Éphémère (Lauren DeStefano)

Un roman sombre et dérangeant mais néanmoins fascinant! 16/20

Le synopsis :

Les Hommes ont réussi à créer des enfants parfaits immunisés contre toute les maladies, créant une génération particulièrement résistante. Mais le prix à payé est élevé car toute leur descendance est condamné à une mort certaine et prématurée. En effet, plus personne ne survit au delà de 25 ans et les Hommes de la première génération voient leur enfants mourir les uns après les autres.

Dans ce monde où chacun connaît l’âge de sa mort, les jeunes filles vivent dans la crainte d’être kidnappée pour être ensuite mariée à de riches hommes, qu’elles partageront avec d’autres « sœurs épouses », sous couvert de trouver un antidote au fléau qui les touche et ainsi créer une nouvelle génération saine et capable de survivre au delà de l’âge fatidique de 25 ans. C’est ce qui va arriver à Rhine, 16 ans. Mais loin de se complaire dans cette prison dorée elle  ne va chercher qu’une chose : la liberté de vivre les dernières années qu’il lui reste comme bon lui semble.

La critique :

Le jour où Rhine se fait enlevée s’est toute sa vie qui s’écroule. Privée de liberté et cloîtrée dans un manoir gigantesque, elle se retrouve mariée de force à Linden, un homme dont elle ne sait rien. Dans sa prison dorée, elle ne sera pourtant pas seule ; ses sœurs épouses aux caractères diamétralement opposé apparaîtront alors comme de véritables présences réconfortantes. La relation qui se tisse entre elles est d’ailleurs au cœur du roman et apporte un peu de lumière et de chaleur dans ce monde froid et terrifiant. Trois sœurs-épouses et trois façons de considérer leur nouvelle situation. L’une s’en accommode très bien. Elle voit là l’occasion de vivre dans le luxe et d’obtenir tout ce qu’elle n’a jamais eu. L’autre trouve que cet endroit n’est pas plus mal qu’un autre pour mourir. Et enfin Rhine notre héroïne, dont la seule réponse possible pour elle est la fuite.

Car il semble se passer d’étranges choses dans ce manoir… Rhine ne peut qu’imaginer ce que son terrible beau-père, à la recherche d’un antidote capable de vaincre le fléau qui les accable, trame dans le sous-sol aseptisé du manoir. Car celui qui règne en maître et contrôle tout c’est bien cet homme froid et machiavélique qui imprègne le roman d’une tension glaçante et d’un mystère inquiétant.

Linden, son fils, ne semble être qu’une marionnette qu’il manipule à sa guise, lui cachant nombre de choses. A ce titre, il n’apparaît que comme un pantin déconcertant de naïveté et de candeur. Au point qu’il en est parfois vraiment agaçant. Disons que le bellâtre n’est pas franchement capable d’une grande réflexion. Il arrive tout de même à croire que les filles ont choisies leur situation d’épouse. En d’autres termes, qu’elles ont volontairement abandonné leur liberté pour partager un mari qu’elle ne connaissent pas. Et, accessoirement, lui faire des enfants. Concernant Cecily, on pourrait se méprendre, mais il est claire que Jenna ne lui voue que haine. Quant à Rhine, elle est franchement réticente….

Pour autant, la relation qui se lie entre lui et Rhine est intéressante et crédible, à la fois complexe et pleine de contradictions. Et, tout comme la jeune fille, on arrive pas détester ce jeune homme. Car, il n’est finalement que ce que son père à choisi de faire de lui. A l’opposé, Rhine apparaît comme une jeune femme forte et pleine de courage, refusant de se laisser aveugler par le luxe et le confort qu’on lui offre. A aucun moment elle n’abandonne l’idée de s’enfuir pour retrouver son frère jumeau. Cette force de caractère, son courage et sa volonté de garder son libre arbitre lui accorde toute suite notre sympathie et notre affection.

L’univers est sombre, et même si l’histoire se déroule dans un décor riche et luxueux, on imagine aisément la pauvreté, la misère et l’absence d’espoir qui se cache derrière cette illusion destinés à faire oublier aux riches qu’eux aussi mourront avant même d’avoir réellement eu le temps de vivre…

Ces personnages, tous si dissemblables, ajouté à cet univers post apocalyptique dont ne subsiste qu’une infime partie, nous captive et nous fascine. si bien que l’on vient rapidement à bout de ce premier tome. Le style est fluide et très agréable à lire. Il ajoute encore à l’intérêt de ce roman qui nous pousse à la réflexion. Dommage cependant, que l’on en apprenne pas davantage sur ce mystérieux virus. Car finalement, on ne sait ni ce qui le cause, ni pourquoi les femmes meurent toujours plus jeunes que les hommes. Ni même pourquoi des Hommes qui ont pourtant réussi à immunisé les nouvelles générations contre les cancers n’ont toujours pas trouvé d’antidote…

Pour autant, ce livre reste une bonne découverte. A la fois dérangeant, sombre, mais également beau et fascinant, il s’agit là d’une quête pour la liberté remplis de courage mais aussi de la démonstration d’une volonté inébranlable de se battre pour les derniers morceaux d’humanité et de vie qui perdure dans ce monde au bord de l’extinction.

L’auteur :

Née en 1984 à New Haven, Lauren DeStefano est une auteure américaine de littérature young adult. En 2007, elle obtient son BA spécialisé en création littéraire. Éphémère, son premier roman, publié en 2011 , est le premier tome d’une trilogie : Le dernier Jardin.

Le détail :

Ce premier volume est clairement destiné à exposer les bases de l’histoire. Ici, pas beaucoup d’action. On assiste à une sorte de huis clos entre Rhine, ses sœurs-épouses, son mari, et son terrible beau-père. Il s’agit principalement d’apprendre à connaître notre héroïne et à poser les bases de l’intrigue. Peu de questions obtiennent des réponses dans ce tome imprégné de mystère. Si l’on comprend l’intérêt de la chose, on espère tout de même un peu plus d’action les prochains tomes !

La parenthèse :

Si vous êtes friands de dystopies, nous vous conseillons Promise, d’Allie Condie ou encore Le Joyau de Amy Ewing, dans lequel vous découvrirez le triste destin de Violet, destinée à devenir mère porteuse pour une riche famille…

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