L DK (Ayu Watanabe)

L DK, le shojo plus mature. 14/20

Le synopsis

Aoi, jeune lycéenne, vit seule dans son appartement. Mais un nouveau voisin vient lui rendre visite, voisin qui n’est autre que Shûsei, le beau garçon du lycée, qui a refusé l’amour de la meilleure amie d’Aoi.

Pour la jeune fille, c’est la douche froide, elle ne le supporte pas mais se sent troublée par le caractère provocateur de Shûsei. Malheureusement pour elle, les voilà obligés de cohabiter pendant un certain temps, l’appartement du jeune homme ayant été inondé.

La critique

La couverture laisse présager une histoire d’amour dès le départ, le lecteur ne peut pas être trompé. Les deux personnages se tiennent la main, le titre comporte un coeur. Nous sommes donc dans un shojo sans aucun doute. Pour beaucoup de personnes le shojo est un genre dans lequel toutes les productions se ressemblent, s’inspirant tous de la même trame narrative et des mêmes péripéties. Il faut cependant prendre conscience qu’il s’agit d’un genre très apprécié, qui certes crée des œuvres plutôt proches les unes des autres, mais qui possède néanmoins leur propre particularité.

Ici, la mangaka nous propose un manga moins mignon que ceux que l’on trouve habituellement. En effet, on y trouve une certaine maturité, avec des passages plus axés sur le corps et le tactile. Les personnes qui s’attendent à des déclarations mignonnes seront un peu déçus car les deux personnages principaux n’ont pas un caractère à se laisser aller aux déclarations enflammées. Aoi est très drôle par son caractère. Elle s’est jurée de détester Shûsei car il a repoussé sa meilleure amie. Mais au fil du tome et des situations dans lesquelles elle le voit, son avis change. Elle finit par le trouver plutôt gentil et mignon. Ses sentiments la mettent mal à l’aise vis à vis de Moe sa meilleure amie.

Shusei, en revanche, représente le bad boy dans toute sa splendeur. Il est sûr de lui et essaie sans cesse de déstabiliser Aoi en se montrant très tactile. Le décalage entre les personnages est très fort et leur cohabitation crée des situations plutôt comiques. Je trouve que la mangaka joue beaucoup sur cet aspect dans son œuvre, ce qui évite que le lecteur s’ennuie et ce qui permet de varier un peu l’intrigue amoureuse.

Aoi n’a pas confiance en Shusei, elle installe un drap pour séparer la pièce en deux, mais celui-ci s’amuse à l’ouvrir sans cesse. Il entre dans la salle de bain alors qu’elle se douche, la mettant très mal à l’aise. Tous les deux se retrouvent menottés, ce qui donne lieu à une longue scène dans plusieurs lieux publics très comique. Aoi doit acheter un maillot de bain et Shusei en profite pour se montrer insistant et séducteur. Même si toutes ces actions ont déjà été vues à plusieurs reprises dans des shojos, il me semble qu’elles sont reprises avec une tonalité plus mature. Il ne s’agit pas d’un amour profond entre les deux personnages, qui mèneraient à des déclarations enflammées, mais plutôt une attirance d’ordre plus sexuelle.

La mangaka joue d’ailleurs sur des scènes très clichées, au restaurant avec Shusei qui lèche la joue d’Aoi, dans la douche ensemble, dans la cuisine avec le jeune homme se plaçant derrière elle pour l’observer. Pour certains cela peut manquer d’originalité, mais je pense que la mangaka est capable de créer des histoires plus complexes. Il ne s’agit donc ici que de jouer avec deux personnages totalement opposés. D’ailleurs, la distance avec l’habituel shojo est marqué par un dessin plus fin des personnages, notamment au niveau du visage. Leurs yeux sont d’une taille plus normale que ce qu’on trouve traditionnellement.

Je conseille donc ce manga à un public habitué aux shojos, qui saura retrouver les clichés utilisés habituellement. De plus, le manga possède une ambiance plus mature que dans les shojos traditionnels, ce qui crée une certaine nouveauté.

L’auteur

La mangaka est Ayu Watanabe. Elle écrit depuis 2002 et a déjà un certain nombre de publications à son actif. Un de ses mangas, Dear Friends a même été adapté au cinéma en 2007. Elle écrit depuis le début de sa carrière de nombreux oneshots. Sa série L DK (Pika) est publiée depuis 2009. Actuellement, elle compte 11 volumes. Il s’agit donc de sa plus longue série. Pour ce qui est des thèmes, Ayu Watanabe est principalement une dessinatrice de shojos. Elle choisit d’écrire sur des sujets plus ou moins graves, pouvant aller d’une simple histoire d’amour au cancer.

Le détail

Les lecteurs assidus de manga de type shojo ont sans doute remarqué l’omniprésence des personnages masculins qu’on qualifie de prince. En fait, il s’agit d’une convention dans ce type d’écrit, c’est une manière de créer le personnage masculin parfait, beau, intelligent, respectueux. Dans L DK, Shusei représente un prince plutôt ténébreux puisqu’il refuse toutes les déclarations des filles. Finalement c’est souvent ce type de personnage que l’on retrouve, comme dans Maid Sama ou Fruits Basket par exemple. Ce qui peut paraître cliché pour un grand nombre de personnes. La magie des shojos se situe dans le fait que ce garçon ultra populaire tombe sous le charme d’une fille banale. On comprend donc pourquoi le shojo s’adresse à un public essentiellement féminin.

La parenthèse

A la fin de son premier tome, Ayu Watanabe nous propose une explication sur la manière dont elle construit ses séries. Elle commence par écrire le scénario dans son ensemble, pour le faire valider par son éditeur. Ensuite elle doit créer un storyboard, pour déterminer le volume de paroles, la disposition des cases etc. Une fois les storyboards validés, la mangaka passe au dessin, une étape compliquée a priori. Une fois l’ensemble des dessins faits, il faut les encrer, pour ensuite pouvoir éditer le manga. Les assistants entrent en jeu juste avant l’envoi, pour gommer les traits de crayons. Finalement, cela demande de nombreuses étapes. Il faut savoir que de plus en plus de mangakas effectuent le dessin directement sur un ordinateur pour corriger sur les versions numériques.

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