La Horde du Contrevent (Alain Damasio)

Une pièce désormais incontournable de la littérature fantasy française!  20/20

Le synopsis :

Dans un univers créé par et autour du vent, un groupe d’élite, entrainé dès l’enfance, parcours le monde dans le but de découvrir l’origine du vent. La horde du contrevent, 34e du nom, compte dans ses rangs un scribe, une feuleuse, une sourcière, un troubadour, un traceur et 18 autres compagnons, parties d’un seul et même corps, arqué contre le vent, vers un destin unique.

La critique :

Les premières pages du roman nous parachutent directement dans l’action, en plein furvent. En plein quoi ? C’est en poursuivant la lecture que l’on mesure l’ampleur de ce qui se passe sous nos yeux. Pas à pas, à l’unisson avec la horde, le lecteur appréhende l’univers dans lequel elle avance.

En effet, l’œuvre est complexe. D’une part, à cause de sa polyphonie : les personnages endossent tous le rôle de narrateur à un moment ou à un autre de l’histoire, certains plus que d’autres. L’auteur réussissant le tour de force de façonner des personnages très différents, mais pertinents (on pense à Caracole, le troubadour-poète ou à Golgoth, le traceur au vocabulaire ordurier).

D’autre part, Alain Damasio génère une cosmogonie propre autour du (des) vent(s). Ce qui produit un vocabulaire nouveau, et incite à voir le monde d’une autre façon. Il est important de souligner ici l’importance d’un élément : le vent. Car, il est ici, un personnage à part entière de l’histoire, une entité multiple qui prend le rôle d’un tyran régissant les moindres détails de la vie sur terre. Ainsi, il est la raison d’être de la horde. Son but est d’en comprendre la nature et l’origine. Aussi, c’est par sa longue marche contre le(s) vent(s) que la horde perce peu à peu les mystères de ce dernier.

Très vite, on s’attache à cette troupe insolite et à sa quête impossible. Comment, à pied, livrés à eux-mêmes, peuvent-ils réussir à remonter la bande de contre et réussir là où les 33 hordes précédentes ont échoué ? Pourquoi est-ce si important ? Qu’y trouveront-ils ? L’auteur nous tient en haleine à chaque page. Sa narration est tour à tour hyper-visuelle, lyrique ou philosophique, tournant parfois à de la poésie pure (cf. le passage de Caracole à Alticcio). Son sens de l’écriture nous fait redécouvrir les mots et explorer d’autres sens, jusqu’alors invisibles à nos yeux.

Ce livre plaira donc aux lecteurs en quête d’action, de nouveauté, de sensations fortes, d’un univers riche ; ainsi qu’aux amateurs de poésie, d’amitiés fortes ou encore de kitesurf (si, si). A déconseiller, cependant, si vous vous perdez vite dès qu’il y a abondance de personnages, n’aimez pas trop les mélanges de styles littéraires ou avez peur de vous faire emporter par une bourrasque.

Pour résumer, La Horde du Contrevent est une pièce désormais incontournable de la littérature fantasy française (livre également étiqueté SF, mais à tort selon moi), très souvent qualifié de chef-d’œuvre par les amateurs du genre. En effet, son originalité, doublé de sa richesse et de son intelligence font de ce roman une œuvre à ne pas manquer !

L’auteur :

Son auteur, le français Alain Damasio a publié son premier roman intitulé La Zone du Dehors en 1999. Il rencontre un vif succès avec La Horde du Contrevent (Folio), grâce auquel il remporte Le Grand Prix de l’Imaginaire en 2006. Sorti en 2004, il est accompagné d’une bande-son originale dans sa première édition (La Volte). Une adaptation (en film d’animation) du roman est actuellement en cours de réalisation. Son prochain roman à paraître s’intitule Les furtifs.

Le détail :

Détail qui tue (que j’ai mis un certain moment à remarquer) : la pagination. En effet, contrairement à la numérotation classique de la plupart des livres, celle de La Horde est inversée. Elle part donc de la page 736 (il me semble) à la page… 0. Ce compte à rebours ajoute une dimension dramatique à l’œuvre : « oh mon dieu, comment ça il ne reste plus que 5, 4, 3, 2, 1 pages ?! ». Voilà, c’était le détail qui tue.

La parenthèse :

Les symboles (ou glyphes) utilisés pour identifier les personnages. En effet, au lieu de rappeler fastidieusement le statut de chaque personnage avant sa prise de parole, l’auteur a recouru à un système ingénieux pour simplifier la lecture. Chaque personnage est représenté par/associé à un glyphe. Voici par exemple celui du pilier > ou encore de la soigneuse (.) . Voilà, le récapitulatif est listé sur le marque-page fourni avec le bouquin.

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