Foutez-vous la paix! et commencez à vivre (Fabrice Midal)

Vous reprendriez bien un peu de bonnes résolutions? 11/20

Le synopsis :

Et si nous arrêtions de nous dresser toute une liste d’obligations pour être libre et heureux ? A travers 15 chapitres aux allures d’injonction au bonheur, Fabrice Midal invite au lâcher-prise pour trouver la paix intérieure et commencer à vivre sereinement.

La critique :

Qui dit début d’année, dit bonnes résolutions ! Aussi, c’est dans cette dynamique que je me suis lancée dans la lecture de ce livre au titre provocateur. Mais moi qui ne suis pas afficionados des livres qui vous promettent de devenir épanoui(e) à l’issue de leur lecture, j’ai peiné à arriver à la conclusion de l’auteur.

Fabrice Midal propose au lecteur une série de mantras pour (enfin !) faire « ami-ami » avec soi-même. A l’instar de bons nombres d’ouvrages sur le développement personnel, il n’est pas question ici de home-staging, de feng-shui, de relooking ou de la nouvelle tendance « hygge ». Son truc, c’est la méditation. Et accessoirement, « se foutre la paix ». Ainsi, tout au long de l’ouvrage, il fait l’apologie de cette pratique et ce, de manière plus ou moins insistante. Tout en nous en donnant sa vision personnelle. 

A travers des passages marquants de sa vie professionnelle et personnelle, il raconte son cheminement pour finalement arriver au constat qui lui sert de fil rouge. Malheureusement, j’ai eu la sensation de me retrouver face à un prospectus vantant une approche très personnelle de cette réflexion. Cependant, je me suis retrouvée à quelques reprises en pleine introspection, pour tenter de comprendre ce qui me semble être le sujet principal du livre. Ce leitmotiv, pour l’auteur, devrait d’ailleurs être « celui de notre existence » : « se foutre la paix ». Même si celui-ci est un peu noyé dans la propagande de la méditation.

Mais concrètement, ça veut dire quoi cette idée ? Epanouissement, émerveillement, lâcher-prise, … Fabrice Midal lui donne plusieurs noms pour que le lecteur se l’approprie. Je la décrirai comme étant la petite voix intérieure que nous laissons (trop ?) souvent de côté. Celle qui nous invite à prendre du recul pour mieux analyser. Même si je ne suis pas d’accord avec l’auteur, j’avoue que la structure du livre est une invitation à la réflexion. Mais celle-ci est un long chemin qui se fait au rythme de chacun, sur des thèmes qui nous sont propres. Aussi, le fait de les généraliser à travers certains grands maux n’est pas, à mon sens, des plus habiles pour inviter à la remise en questions.

Car même s’il a une plume agréable, sans langue de bois, l’auteur a tendance à prendre ses aises lorsqu’il s’agit de donner des leçons de vie. En effet, à plusieurs reprises, j’ai eu la sensation de me retrouver assise sur les bancs d’un amphithéâtre, assistant à un cours magistral où le professeur expose sa propre vision de la vie. Philosophie, théologie, sociologie : le cocktail a pourtant l’air alléchant ! Pourtant, l’abus de points d’exclamation, la paraphrase de grands noms de la philosophie ou d’auteurs d’horizon différents de son approche du bouddhisme, laisse très peu de place pour le développement personnel qui est par définition un travail sur soi pour (re)trouver la paix intérieure.

L’état de quiétude tant recherché par l’auteur est pourtant la clé de voûte de tout l’ouvrage. Il nous invite ainsi à quitter notre zone de confort.  Tout en nous incitant à faire tomber les masques que nous nous imposons, volontairement ou non. Pour autant, toutes les parties liées au « comment se défaire de nos habitudes » ne sont, à mon avis, pas assez poussées. Certes, Fabrice Midal ne promet pas une formule clé en main en dehors de la fameuse méditation qu’il propose tel une posologie médicale, mais il aurait été important d’inciter le lecteur à développer son côté critique en le poussant à la réflexion, plutôt que de lui donner une réponse toute faite, qui n’est que le ressenti de l’auteur.

Car au final, c’est bien cela qui m’a dérangé tout au long de ma lecture; je n’ai pas eu le sentiment d’être pleinement actrice de mes réflexions. En effet, j’ai eu la sensation que l’auteur m’imposait son chemin. Cette approche sera peut être rassurante pour certaines personnes, mais personnellement elle ne m’a pas convaincue. Une chose est sûre : le leitmotiv de l’auteur ne sera pas totalement le mien pour cette nouvelle année. Y adhérer totalement reviendrai en effet à se plier à un certain formatage … ce qui est l’inverse de ce qui est prôné tout au long de l’ouvrage !

L’auteur :

Fabrice Midal est un philosophe français, revendiquant la pratique d’un bouddhisme laïque, dénué de tout contexte religieux. Foutez-vous la paix! et commencez à vivre est paru aux éditions Pocket. 

Le détail :

A plusieurs reprises, l’auteur fait référence au classique d’Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince. Conte philosophique intergénérationnel depuis plus de 75 ans, il est souvent considéré comme étant notamment un emblème du développement durable. D’ailleurs, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à découvrir le Parc du Petit Prince. C’est un véritable enchantement pour les petits et les grands ! Peut-être aurez-vous la chance d’apprivoiser le Renard ou de faire un baptême de montgolfière !

La parenthèse :

Plusieurs livres parlent du bouddhisme et on pense de suite à ceux du Dalaï-Lama. Or, en France, les écrits du moine et philosophe Matthieu Ricard sont très plébiscités. Notamment Plaidoyer pour le bonheur sorti en 2003.

Magalie de MassCritics

L’avez vous lu? Qu’en avez vous pensé? Votre note?
Page Facebook : Masscritics
Page Instagram : Masscritics

Une réflexion sur “Foutez-vous la paix! et commencez à vivre (Fabrice Midal)

  • 17 janvier 2019 à 12:51
    Permalien

    A la lecture du titre j’ai eu comme un mauvais pré-sentiment…Un titre accrocheur qui vend du rêve et qui flatte le lecteur. Un business plan plus qu’une vrai réflexion?

    L’analyse que tu en fais ne me donne pas trop tord et va même au delà de mes craintes.
    Car ce que j’en comprend c’est que l’auteur remplace nos injonctions de vie et leur contraintes par d’autres. Ce qui est très moyens comme tu dis en terme de développement personnel…
    Pour apprendre le « lâché-prise » on doit pourvoir trouver des bouquins plus intéressant;)

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.