Je me suicide et je reviens (Françoise Dorner)

Quand on troque sa beauté intérieure pour sa beauté extérieure…13/20

Le synopsis :

Thérèse, veuve et digne héritière d’Emma Bovary, a recours à la chirurgie esthétique pour effacer les traces de son passé. Mais sa démarche va l’entrainer dans une drôle de quête, accompagnée de sa petite fille Louise et de son « créateur » Pierre Pastor, dont personne ne ressortira indemne.

La critique :

J’aurai été peu élogieuse envers ce livre si j’avais rédigé à chaud ma chronique. Je vous aurai alors dit que ce court roman est plat. Mais on m’a toujours dis que la nuit porte conseil, alors j’ai suivi cet adage. Et encore une fois, il s’avère qu’il est juste. Même si cette courte histoire n’est pas parfaite et aussi déjantée que le laisse sous-entendre la 4ème de couverture, elle n’en demeure pas moins attachante. Ainsi, à travers les 3 personnages principaux, l’auteure nous livre une réflexion sur le temps qui passe, la solitude, la beauté.

Nous suivons Thérèse, une veuve que la vie n’a pas épargnée. Après un simple coup de téléphone pour une convention obsèques, elle prend conscience du temps qui passe : elle veut se sentir belle aux yeux des hommes, désirée et désirable. Elle qui a toujours était une femme qui a vécu dans l’ombre, elle veut devenir superficielle. Pour ce faire, elle a alors recours à la chirurgie esthétique. Sa petite fille Louise avec qui elle vit, ne comprend pas cette volonté de devenir une autre. Elle, elle l’aime avec son tablier en train de cuisiner. Pas en pâle imitation d’une Marylin Monroe en pleine décrépitude. Mais par amour, elle va trouver l’argent nécessaire à sa junkie de grand-mère pour qu’elle reçoive son shoot de Botox. Quitte à ébranler son quotidien et celui du docteur Pastor, par qui tout est arrivé, faisant de cette quête du bonheur un vaudeville.

Alors que son aïeule souhaite briller par sa beauté extérieure et s’est perdue, la jeune femme prouve que la beauté intérieure est plus forte et se découvre. Un peu niais me direz-vous ? Vous n’avez pas tort. Pourtant, pour moi, la beauté n’est pas le seul sujet du livre. En quelques chapitres, l’auteur évoque la solitude à travers sa galerie de personnages, principaux ou secondaires.

Thérèse, mariée, s’est retrouvée seule dans sa soif de connaissances avant de devenir veuve ; puis, elle a fait face au départ de fille qui avait honte de sa condition sociale, tout en entourant d’amour sa petite fille Louise. Celle-ci vit avec sa grand-mère, mais n’a pas de vie en dehors de son poste de manucure et son train-train quotidien… Jusqu’à ce que sa mamie rencontre son chirurgien esthétique et qu’elle décide de lui faire « payer son geste ». Enfin, Pierre Pastor a une vie bien rangée de célibataire profitant de chaque instant pour cacher ses propres blessures. Chacun à leur façon, les trois protagonistes nous montrent à quel point on peut être seul au milieu d’autres personnes et nous apportent une réflexion la solitude et sur les moyens qui peuvent la rompre.

Même si l’auteure redouble de finesse dans la description des émotions et a une plume aiguisée, cette histoire me laisse un goût d’inachevé. Il n’en reste pas moins que j’ai passé ces quelques heures de lecture agréable avec un petit sourire en coin en repensant à mes propres grands-mères.

L’auteur :

Née à la fin des années 40, Françoise Dorner est romancière, dramaturge et actrice. Elle a reçu en 2004 le prix Gongourt du Premier Roman pour La fille du rang derrière. Je me suicide et je reviens est paru en 2017 aux éditions Albin Michel.

Le détail :

Pierre Pastor passe des heures devant le portait de la Marquise de Pompadour de Quentin de la Tour. Il représente la favorite de Louis XV, assise à un bureau. Connue pour être une femme aux multiples talents, elle jouait la comédie et pratiquait « l’art de la déclamation ». Elle était également protectrice des arts.

La parenthèse :

La chirurgie esthétique est un sujet abordé par Guy des Cars dans son livre L’insolence de la Beauté, paru en 1980. Mais elle a aussi inspiré les auteurs jeunesse Jean-Luce Benazet et Collet Barbé-Julien avec Dans la gueule du monstre. Un incontournable à la maison! Quand un horrible monstre décide d’avoir recours à la chirurgie esthétique pour avoir une plus grosse bouche, il y a forcément un truc qui cloche à la fin de l’histoire …

Magalie de MassCritics

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