Je suis née dans un village communautaire (Kaya Takada)

La découverte d’un mode de vie alternatif, loin de l’utopie. 15/20

Le synopsis:

Je suis née dans un village communautaire : Kaya Takada a vécu toute son enfance et son adolescence au sein du Village. Une communauté qui prône la non-propriété et un mode de vie basé sur le travail (même pour les enfants). Dans cette bande dessinée, elle nous raconte, aux travers de souvenirs et d’anecdotes ce qu’a été sa vie durant cette longue période.

La critique :

Kaya Takada nous entraîne au cœur de ses souvenirs d’enfance alors qu’elle vivait au sein d’un village communautaire : une micro société quasi autarcique qui prône la vie sans argent et sans propriété. Bien beau me direz vous mais l’on découvre vite que l’idée à la base utopique se concrétise de manière plutôt dérangeante, rigide et dogmatique. Car le Village apparaît en fait, de mon point de vue, plus comme une secte qu’autre chose…

Au travers du regard d’enfant de Kaya, innocent et naïf c’est un nombre impressionnant de souvenirs et d’anecdotes qui nous sont raconté, nous faisant découvrir son enfance et cette vie particulière en communauté. Le tout, sous l’oeil objectif de son mari actuel, qui n’aura de cesse de pointer les défauts et incohérences de cette société. Pour sa part, l’auteure nous livre un récit sans jugement et même sans amertume à l’égard de ses parents ou encore de ses «éducateurs » , nous laissant par la même nous faire notre propre avis.

Séparation des enfants de leurs parents, privations, châtiments corporels, liberté de penser inexistante et travail, travail, travail, voilà en fait à quoi ressemble une vie d’enfant au sein du Village, ou le temps de loisirs et d’école sont réduit au maximum. On voit ainsi, comment cette vie a pu influencer la vie d’adulte de Kaya, alors même qu’elle a quitter la communauté.

Si le dessin est plutôt simple, il retranscrit tout de même expressivement les situations et arrive à nous plonger dans cet univers particulier, qui nous fait découvrir un mode de vie alternatif dans les années 70 au Japon.

Ainsi, cette bande dessinée, très dense, ne manque pas de nous interpeller tout en nous faisant réfléchir sur notre propre rapport à l’argent, à la propriété, à la famille, au libre arbitre et plus généralement à la liberté. En cela, elle ne manquera pas de plaire à ce qui se questionne sur les modes de vie alternatifs et qui cherche à en apprendre davantage sur leur potentiels bénéfices mais aussi et surtout sur leurs immanquables dérives.

L’auteur :

Aujourd’hui Kaya Takada vit à Tokyo. Elle dessine sa vie quotidienne et ses réflexions dans un web magazine, sur une plate-forme dédiée aux mangas documentaires. D’abord lancé sur internet, son manga autobiographique et ensuite paru en librairie au Japon en deux volumes distintcs.

Le détail :

Fondée en 2008, les éditions Rue de L’échiquier propose une ligne éditoriale singulière dans le domaine des sciences humaines et sociales. Au printemps 2018, elle se lance dans la publication de bande dessinée en proposant une sélection raisonnée qui reflète et prolonge les thématiques majeures du catalogue de la maison : développement durable, innovation sociale, pratiques alternatives…

La parenthèse :

Si vous souhaitez découvrir d’autres bandes dessinées des éditions Rue de l’Echiquier alors nous vous conseillons Je préfèrerai ne pas de Justin Wong.

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