La tectonique des plaques (Margaux Motin)

Une bande dessinée sensible, émouvante et toujours pleine d’humour! 17/20

Le synopsis

Margaux Motin est de retour pour raconter à nouveau ses aventures de femme-enfant trentenaire, illustratrice et maman. Dans ce troisième tome, Margaux est confrontée à plusieurs changements dans sa vie, qu’elle assimile à la tectonique des plaques. Après avoir vécu la difficile épreuve de la rupture amoureuse, elle remonte la pente grâce à sa joie de vivre et son humour désopilant, tout en essayant d’élever sa fille et d’aimer à nouveau, au risque d’une nouvelle déception.

La critique

On retrouve donc l’héroïne décalée, indépendante et puérile telle qu’on l’a laissée dans les deux derniers tomes. Mais il faut noter que les sujets évoqués sont moins légers, puisque Margaux est en proie aux doutes et aux interrogations, après s’être séparée de son mari, personnage récurrent de ses histoires. Les premières pages de l’album résument d’ailleurs les événements importants survenus dans sa vie en 2010, dévoilant un aspect intimiste tant chez l’auteure que chez son personnage.

Mais à travers ce ton plus sérieux, Margaux Motin nous offre toujours une héroïne tendre et drôle qui affronte sa vie de mère trentenaire (désormais célibataire) avec beaucoup de vitalité et d’humour. Les dessins de l’auteure sont toujours aussi amusants et colorés, donnant du peps à ses histoires, ce qui m’a particulièrement séduite.

En ce qui concerne les autres personnages, on retrouve Margaux aux côtés de sa fille qui a grandi, permettant de la mettre en scène dans les petits sketchs chers à l’auteure. L’héroïne est alors confrontée aux questions existentielles de sa fille, comme lorsque celle-ci lui demande : « Maman, pourquoi ils ont décidé de me faire exister comme humaine et pas comme animal ? », auxquelles l’héroïne a parfois bien du mal à répondre. De nouveaux personnages sont aussi de la partie, comme sa mère, ou encore son meilleur ami, apportant de la nouveauté par rapport aux derniers tomes.

Comme pour les deux premiers volumes, le succès de La tectonique des plaques réside sans doute dans le fait que Margaux Motin s’inspire de sa propre vie et la met en scène dans des illustrations vives et soignées. Si les premiers tomes abordaient le thème de la vie de famille de manière légère, le troisième apparait comme celui de la maturité, même si Margaux gardera toujours une âme d’enfant, à l’âge où les remises en question sont fréquentes. Ce côté émouvant, inhabituel des deux premiers tomes, apporte de la fraîcheur à l’histoire de Margaux.

La tectonique des plaques (Delcourt) reste ainsi dans la lignée des précédents albums, mais avec une touche plus sensible. Cette autre facette de Margaux peut cependant déstabiliser certains lecteurs fidèles à Margaux Motin, ou au contraire, leur faire apprécier encore plus cette héroïne pas comme les autres.

L’auteur

Après un BTS en communication visuelle à l’Ecole nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art, Margaux Motin fait ses débuts d’illustratrice dans le magazine Muteen. Elle  illustre alors dans la presse, l’édition et la publicité. En 2008, elle se fait connaître du grand public grâce à son blog, et publie l’année d’après un album autobiographique intitulé J’aurais adoré être ethnologue. S’en suivent deux autres tomes, puis une collaboration avec l’illustrateur Pacco dans Very bad twinz. Margaux Motin a récemment illustré La femme parfaite est une connasse.

Le détail

Le détail qui m’a particulièrement plu dans les albums de Margaux Motin est les tenues que porte son personnage. Certaines reflètent sa personnalité de femme-enfant assumée, et qui apporte également une touche amusante, comme lorsqu’elle s’habille avec des collants dépareillés, un serre-tête Minnie et des chaussons Bambi. Tandis que d’autres dessins montrent Margaux avec des talons vertigineux de toutes les couleurs et de toutes les formes, révélant un côté radicalement féminin.

La parenthèse

J’ai eu un véritable coup de cœur pour le style graphique de Margaux Motin que j’ai découvert en lisant J’aurais adoré être ethnologue, associé au ton loufoque de ses histoires. Pour ceux qui partagent cet amour du dessin, je conseille d’aller faire un tour sur le blog de Margaux Motin : margauxmotin.typepad.fr. On y retrouve les petits sketchs de l’auteure ainsi que tous ses livres, dont son dernier né, Oui, qui devrait plaire aux fans.

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