Hyver 1709 (Nathalie Sergeef/Philippe Xavier)

Pour les amateurs de récits historiques. 12/20 

 

Synopsis :

 
  En 1709, le peuple français se meurt lentement à cause du froid terrible de l’hiver, et la famine menace le royaume. C’est dans ce contexte glaciale que l’on suit Loys Rohan, un aristocrate partant à l’aventure. S’engage une course-poursuite afin d’empêcher l’ennemi de saisir une cargaison de vivre qui pourrait faire basculer l’issue de la guerre.
 

Extraits:

 
« Le grain vital pour le peuple et les soldats se raréfie. Il sera bientôt plus convoité que l’or, plus précieux que les pierres portées par les courtisanes.
A présent je laisse à d’autres le soin de vous révéler la suite car moi-même je ne suis plus. Le grand hyver a déjà planté sa griffe dans mes entrailles.. »
 
« Mes ressources en matières d’approvisionnement et de financement sont certes étendues, mais cet hiver nous prend en traître, et nous savons les greniers de nos ennemis mieux garnis.
Nos soldats faméliques auront à vaincre des troupes nourries. Les coeurs vaillants ont leurs limites, dont le ventre creux, la vue trouble et les jambes flageolantes.
Quant aux peuples, sans pain, ils ne seront d’aucun soutien à leur souverain. »

 
La critique :
 

  Dès le début, ce premier tome nous offre de nombreuses péripéties, et l’on est saisi par l’ambiance qui se dégage, froide et presque terrifiante. L’ouvrage nous promet une véritable immersion dans la France de l’époque  ce qui ravira sans doute les adeptes du genre. Ce côté « histoire de France » est en revanche pesant dans le scénario qui se perd dans des considérations géopolitiques, certes nécessaires, mais parfois au détriment de l’action.
 
Le personnage de Loys Rohan est, quant à lui, très intéressant : aussi à l’aise à la cour du Roi Louis XIV que sur un cheval dans la campagne profonde, on aimerait en apprendre davantage sur lui. Pour l’instant, ce premier tome  ne permet malheureusement pas d’approfondir le personnage, même s’il nous laisse à penser qu’il a une histoire bien particulière. Parmi les protagonistes secondaires, on retiendra la comtesse de Cherboise, une femme de caractère qui n’en est pas moins altruiste.
 
L’ambiance générale est, comme dit plus haut, très prenante, car très bien servie par le dessin: parfois fin, fourmillant de détails, ou alors nous offrant des grandes cases avec de la neige à perte de vue. Le découpage des dites cases est assez cinématographique, ce qui crée un certain dynamisme dans l’enchaînement des plans. En revanche, les actions des personnages semblent parfois un peu molles.
 
Concernant le scénario, il est difficile de se prononcer à l’orée d’un unique tome. En tous cas, la trame principale est amorcée; on sent que les pions sont placés en vue de la course contre la montre qui va se jouer. Les péripéties s’enchaînent et permettent de traiter de divers sujets à travers elles : la place de la religion, la révocation de l’édit de Nantes, les relations entre la noblesse et les « serfs »…
 
Ainsi, Hyver 1709 part d’un bon pied et est à conseiller plus particulièrement aux amateurs d’aventures sur fond d’histoire. En revanche, il laissera peut être plus « froid » (si je puis m’exprimer ainsi…) les profanes de l’histoire de France recherchant juste une aventure hivernale originale.
 

L’auteur:

 
  Au scénario, nous avons Nathalie Sergeef qui très jeune s’intéressa à la BD, mais plutôt du côté des célèbres héros d’humour, avant de se tourner vers d’autres classiques, ceux du genre « aventure ». Concernant le dessinateur, Philippe Xavier, c’est un globe-trotter qui a d’abord exercer sa plume sur des comics aux USA avant de revenir en France, puis de s’installer à Bruxelles. Aux couleurs, il s’agit du travail de Jean Jacques Chagnaud.
 

Le détail:

 
Hyver 1709 se déroule lors de la grande famine de 1709 qui a frappé la France, dans le contexte des guerres de succession d’Espagne. Celles-ci s’achèveront quatre ans plus tard avec la signature du traité d’Utrecht. C’est notamment par ce traité qu’est reconnu la primauté de la langue française lors des échanges diplomatiques, primauté qui vaudra jusqu’au traité de Versailles de 1919.
 

La parenthèse:
 

  Nathalie Sergeef est également scénariste de la série Down under, un road movie dans le bush australien, au XIXème siècles ou encore de Juarez, un album unique sur les disparitions de femmes dans une ville frontalière mexicaine. Xavier Philippe quant à lui a travaillé sur deux autres séries : Croisade (histoire) et Conquistador (fantastique, mythologie).

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