Largo Callahan – 6 petites gouttes de sang (Michel Robert)

« Stetson, colt et amulette » 15/20

Le synopsis :

Largo Callahan, pistolero métis d’origines irlandaise et apache, ne connaît qu’une loi, celle qu’il dicte. Partagé entre ses origines, il écume le far-west avec ses hommes toujours à la recherche d’un bon coup à faire. Mais Largo, au-delà de cela, n’a qu’un véritable but, venger son père assassiné. Une rencontre va changer ses projets et, autant pour l’argent que par orgueil, il va accepter une mission plus dangereuse que toutes celles qu’il a déjà effectuées. Une mission qui va l’amener bien au-delà de ce qu’il a déjà affronté.

La critique :

Qualifier Largo Callahan de western serait très réducteur. En effet, ce roman, sur une base rendant hommage à ce genre dont l’auteur est un fan absolu, comporte également tous les éléments qui font la force des romans et un petit quelque chose en plus dont nous reparlerons. Ce savant mélange donne une saveur particulière à ce premier tome des aventures du pistolero métis (La suite est prévue pour Octobre 2019).

Le roman de Michel Robert est construit sur l’alternance de scènes d’action spectaculaires et de vie quotidienne qui permettent de mieux cerner les deux facettes du héros. Ce dernier est un homme écartelé entre deux cultures, partagé entre ses racines irlandaises et apaches, mais également entre la vie en ville auprès de sa famille de cœur et l’Apacheria où vit sa sœur, sa famille de sang. Largo est aussi un pistolero avec des principes, ne s’en prenant ni aux femmes ni aux enfants, et ne supportant pas ceux qui le font. Cette dualité apporte tout son intérêt à ce personnage à cheval entre deux cultures mais au but unique, venger son père assassiné. Cette alternance permet également au lecteur de souffler entre deux déchaînements de violence.

On sent la grande maîtrise du western de Michel Robert. Ce roman, dédié entre autres à Clint Eastwood, possède un énorme potentiel cinématographique ou télévisuel. Il est très facile de visualiser les personnages et les paysages même si, parfois, les descriptions sont un peu trop pointues et alourdissent le récit (principalement en ce qui concerne les tenues).

Si l’auteur nous ballade dans les contrées dangereuses pour l’Homme, c’est pour mieux nous amener là où il le désire et, c’est également là tout le talent de conteur de Michel Robert. Son Largo Callahan prend soudain des allures d’Indiana Jones, transcendant les genres et offrant un nouveau type d’adversaire au pistolero et à ses hommes. Cela donne un second souffle au récit et enrichit encore une intrigue bien fournie qui promet un second tome encore plus trépidant. On sent effectivement que toutes les pistes levées par l’auteur ainsi que tous les personnages de ce roman ne nous ont pas tout dévoilé et que les aventures de Largo Callahan, le pistolero mi-irlandais mi-apache sont loin d’être terminées.

Entre vendetta personnelle, fédéraux et mafia accrochés à ses basques, conflit avec certains membres de sa tribu et les missions qui lui sont confiées par une mystérieuse comtesse italienne, Largo Callahan aura bien besoin des siens pour s’en sortie en un seul morceau.

Vivement la suite !

L’auteur :

Michel Robert est un ancien sportif de haut niveau devenu écrivain et journaliste. Fan absolu de western, de fantasy et de roman noir, il mêle ces deux derniers genres dans le Cycle de l’agent des ombres alors que la Trilogie Malerune, en collaboration avec Grimbert qui signe le tome 1, est plus ouvertement fantasy. Largo Callahan (Fleuve éditions) marque le retour de l’auteur à un univers plus classique (le western) dans lequel il incorpore l’élément surnaturel qui remet tout en cause.

Le détail :

Le roman prend place lors d’une période particulièrement trouble de l’Histoire des Etats-Unis. Michel Robert cite les grands noms de cette période qu’ils soient indiens (Cochise, Geronimo, …) ou américains (Custer entre autres). Cela renforce le côté réaliste du roman et renforce encore la cassure dans le style et le ton final.

La parenthèse :

C’est souvent l’esprit encombré des clichés affichés dans les films ou séries TV que nous percevons les Indiens d’Amérique. La richesse de leur culture est telle qu’elle est pourtant un magnifique territoire pour les romanciers de tous genres. Des auteurs aussi divers que Dan Simmons (Collines noires), Jim Fergus (1000 femmes blanches et sa suite, La vengeance des mères) ou Cormac McCarthy (Méridiens de sang) pour n’en citer que trois, ont fait de personnages indiens des héros fascinants.

Sébastien L. de MassCritics

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