Le Jazz de la vie (Sara Lövestam)

Un roman qui a le sens du rythme! 17,5/20

Le synopsis :

Steffi, jeune collégienne, est harcelée par les filles de sa classe. Aller en cours signifie survivre, affronter celles qui causent son mal-être. Un seul échappatoire : la musique, et plus particulièrement le jazz. De l’autre côté, on trouve Alvar « P’tit gars » Svensson, jeune jazzman dans les années 40 qui s’est fait un nom à Stockholm pendant la guerre. Sa passion est plus forte que tout, et il ne demande qu’à partager ses souvenirs. Quand le passé et le présent se rencontrent, cela créer une très belle amitié pleine de musique et de liberté. Le jazz lie ces deux générations et donc cette belle alliance.

La critique :

Dans la petite ville de Björke, Steffi ne rêve que de s’inventer sa propre vie. Une vie remplie de musique, de jazz, et accompagnée de sa basse. Mais lorsqu’elle arrive au collège, c’est une toute autre histoire. La question de harcèlement scolaire est un thème important de nos jours, et ici l’auteure nous le fait bien comprendre. En effet, les insultes et les paroles blessantes font parties du quotidien de la jeune musicienne. Steffi, malgré son jeune âge, est très attachante et sait faire la part des choses ; en dépit de la violence des paroles elle sait très bien que cela ne la définit pas. La musique de Povel Ramel tient une très grande place dans son cœur, c’est en quelques sortes son moyen de survie. Le jazz est son échappatoire, et c’est grâce à celui-ci qu’elle rencontre Alvar.

Alvar est une personne âgée, certes, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’a pas les idées claires. Sa rencontre avec Steffi à la maison de retraite lui redonne une nouvelle joie de vivre rythmée par les souvenirs et le swing. Alvar se présente comme un modèle pour la jeune fille. Etant en quête de soi-même elle trouve sa voie à ses côtés. L’ancien jazzman évoque tous ses souvenirs des années 40. Cette immersion dans le passé est très intéressante ; malgré la guerre la musique ne faiblissait pas ! Cette passion commune donne une authenticité au roman, une touche musicale pleine de sentiments.

L’auteure suédoise met en avant la connexion passé/présent d’une manière très douce et mouvementée à la fois. C’est un de ses romans où il ne faut pas s’arrêter dès le premier chapitre. En lisant les premières pages, mon avis était très mitigé, je ne pensais pas découvrir une pépite! Il est difficile de le lâcher. Les histoires d’Alvar sont prenantes, et on en voudrait toujours plus ! De plus, la petite « zazoue » est pleine de courage, de volonté, et malgré ses camarades haineux elle reste positive. La transition entre les flash-back sans blues et le présent parfois difficile est amorcée d’une manière très souple, le voyage temporel se fait de manière fluide ; et c’est vraiment attrayant. L’univers du jazz est ouvert à tous et créé de belles amitiés ; ce roman en est la preuve.

Si vous cherchez un roman touchant, vibrant comme un air de jazz, et surtout évoquant les thèmes de la quête de soi et de la tolérance ; alors lisez Le jazz de la vie! Malgré que le public visé soit les adolescents, c’est un roman qui parlera autant aux plus jeunes qu’aux adultes.

L’auteur :

Sara Lövestam s’impose comme l’une des nouvelles voix littéraires suédoises. Elle est professeure de suédois pour les immigrés, mais aussi journaliste « freelance » et militante pour la communauté LGBT. Son caractère engagé se ressent dans ses romans tels que Le jazz de la vie (Gallimard jeunesse) publié en 2018, ou bien Chacun sa vérité publié en 2015. La question du genre, et de la découverte de soi sont des thèmes qui lui tiennent à cœur, et qui reflètent sa vie personnelle.

Le détail :

Tout comme le titre l’indique, le jazz est très présent dans cette œuvre. Sara Lövestam, par le biais des personnages, fait découvrir au lecteur de nombreuses icônes. On y découvre Povel Ramel (chanteur, pianiste, écrivain et compositeur de revues suédoises), Alice Babs (chanteuse et actrice suédoise), et aussi Charlie Norman (musicien et artiste suédois). Rien n’est laissé au hasard, ici l’auteure nous plonge dans cet univers de swing, de « jitterbug » et boogie woogie !

La parenthèse :

Si vous souhaitez découvrir d’autres œuvres de Sara Lövestam, je vous conseille Différente. L’auteure incarne des personnages extrêmement fouillés qui se heurtent à des situations peu banales – mais non moins fondamentales. Sans jamais tomber dans le cliché ni dans l’artifice du sensationnalisme, on découvre un roman attachant et osé.

« Elle est en équilibre, songe-t-il. Entre l’envie de frapper ses bourreaux et de se frapper elle-même. Cette petite a un terrible sens de l’équilibre. » Page 240

MassCritics – Justine

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