Je préférerai ne pas (Justin Wong)

Une bande dessinée résolument moderne, pleine d’humour et de dérision ! 15/20

Le synopsis :

Butt, trentenaire vivant à Hong Kong, se retrouve brusquement au chômage. L’occasion pour lui de prendre un peu de recul et de réexaminer son mode de vie et ses valeurs.

La critique :

Je préfèrerai ne pas est avant tout une bande dessinée au ton et à l’illustration franchement décalées. En effet, ici pas de cases mais un graphisme, il faut bien le dire, plutôt audacieux. Mettant à l’honneur l’imagerie numérique, l’effet visuel, très épuré et où rien ne dépasse, est efficace et réussi.

Le ton est à l’image de la forme, résolument moderne. Ici, l’auteur mène une réflexion sur la question de l’engagement au travail avec un certain humour et une pointe de dérision. De fait, c’est une véritable éloge de l’inaction, une incitation à l’ennui comme booster de créativité  que nous donne à voir Justin Wong, tout en évoquant également le sentiment d’inutilité qui peut s’emparer de nous dans cette situation. En toile de fond, transparaît aussi une critique de la société Hongkongaise.

Le tout offre une bande dessinée pour le moins originale abordant de multiples sujets, du plus futile au plus complexe. Elle s’attache à retranscrire les maux des jeunes gens d’aujourd’hui tout en nous invitant à prendre du recul pour repartir du bon pied.

L’auteur :

Après avoir suivi les Beaux Arts à Hong Kong, Justin Wong part vivre à Londres où il se forme aux médias électroniques interactifs. Depuis 2010, il publie des bande dessinée et réalise aussi des installations et des illustrations. Je préférerai ne pas (Rue de l’échiquier) et sa première bande dessinée publiée en France.

Le détail :

Fondée en 2008, les éditions Rue de L’échiquier propose une ligne éditoriale singulière dans le domaine des sciences humaines et sociales. Au printemps 2018, elle se lance dans la publication de bande dessinée en proposant une sélection raisonnée qui reflète et prolonge les thématiques majeures du catalogue de la maison : développement durable, innovation sociale, pratiques alternatives…

La parenthèse :

Le titre de cette bande dessinée fait référence à une nouvelle de Herman Melville, Bartleby. Un notaire engage un certain Bartleby. D’abord travailleur, Bartleby se met à refuser certains travaux en invoquant qu’il « préfèrerait ne pas » les faire. L’homme va alors progressivement cesser tout travail, refusant de quitter l’étude et allant même jusqu’à refuser son renvoi. Ce personnage constitue ainsi l’exemple même de la stratégie de la fuite qui pourrait constituer une nouvelle stratégie de lutte, à privilégier selon certain théoriciens, à un affrontement direct du pouvoir.

MassCritics

L’avez vous lu? Qu’en avez vous pensé? Votre note?
Page Facebook : Masscritics
Page Instagram : Masscritics

Une pensée sur “Je préférerai ne pas (Justin Wong)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *