Le Cirque des Rêves (Erin Morgenstern)

Plongez dans un rêve éveillé où tout devient possible! 17/20

Le synopsis :

Dans un Londres du XIXe siècle, deux jeunes prodiges s’affrontent dans une compétition dont ils ne connaissent pas les règles. Marco et Célia ne se connaissent pas, et pourtant, ils ont été élevés pour dans un seul but : être le meilleur illusionniste. Mais ce jeu dangereux peut durer toute une vie. Qui en sortira vainqueur ? Et surtout, que faire quand la passion s’invite dans la partie ?

La critique :

La force de ce roman réside dans son univers. En effet, plus qu’un simple cadre ou décor, le Cirque est un véritable personnage de l’histoire, aux multiples facettes et à la volonté propre. C’est donc à lui qu’appartient le rôle principal. Et c’est à travers lui que s’instille la magie du livre. L’écriture d’Erin Morgenstern sert complètement cette intention. En effet, ses descriptions à la fois très visuelles et poétiques sont tout simplement ensorcelantes. De fait, tout comme les spectateurs qui se rendent chaque nuit au cirque, le lecteur est aux premières loges et se laisse facilement envoûter par la magie des lieux.

Les personnages sont dépeints avec sobriété. Bien que remplis de charme, intéressants et originaux, il reste assez difficile de s’identifier vraiment aux héros, Marco et Célia. De nombreux personnages habitent et gravitent autour du Cirque des Rêves. On s’attache plus facilement aux jeunes jumeaux Poppet et Widget, dont l’histoire plus heureuse les rend peut-être plus sympathiques. Marco et Célia semblent plus lointains, beaux mais inaccessibles. Au final, les personnages les plus abordables sont ceux extérieurs au Cirque. Comme celui d’Herr Thiessen, l’horloger qui, devenant un admirateur du Cirque, finit par le suivre partout, espérant faire partie de cet univers magique, mais ne pouvant que l’admirer. Cela nous ramène à notre triste condition de lecteur, spectateur inconsolable des mondes oniriques cachés dans les livres.

Une particularité propre au roman est son intrigue et son sens du récit. En effet, l’histoire se déroule sur plusieurs décennies. Le rythme est au final assez lent. Contrairement à la plupart de romans de ce genre, il n’y a pas de péripéties rocambolesques, de suspens ou cliffhangers intenables. En lisant le résumé « compétition, combat, fatale », on s’attend à un rythme soutenu. Idem pour la romance, qui étalée sur tant d’années en devient un peu frustrante ! Ce parti pris est assez inattendu mais original.

Ce qui nous mène au point faible du roman : sa chronologie. D’une part, les chapitres mettent en avant certains personnages à tour de rôle. D’autre part, deux chronologies différentes se suivent pour se rejoindre à un moment donné. Certes, chaque titre de chapitre situe le lieu et l’endroit. Mais, je n’avais guère prêté attention à la date avant de m’être perdue dans le temps du récit. Le fait d’être avertis vous évitera probablement ce léger désagrément !

En résumé, un livre à lire pour sa capacité à nous immerger dans un bel univers, plein de magie. Le Cirque des Rêves réveille en nous l’enfant qui croit à la magie. Les amateurs d’onirisme, de magie et du 19e siècle se régaleront. Si vous avez lu le roman Le Prestige*, ou vu le film (comme c’est mon cas), cela vous donnera une bonne idée de l’ambiance du livre. Si les diseuses de bonne aventure, l’univers du cirque et les tours de magie réveillent en vous votre peur des clowns, laissez-vous quand même tenter ! En effet, Le Cirque des Rêves n’a rien de comparable avec nos vrais cirques et vous laissera plongé dans un rêve éveillé où tout devient possible!

L’auteur :

Erin Morgenstern est née le 8 juillet 1978 dans le Massachusetts, aux États-Unis. Elle choisit de faire des études d’art dramatique et obtient son diplôme en 2000. Elle commence à écrire le Cirque des Rêves en 2005, mais reçoit près de 30 refus avant de trouver un agent littéraire.

Son premier roman finit par être publié en 2011 et reçoit l’Alex Award, ainsi que le prix Locus en 2012.

Le détail :

Impossible de faire l’impasse sur la présentation du livre ! Fidèle au code couleurs du cirque, sa couverture est noire, avec le titre et les personnages en blanc. Les tranches du livres sont elles d’un rouge vif et attirent l’œil irrésistiblement. Selon l’auteur, le rouge et le noir rehaussés d’une touche de rouge représentent la dangereuse passion qui couve sous la surface des choses.

La parenthèse :

Erin Morgenstern a commencé à écrire son roman dans le cadre du National Novel Writing Month. Cette association organise, une fois par an, un événement pendant lequel il met au défi des écrivains potentiels d’écrire un roman de 50 000 mots en un mois. Le tout a lieu sur un site web. Le principal intérêt étant le délai et le cadre impartis, poussant les futurs auteurs à s’investir dans leur projet. 

*roman écrit par Christopher Priest (1995) et adapté au cinéma par Christopher Nolan (2006).

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