La chambre des murmures (Dean Koontz)

«Master of Puppets…» 14/20

Le synopsis :

Attention, La chambre des murmures (l’Archipel) est le second volet des aventures de Jane Hawk faisant suite à Dark web.

Quand une enseignante aimée de tous commet un effroyable attentat-suicide au volant d’une voiture remplie de jerrycans d’essence, la démence est l’hypothèse retenue. Mais, d’autres cas surviennent. Jane Hawk, inspectrice du FBI en disponibilité depuis le mystérieux suicide de son mari, se lance alors sur cette piste. Elle s’est jurée de traquer les responsables de la mort de son époux et de le venger. Cette quête va lui faire comprendre à quel point certains sont prêts à tout pour obtenir le pouvoir.

La critique :

On parle souvent de Stephen King comme d’un conteur mais, dans un style différent, Dean Koontz arrive (parfois) à lui tenir la dragée haute. Dans un genre différent car l’œuvre de Koontz est beaucoup plus empreinte de science et de technologie ainsi que des dérives en découlant. Chez lui, la cause des tourments découle souvent de la mauvaise utilisation des nouvelles technologies.

Pas de round d’observation pour ce roman. En effet,  s’agissant d’un deuxième tome l’auteur a déjà pris le temps de présenter son héroïne et d’exposer la situation dans laquelle se trouve celle-ci. Le fil rouge entre les romans, la mort de son mari, se développe au travers des rencontres que Jane fait lors de sa quête/fuite à travers les Etats-Unis, que nous fait visiter l’auteur par la même occasion.

Ce personnage de Jane Hawk est le véritable point fort de ce roman. Loin du cliché de l’héroïne-victime mais pas simplement « badass » comme beaucoup de personnages féminins actuellement (en littérature, à la télévision ou au cinéma), Jane Hawk est avant toute chose un personnage extrêmement humain. Elle n’hésite pas à prendre des risques en sortant de la mission qu’elle s’est fixée pour secourir d’autres personnes. Elle est aussi extrêmement intelligente. De fait, elle sait exploiter chaque situation pour la retourner à son avantage et surtout,  repérer et utiliser chaque faille de ses adversaires. N’hésitant jamais à se remettre en cause, elle devient une anguille insaisissable pour ses ennemis, anticipant leurs actions grâce à son instinct, sa ruse et son passé au FBI, bien entendu.

Un tel personnage éclipse tous les autres, amis ou ennemis, pour occuper seul ou presque le devant de la scène. Car, bien évidemment, Koontz a octroyé un partenaire à Jane. Si, dans Dark web, elle était accompagnée d’un millionnaire philanthrope anciennement militaire, cette fois, elle est rejointe par le shérif d’une petite ville victime du même ennemi.

Koontz profite d’ailleurs des chapitres présentant ce dernier pour lever un peu le pied niveau rythme. Ce livre se lit vite, très vite en adéquation au rythme des aventures de Jane Hawk. Les chapitres sont relativement courts. Ils se terminent d’ailleurs souvent sur un moment de tension, un cliffhanger à l’image des séries TV.

Il y a forcément un côté David contre Goliath dans cette histoire avec tout ce que cela peut comporter d’éléments improbables. Mais Koontz installe tellement bien son intrigue ainsi que ses scènes d’action que tout cela se déroule sans que nous nous posions de question.

L’auteur, tel un habile artisan du Hollywood des années 80, construit son roman comme un film d’action avec une pointe d’anticipation. Il enchaîne des scènes toujours plus fortes, toujours plus explosives et donne à son roman un faux air de série B. La chambre des murmures n’est certes pas le meilleur roman de Dean Koontz mais il se lit avec beaucoup de plaisir. Après Dark web, ce roman poursuit la traque Jane Hawk et nous donne envie de la suivre dans le prochain tome de ses aventures (non traduit actuellement).

L’auteur :

Dean (R) Koontz est un auteur américain ayant multiplié les romans dans différents genres sous différents pseudonymes. Science-fiction, épouvante, fantastique, thriller, il rencontre à chaque fois le succès. Durant les années 80 et jusqu’au milieu des années 90, Koontz était le principal concurrent de Stephen King quand les 2 « K » dominaient les ventes du roman de genre de la tête et des épaules. Si le Roi du Maine truste toujours le haut des classements en France, Koontz a connu un passage à vide et revient en force avec sa nouvelle héroïne.

Le détail :

Si Dean Koontz a déjà placé des femmes comme personnages centraux de ses romans (spectres, Midnight,…), ces dernières ont toujours eu l’appui d’un partenaire plein de testostérone, à la limite du cliché. Ici, il offre les pleins pouvoirs à Jane Hawk qui donne du fil à retordre à tous ses adversaires, tas de muscles y compris. L’auteur a ainsi créé l’un des ses personnages les plus charismatiques et attachants (avec Odd Thomas).

La parenthèse :

La manipulation de l’Être humain, qu’elle soit mentale ou génétique, est l’un des sujets de prédilection de Dean Koontz. Depuis ses débuts, il a maintes fois placé ce thème au centre de ses romans. Durant sa première période « épouvante » des années 80/90, il faut citer, entre autres, Midnight ou la Peste grise. De nos jours, Dark web et sa suite jouent sur le même thème.

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