brio. Comme dans toute enquête paranormale, les descriptions qu’elle soit physique ou psychologique sont importantes. Elles font la puissance du livre. C’est en cela que la plume de l’auteure est prometteuse : tout est dit avec finesse mais rien n’est laissé au hasard. Cela me démange de vous dire ce qui se passe réellement au cours de cette chasse aux fantôme mais je n’ai pas envie de vous spoiler cette envoûtante enquête qui donne à réfléchir.

Car oui, on peut parler fantôme à des jeunes lecteurs et les faire s’interroger sur des sujets beaucoup plus graves. Tout au long de ce roman, Lucie Galand évoque le travail du deuil et du souvenir. En tombant nez à nez avec la jeune Camille, Lucas va remuer les eaux troubles du passé en allant chercher les informations auprès de ceux qui ont côtoyé cette belle jeune fille pour essayer de comprendre les événements et la sauver. A travers le regard des différents protagonistes, le deuil est ainsi évoqué sous différents angles pouvant permettre à chaque lecteur de mieux se l’approprier si ce n’est de le comprendre.

Car à travers cet événement tragique qu’est la mort de la jeune Camille, l’auteure évoque la culpabilité mais aussi le pardon. Ces sujets là, qui sont ma foi plus destinés à des lecteurs un peu plus grands, sont très habilement évoqués. Il n’est pas question de mélancolie ou de chagrin mais l’auteur invite à réfléchir sur des questions plus profondes : qu’est-ce qui fait que l’on se sent coupable ? Comment obtenir le pardon d’un être cher ? Comment se sentir apaisé pour avancer ?

Au-delà de la perte, il est surtout question d’amour. De l’amour entre frères qui se s’allient alors que c’est l’amour vache, l’amour entre un père et une mère qui petit à petit se redécouvrent, .. Mais surtout le premier amour, celui qui nous fait comme le dit si bien l’auteure. Le petit Lucas va tomber amoureux de Camille, alors que la jeune morte le prend pour un autre. Alors que l’on pourrait considérer ce premier amour comme un amour désastreux de part les circonstances, il n’en n’est rien. Si les références à Roméo et Juliette pourront être un peu obscures pour les plus jeunes, cette quête pour découvrir la vérité est l’une des plus belles preuves d’amour qu’il m’aie été donnée de lire dans la littérature jeunesse. 

Aragon disait qu’il n’y a pas d’amour heureux. : Lucie Galand lui donne raison mais avec une note d’optimisme. Avec ce ce roman à la limite du fantastique, vous plongerez dans une très belle histoire d’amour qui ne vous laissera pas indifférent et qui vous fera aimer à coup sûr les vieilles maisons isolées au fond des bois.

L’auteur :

Trentenaire, Lucie Galand a grandi entre Bruxelles et Paris avant de partir à la campagne, proche d’une épaisse et mystérieuse forêt pour poser enfin ses valises à Montpellier. Passionnée depuis toute petite de littérature et d’écriture, elle est éducatrice spécialisée lorsqu’elle n’est pas derrière son clavier.

Le détail :

Le livre recèle d’une multitude des symboles. Mets le plus fort, c’est la forêt. Mais savez-vous ce que cela veut dire ? La forêt est le symbole de l’initiation, c’est un lieu de transition d’un état à un autre, de quête initiatique. Ainsi, lorsque l’on suit le jeune Lucas dans ses péripéties on comprend mieux l’importance symbolique du lieu : il grandit au fur et à mesure du roman, il mûrit.

La parenthèse :

Les fantômes sont source d’inspiration depuis des siècles. Ainsi le paranormal est au cœur de plusieurs films, de plusieurs chaînes web et émissions, de plusieurs livres, … Mais savez-vous que la croyance en ces phénomènes mystérieux diffère selon les pays ? Ainsi, si en Europe la culture du fantôme varie selon les pays (et les lieux hantés qui s’y trouvent), il faut savoir qu’en Asie une immense majorité de la population croit aux fantômes, comme le prouve bon nombre de légendes et mythes ainsi que la diversité du cinéma asiatique sur le sujet qui ont fait l’objet de nombreux remakes.

Magalie pour MassCritics

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