La maison des mensonges (Ian Rankin)

«Rebus à déchiffrer» 14/20

Le synopsis :

La maison des mensonges (Le Masque): Lorsque l’on retrouve le corps d’un détective privé 12 ans après sa disparition, caché dans le coffre d’une voiture en pleine forêt, les questions tombent. La forêt a été fouillée par les enquêteurs à l’époque. Chargée de reprendre l’enquête, Siobhan Clarke ne peut passer à côté des erreurs commises par ses prédécesseurs.

Trop d’invraisemblances, trop d’oublis et de maladresses, les enquêteurs de l’époque se retrouvent sous le feu des projecteurs. Aucun ne paraît complètement blanc et même John Rebus semble cacher des choses. Que cherchent-ils à protéger ? Siobhan Clarke va tenter de le découvrir.

La critique :

Dans le monde des enquêteurs récurrents en littérature policière, John Rebus est non seulement l’un des plus connus mais aussi l’un des plus réguliers. La Maison des mensonges est ainsi le 22ème roman dans lequel Rebus apparaît (en plus de nombreuses nouvelles).

Personnage atypique, Rebus, alcoolique avéré, se retrouve ici impliqué dans une affaire qui outre celles d’anciens co-équipiers, pourrait réduire à néant sa réputation.

L’auteur n’est pas tendre avec ses personnages et, son héros déguste une nouvelle fois. Toujours plus cynique et désabusé, Rebus s’appuit cette fois sur Siobhan Clarke pour conduire l’enquête. L’ex-inspecteur, bien que malade, ne peut rester inactif et se mêlera de l’enquête ré-ouverte par la découverte du corps dans la forêt.

Loin de la mode actuelle des thrillers ultra sanglants, et menés tambour battant, Ian Rankin prend le temps pour poser une ambiance et créer une tension palpable entre les différents protagonistes de son récit. La mise en avant de Clarke met en lumière le décalage de Rebus et de ses méthodes souvent roublardes issues, tout comme lui, de la vieille école face aux nouvelles pratiques d’investigation.

Si ses personnages sont l’une des forces de Ian rankin, et qu’il a réussi à les faire évoluer au fil des aventures de Rebus, l’auteur a également mis en place un univers qui change en même temps que les personnages. Edimbourg, lieu principal de l’action lors des enquêtes de Rebus, est d’ailleurs ici plus qu’un simple décor tant la ville et ses environs, dépeints par leurs côtés obscurs, laissant à part paysages verdoyants et touristiques, exercent une véritable influence sur les personnages et leurs humeurs.

Lire une nouvelle aventure de (l’ex)inspecteur Rebus, c’est se replonger dans un univers bien établi avec ses héros et leurs adversaires (Comme Cafferty, la Némésis de Rebus) et, s’il est préférable, d’avoir lu un minimum des précédents romans des enquêtes de Rebus, il est tout à fait possible de lire cette 22ème aventure sans trop de difficulté même si, il faut le souligner, on y perd quant à la compréhension des personnages et de certains de leurs actes ou propos.

Bien que complexe et se déroulant à plusieurs niveaux, l’enquête se suit avec beaucoup de plaisir. La plume de Ian Rankin est une mécanique parfaitement huilée, précise et fluide qui nous prend par la main pour nous amener là où l’auteur le désire sans que nous ne puissions rien voir venir.

L’auteur :

Ian Rankin est l’un des auteurs de polar les plus lus au Royaume-Uni. Lorsqu’est paru L’étrangleur d’Edimbourg, son deuxième roman et le premier de la série d’enquêtes de John Rebus, l’écrivain fut étonné de voir son roman classé comme « policier ». Il lui fallut plusieurs années et les demandes répétées de son éditeur et des lecteurs pour que Ian Rankin écrive la suite des aventures de Rebus, avec le succès qu’on lui connaît.

Le détail :

Ici, John Rebus n’est plus du tout l’homme qu’il était. S’il est malade, c’est surtout le fait qu’il soit à la retraite qui marque une différence. Bien entendu, cela ne l’empêche pas de se mêler des différentes affaires de son ancienne brigade. S’il arrive régulièrement aux auteurs de nous faire suivre leurs héros vieillissants, il est beaucoup plus rare de voir un inspecteur partir à la retraite et continuer ses aventures sans devenir détective privé ou quelque chose s’en approchant.

La parenthèse :

Héros littéraire mais également télévisuel, John Rebus a eu droit à sa propre série. Quatre saisons ont été produites entre 2000 et 2007 avec deux acteurs différents incarnant le célèbre inspecteur (il en est de même pour les personnages de Clarke ou Templer).

Après l’arrêt de la série, Ian Rankin, a récupéré les droits du personnage, afin de ne pas le voir dénaturer comme lors de l’ultime saison. Si l’écrivain a l’intention de ramener Rebus à la télévision, il le fera dans un format plus long et plus à même de respecter son œuvre.

Sébastien L. pour MassCritics

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