La Scène des Souvenirs (Kate Morton)

Secrets de famille 15/20

Le synopsis:

L’actrice Laurel Nicolson renvient à Londres pour s’occuper de sa mère mourante avec son frère et ses trois sœurs. Elle découvre une photo d’elle datant de bien avant sa naissance, pendant la guerre, où elle se tient avec une autre femme. Alors qu’elle cherche à en apprendre un peu plus sur celle qui semblait être l’amie de sa mère, et sur le passé de sa mère, Laurel découvre que sa mère semble avoir eu un passé bien moins innocent qu’il n’y parait. Début alors une véritable enquête pour reconstituer ce passé sur lequel s’est fondé leur famille.

La critique: 

Ce livre est un roman fleuve faisant revivre à son lecteur la période des bombardements du blitz à Londres, pendant la Seconde Guerre mondiale. Les nombreux allers et retours entre le passé et le présent semblent vouloir marquer à quel point la vie était différente à cette époque. Cependant, l’on regrettera de ne pas y trouver de réelle reconstitution historique. En effet, les détails quant au quotidien sont assez peu présents. Pour autant, l’auteur réussi à recréer l’ambiance particulière liée au chaos des destructions quotidiennes, du black out, et des restrictions. Si les conditions matérielles étaient pour le moins inconfortables, les conditions psychologiques étaient tout aussi compliquées à vivre. L’enchevêtrement des voix narratrices nous le fait bien comprendre.

L’intrigue est basée sur des non-dits. La narratrice contemporaine, Laurel Nicolson, cherche à apprendre le passé de sa mère afin de comprendre le sien. L’aspect psychanalytique du roman nuance les caractères des personnages : personne n’est tout blanc ou tout noir, il n’y a pas de gentil ou de méchant. Chacun agit avec les moyens à sa disposition, et fonction des données en sa possession, et la vérité peut changer radicalement de visage en fonction du point de vue. Le lecteur est ainsi seul juge des actions des uns et des autres, et, comme à la guerre, tout le monde est coupable quand des innocents meurent.

Sous couvert d’une œuvre de divertissement, l’auteur offre donc une œuvre de réflexion à ses lecteurs,  bienvenue en ses temps tourmentés.

L’auteur: 

Kate Morton vit à Brisbane avec son mari, compositeur de jazz et ses deux enfants. Elle signe son quatrième roman avec la Scène des Souvenirs (Les presses de la cité). Cette australienne de 40 ans est déjà internationalement connu depuis son deuxième roman, le Jardin des Secrets, paru en 2009. Elle est notamment diplômée d’un doctorat sur le gothique dans la littérature contemporaine, et son style en est très influencé.

Le détail: 

L’enchevêtrement des voix narratives est réellement ce qui donne tout son intérêt au roman. Le va-et-vient incessant entre le passé et le présent oblige le lecteur à ronger son frein pour apprendre la suite des événements. Le choix de diviser le volume en quatre parties revenant sur les mêmes faits mais vécu par les différents protagonistes apporte, quant à lui, une vision nouvelle, qui complète les précédentes. Il faut cependant attendre d’avoir le tableau dans son ensemble pour comprendre. D’ailleurs, cest là tout le talent de l’auteur : offrir des rebondissements jusqu’au dernier chapitre. Et ce, tout en gardant une avancée cohérente de l’intrigue.

La parenthèse:

Les autres romans de Kate Morton sont à recommandés aux lecteurs ayant apprécié La Scène des Souvenirs. Notamment Les Heures lointaines. Mais on peut également leur conseiller L’Enfant de l’étranger d’Alan Hollinghurst qui raconte les tribulations d’une famille bourgeoise anglaise du début du XXe siècle : même époque,même région, et même style enchâssé. Pour les adeptes de saga familiale, on conseillera Les Oiseaux se cachent pour mourir de Colleen MacCullough. Egalement auteure australienne, elle décrit l’histoire d’une femme au tournant des XIXe et XXe siècle dans le buch.

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