Habiter le monde (Stéphanie Bodet)

Une ode à la vie et à la montagne ! 14/20

Synopsis :

Lorsqu’elle apprend la mort de Tom, Emily voit toute sa vie s’effondrer. Elle décide donc de retrouver l’essentiel pour ne pas perdre pied. C’est en s’isolant dans la nature que la jeune femme va trouver les premiers éléments nécessaires à sa consolation et à son apaisement. Grâce à sa famille et à ses amis qui l’aiment et la soutiennent, elle retrouve goût à la vie et découvre une toute autre manière d’appréhender le monde qui l’entoure. Mark, un célèbre architecte d’intérieur porte, comme elle, une fêlure, qui fera ressortir le meilleur des deux.

Critique :

Habiter le monde pour mieux y trouver sa place, choisir le chemin à entreprendre malgré la douleur et la nostalgie ; voilà l’histoire d’Emily. Après le décès de Tom, plus rien n’a de sens pour la protagoniste, elle décide donc de retrouver ce lien avec la nature pendant un temps. L’isolement lui a permis de remettre ses idées au clair, c’est pour cela qu’elle décide de revenir à Paris et de reprendre ses études. Le lecteur se trouve face à la remise en question d’Emily. Heureusement qu’elle a des amis et de la famille sur qui compter. Sa vie est un mélange de poésie, de philosophie, et de littérature.

La quatrième de couverture ne reflète pas le potentiel de ce roman. L’intrigue questionne sur notre façon d’être face au monde, face à notre monde. On voyage à travers les yeux de la jeune femme, mais aussi au travers des nombreuses références littéraires. La poétique de l’espace de Gaston Bachelard est au cœur des pages en englobant la représentation des intérieurs, de ce que les maisons représentent pour les habitants. De plus, la nature est un élément vital au récit ; c’est une source d’apaisement et de spiritualité autant que pour la jeune femme que pour sa petite fille.

Ce récit est basé sur la douleur passée mais un bonheur futur. La nostalgie des souvenirs forge les personnages d’Emily et de Mark. Malgré des différences bien visibles, ces deux personnages restent très similaires. La recherche d’une vie faite de « rien », une vie centrée sur les essentiels, voilà ce qui les unie ! Le matérialisme, cette mode contemporaine, est démantelé grâce à ces personnages si attachants. De nombreux thèmes de société sont abordés : la surconsommation, l’écologie, l’éducation, les relations intergénérationnelles, ou tout simplement le temps qui passe sans que l’on ne s’en aperçoive. C’est un roman qui se lit doucement pour profiter du temps passé avec chaque personnage, c’est un instant où la beauté de la littérature et de la poésie nous illumine l’esprit. Certes, il y a certains moments où l’intrigue est un peu simple mais l’auteure sublime ces passages grâce à sa plume.

Si vous êtes en quête d’une œuvre remettant en question une société basée sur le matérialisme, une œuvre qui fait découvrir une manière de vivre si douce et simple, alors je ne peux que vous dire « Lisez Habiter le monde ! Sachez l’apprécier à sa juste valeur, laissez vous illuminer par la beauté de la plume de Stéphanie Bodet ». Cette ode à la vie ravira chaque lecteur souhaitant aborder sa vie d’une autre manière, ou tout simplement souhaitant un souffle d’air provenant de la montagne.

L’auteur :

Stéphanie Bodet est née en 1976, à Gap, dans les Hautes-Alpes. Vainqueur de la Coupe du Monde d’Escalade de bloc en 1999, elle partage sa passion des voyages verticaux avec son compagnon Arnaud Petit. L’escalade est sa passion, certes, mais l’écriture est un des ses nombreux talents. Cinq de ses ouvrages ont été publiés, notamment A la verticale de soi (Édition Paulsen) en 2016, et bien sûr Habiter le monde (Édition L’Arpenteur) en 2019.

Le détail :

L’escalade est au cœur de sa vie et, comme on a pu le remarquer, tient une place importante dans ses romans. Les montagnes, et la nature, sont un point de repère et d’apaisement pour les personnages. Au travers de cette ascension physique, on découvre une ascension morale pour Emily. Ces paysages si purs lui permettent de voir la beauté et la simplicité du monde qui l’entoure. On peut supposer que l’auteure nous déclare son amour pour ces magnifiques reliefs.

La parenthèse :

Si, après cette œuvre authentique et pure, vous souhaitez découvrir d’avantage de cette auteure ; je vous invite à aller explorer les parois montagneuses à travers A la verticale de soi. C’est, en quelques sortes, son autobiographie, son histoire accompagnée de liberté et d’escalade.

« Un hymne à la montage, à l’amour, à la lumière du cœur. »

Jean-Christophe Rufin

Justine P. de MassCritics

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