La maison des oubliés (Peter James)

« Les murs ont des oreilles et pas que… » 16/20

Le synopsis :

Un charmant manoir en haut d’une colline dans la campagne anglaise. Voilà le rêve de Ollie Harcourt qui se réalise. Il emménage dans la demeure avec sa femme, Caroline, et leur fille, Jade. Toutes deux plus qu’hésitantes pour différentes raisons. L’adolescente ne veut pas quitter ses amies et son petit copain. La mère, elle, craint que les travaux à effectuer ne deviennent un cauchemar. Mais, en fait de mauvais rêve, il y aura d’autres choses. A commencer par ces ombres et silhouettes qui apparaissent dans la maison. Quelqu’un dans la demeure ne veut pas d’eux et leur fait clairement savoir.

La critique :

Auteur reconnu de roman policier, Peter James est également un « Maître de l’Horreur » capable de rivaliser avec les cadors du genre (ex : Possession).

Avec cette Maison des oubliés, l’auteur britannique revisite le thème de la maison hantée, si cher aux fans d’épouvante avec les vampires, loups garous, zombies ou autres créatures maléfiques. Le sujet, maintes fois revisité au fil du temps, garde toujours une base plus ou moins identique. Peter James ne change pas cela et, la demeure, protagoniste principal du roman, se dévoile rapidement. Pour pouvoir accrocher le lecteur avec une histoire aussi classique, il faut donc un grand auteur. C’est le cas de Peter James qui gère parfaitement son récit, alternant scènes du quotidien et scènes d’effroi où la tension est à son comble. L’auteur maîtrise parfaitement les mécanismes du suspense et nous garde sous son emprise du prologue jusqu’à l’épilogue.

Peter James ancre son récit à l’époque actuelle et n’hésite donc pas à se servir des nouvelles technologies à des fins obscures. Il joue avec les téléphones portables, internet, les véhicules, etc…afin de créer un climat de menace permanent sur ses personnages. Cela nous rapproche de ses derniers et de leurs peurs. Car, au-delà du manoir de Cold Hill, nous utilisons tous (ou presque) les mêmes objets (téléphone, ordinateur) que les Harcourt.

Bien sûr avec ce genre bien calibré qu’est le roman de maison hantée, il y a certains passages obligés. Certains clichés auxquels on ne peut pas couper. Cependant, James les utilise à bon escient. Il les met au goût du jour dans le souci de garder son lecteur aux aguets, un peu comme dans un train fantôme, prêt à sursauter au prochain tour. Et ça fonctionne ! L’auteur nous embarque avec lui à travers les tourments vécus par la famille Harcourt durant quelques semaines.

Cela fonctionne grâce aux personnages. Ollie, jeune entrepreneur prêt à tout pour réaliser ses rêves, n’hésitant pas à laisser derrière lui une situation enviable et une maison de banlieue pour investir Cold Hill. Et ce, malgré l’état de délabrement avancé du manoir qui semble exercer une influence sur lui avant même y avoir mis les pieds. A ses côtés, son épouse, Caroline qu’il n’a de cesse de devoir convaincre du bienfait de leur acquisition malgré tout ce qui s’y déroule.

Et, il y a Jade, leur jeune fille, adolescente typique accroc à YouTube, FaceTime et autres. Celle-ci semble mieux vivre les événements qui leur arrive, principalement préoccupée par le fait de revoir ses amies de la ville et de s’en faire de nouvelles. Autour d’eux gravitent de nombreux personnages qui ont, chacun une importance majeure dans l’évolution physique et psychologique de la situation de la famille Harcourt.

Au final, malgré le classicisme du sujet abordé, Peter James nous livre ici un roman piège. En effet, il nous attrape dès les premiers mots pour ne plus nous lâcher. La qualité d’écriture de l’auteur est telle qu’il nous embarque sans que nous nous en rendions compte. Les pages défilent ainsi, grâce à la fluidité et à la simplicité de son écriture. Cette relecture du thème est une vraie réussite. De fait, la Maison des oubliés (chez Fleuve) nous fait passer un excellent moment de lecture. Elle nous rappelle l’âge d’or de la littérature de genre et des collections J’ai lu et Pocket des années 80 et 90.

Le détail :

La présence d’enfants ou d’adolescents est un fait quasi-obligatoire dans toute bonne histoire de maison hantée. Ici encore, la présence de l’adolescente, Jade, valide cela. Si les événements de Cold Hill l’effraie parfois, elle vit tout cela beaucoup mieux que ses parents, ne considérant pas les apparitions comme potentiellement dangereuses.

L’auteur :

Peter James est l’une des stars du roman policier au Royaume-Uni. Les enquêtes du commissaire Roy Grace, traduites dans 34 pays ont fait de lui l’un des écrivains les plus lus, récompensés par de nombreux prix. Après avoir commencé sa carrière dans l’industrie cinématographique, le voici connu comme l’un des maîtres de la littérature policière et fantastique.

La parenthèse :

Tout comme pour le cinéma de genre, la couverture d’un livre d’épouvante est primordiale, peut-être plus encore qu’en littérature classique. Il est facile de tomber dans les clichés en voulant se montrer trop démonstratif. Il est parfois préférable de créer une ambiance qui sera certes moins « tape à l’œil » mais ne trahira pas la substance du roman. Pour ce livre de Peter James, la couverture très soignée est très représentative de l’aura maléfique de Cold Hill, la Maison des oubliés. 

Sébastien L. pour MassCritics

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