La Passe Miroir, les fiancés de l’hiver (Christelle Dabos)

Un seul mot : magnifique. 18/20

Résumé :

 
Le monde comme nous le connaissons n’est plus qu’un lointain souvenir. A la place, plusieurs arches se sont formées, chacune dirigée par une famille présentant des caractéristiques bien particulières. Ophélie, notre héroïne, a grandi sur Anima et voit son destin bouleversé par l’annonce de son mariage avec un habitant du Pôle. Cette jeune femme pas comme les autres aux dons hors-du-commun devra faire preuve de courage et d’intelligence pour surmonter les épreuves qui l’attendent.
 

Extraits :

– Ophélie se sentie honteuse d’être entrée dans cette chapelle sans une seule pensée pour la femme qui reposait au fond du cercueil. Oublier les morts, c’était comme les tuer une seconde fois.
– Sauf ton respect, fille, tu n’es pas la feuille la plus avantageuse de notre arbre généalogique. Je veux dire, c’est juste un musée que tu tiens, pas une orfèvrerie.

La critique :

  Les deux points forts de ce roman jeunesse résident d’une part dans l’ambiance que réussi à créer l’auteur et d’autre part au soin pris pour développer la personnalité des personnages. Nous atterrissons donc dans un univers alternatif, dans un siècle rappelant celui de la belle époque. Dames aux toilettes élégantes, fiacres, opéras, monocles et valetaille (moi non plus je ne connaissais pas ce mot), le vocabulaire employé et la façon de parler des personnages nous plonge directement et agréablement dans l’ambiance feutrée de cette époque. Les personnages principaux sont agréablement complexes et originaux. On s’aperçoit dès les premières pages qu’Ophélie est une anti-héroïne par excellence. Maladroite, myope et mal fagotée, elle n’est pas sans rappeler la Peggy Sue de Brussolo. Heureusement ses petits défauts sont compensés par son morale de battante et son indépendance d’esprit. Son promis, un géant répondant au doux nom de Thorn -bien insister sur le r- en est frustrant de mutisme.
 
Les Fiancés de l’Hiver m’ont à plusieurs reprises rappelé les univers de Miyazaki, Rowling et même de Laclos (Les Liaisons Dangereuses). Sur Anima, les objets sont en effets dotés d’une vie propre ; l’écharpe d’Ophélie la suit partout comme un fidèle matou par exemple. Ce côté merveilleux et enfantin est contre-balancé par une société hypocrite et dangereuse où l’on se sourit pour mieux se poignarder dans le dos. Christelle Dabos parvient néanmoins à instiller une histoire très personnelle, bien écrite et pleine d’humour.
 
Une fois la lecture des Fiancés de l’Hiver commencée, il est difficile de s’arrêter ! Ce roman vous plaira si vous aimez les personnages hauts en couleurs, les mystères à élucider et surtout les univers faisant appel à votre imagination. Malgré le titre, ne vous attendez pas en revanche à une romance lambda pleine de bons sentiments. Les jeunes filles en soif de rêve bleu seront donc un peu déçues à ce niveau-là… ce qui est aussi la force du roman : nous offrir de l’inattendu.
 
En somme, Les Fiancés de l’Hiver est une fiction très intéressante, riche de personnages déroutants mais attachants. Les péripéties s’enchainent de plus en plus vite (peut-être un peu trop à la fin?), rendant le livre difficile à lâcher ! L’univers magique et séduisant n’en rend que plus difficile le retour à la réalité (cf. la Citacielle)… et donne aussitôt envie de se plonger dans La Passe-Miroir, Livre 2 !
 

L’auteur :

  Né en 1980, Christelle Dabos est une auteure française. Elle commence à écrire quelques textes alors qu’elle est à la fac mais se plonge réellement dans l’écriture lorsqu’elle tombe malade. Ensuite, elle relève son premier grand défi littéraire en s’inscrivant au Concours Gallimard Jeunesse. Aujourd’hui, elle vit en Belgique et se consacre pleinement à son travail d’écrivain.

Le détail :

 
  La belle illustration présente sur la couverture du livre est l’œuvre du dessinateur Laurent Gapaillard et représente la Citacielle, principal lieu où se déroulent les péripéties d’Ophélie et de Thorn. Une fois encore, elle n’est pas sans évoquer le Château Ambulant de Miyazaki, qu’en pensez-vous ?
 

La parenthèse :

 
  Christelle Dabos s’est inspirée de la mythologie nordique pour trouver les noms de certains de ses personnages (ceux vivant au Pôle notamment).Thorn, le fiancé d’Ophélie est le résultat d’un mélange entre le dieu scandinave Thor et le méchant Igthorn, du dessin animé les Gummies ! On retrouve également des Feyja, Berenilde, Hildegarde,etc.
 
Plus d’infos sur le site de la Passe-Miroir, créé par l’auteur :http://www.passe-miroir.com
 
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