La fille du train (Paula Hawkins)

Un bon thriller psychologique! 18/20

Le synopsis:

Rachel prend le train deux fois par jour pour se rendre de la banlieue où elle vit jusqu’au centre de Londres. Celui de 8h04 le matin et celui de 17h56 le soir. Lors d’un arrêt sur la voie ferrée, elle observe chaque jour, depuis sa place près de la vitre, les jolies maisons devant lesquelles elle passe, et plus particulièrement une. Le couple qui y habite, et qu’elle a baptisé Jess et Jason semble mener la vie heureuse, d’un couple qui s’aime, comme Rachel et son mari avant qu’il ne la trompe puis ne la quitte pour sa maîtresse, enceinte. Mais un jour, Rachel voit Jess embrasser un autre homme que Jason dans le jardin. Elle est bouleversée et en colère. Et c’est avec effroi qu’elle apprend quelques jours plus tard que Jess, de son vrai nom Megan, a disparu dans la soirée du samedi.

La critique: 

Ce roman est basé sur la narration enchâssée des trois figures féminines sur lesquelles se fonde l’intrigue. Rachel, est en quelque sorte à l’origine de toute l’action. Elle est aussi celle qui nous laisse le plus perplexe. Notamment à cause de son manque de souvenirs dû à son alcoolisme. Megan, la victime, est la voix du passé. Grâce à elle, l’auteur allège considérablement sa narration. De fait, elle évite au lecteur des pages de flash-back racontés par d’autres personnages. Tout en nous donnant des informations que l’on n’aurait pu avoir d’un point de vue externe. Anna, la dernière voix du récit, sert plus de soutien à Rachel dans sa recherche de la pièce manquante. En effet, elle ne fait pas réellement faire avancer le récit.

Cet habile montage permet à Paula Hawkins de centrer son intrigue afin que le lecteur reste à la fois trop proche des événements pour prendre le recul nécessaire qui lui permettrait peut-être de résoudre l’intrigue avant l’heure, tout en ne le noyant pas dans les pensées d’un seul narrateur, ce qui alourdirait l’avancée de l’action.

Le thriller psychologique de plus en plus en vogue au XXIe siècle trouve ici un bon exemple de ce que l’on peut attendre de ce genre un peu particulier. Le suspens angoissant monte doucement, et hypnotise le lecteur qui tourne les pages sans s’en rendre compte, de même que le va et vient du train qui ne s’arrête jamais, tel un fil rouge reliant les protagonistes au monde réel. Toutefois, certains pourront trouver dommage que pour éviter les longueurs, le style très elliptique laisse le lecteur peu imaginatif sur sa fin. En effet, certains personnages sont un peu trop effacé par rapport au rôle qu’ils semblent avoir. De même que le passé des personnages principaux est un peu survolé, notamment sur la fin.

L’auteur: 

Paula Hawkins, née en 1972 au Zimbabwe, a vécu en France et en Belgique avant de s’installer à Londres en 1989. Elle était journaliste avant de se consacrer à la littérature de fiction. La Fille du train (chez Sonatine) est son premier roman. Steven Spielberg en a acheté les droits  avant même la parution du livre. Cela tend fortement à consolider la critique unanimement favorable à ce premier thriller. Les quelques défauts du livre, sans toutefois nuire au plaisir de sa lecture ni à sa qualité intrinsèque, s’effaceront sans doute dans les prochaines parutions de cette auteur prometteuse.

Le détail:

L’inscription de l’intrigue dans un quotidien banal et classique donne d’autant plus de poids à ce suspens que la lecture n’est jamais parasitée par des détails référentiels étranges. Le réalisme sur lequel se fonde l’histoire pourrait aussi bien s’adapter aux RER de la banlieue parisienne qu’aux trains de Londres. Cette universalité du contexte rend d’autant plus forte la possibilité d’identification pour le lecteur. En effet, qui n’a jamais imaginé la vie de ces visages que l’on croise tous les jours, sans leur avoir jamais parlé, mais qu’on a l’impression de connaître ?

La parenthèse:

Ce thriller psychologique nous entraîne sur les voies du souvenir incertain et de la narration enchâssée. Cela permet au lecteur d’en savoir un peu plus que les personnages, tout en ménageant à l’auteur la possibilité de nouveaux rebondissements, basés sur des détails du quotidien. Il fait notamment penser au très bon livre de S. J. Watson, Avant d’aller dormir. De la même façon, ce sont les souvenirs perdus de la narratrice qui permettent de dénouer l’intrigue.

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