Le peigne de Cléopâtre (Maria Ernestam)

Une entreprise de services pas comme les autres. 17/20

Le synopsis:

Quand Mari se fait licencier de l’entreprise qu’elle a elle-même fondé, elle part se faire consoler par ses deux meilleurs amis, Fredrik et Anna. Sur un coup de tête, ils décident de monter une société de services pour résoudre les problèmes des gens, qu’ils appellent le Peigne de Cléopâtre. Ils allient alors leurs compétences en décoration d’intérieur, en comptabilité ou jardinage pour se faire connaître. Mais un jour, la voisine d’Anna vient leur présenter une requête un peu particulière : elle souhaite que Le Peigne de Cléopâtre élimine son mari.

La critique:

Les trois personnages principaux ne sont ni les plus beaux, ni les plus intelligents, ni les plus populaires. Ils se sont rencontrés dans leur jeunesse, et si les années ont passé, elles n’ont pas émoussé l’amour qu’ils se portent réciproquement. Pourtant, tout en étant plus proches les uns des autres que de leurs familles respectives, ils ne connaissent que ce que les autres veulent bien laisser apparaître en surface. Cet état de fait qui sert de fil rouge tout au long du roman est une sorte de prise de conscience progressive pour le lecteur qui ne peut que fermer le livre en se demandant quelles blessures ses proches lui dissimulent.

Porté par une écriture fluide, ce roman est à la fois emblématique du style d’humour nordique que l’on peut remarquer dans la littérature de ce début du XXIe siècle, tout en posant des questions profondes sur notre mode de vie moderne. L’humour est omniprésent, même s’il fait souvent grincer des dents. Les situations tendent parfois vers l’absurde, tout en étant tout-à-fait vraisemblables, et c’est ce décalage constant qui crée l’univers particulier du roman, et permet à l’intrigue de se développer.

La trame policière sert plus de prétexte à la romancière pour ne pas dévoiler tout de suite au lecteur le passé de ses personnages principaux, que de réelle intrigue. Les rebondissements ne viennent pas apporter un suspens supplémentaire, mais plutôt prouver au lecteur qu’il n’a pas  chercher au-delà des apparences d’une première lecture. Sous couvert de naïveté, l’écriture nous invite à ne pas chercher les réponses entre les lignes, alors que c’est là que se trouve l’essentiel du roman.

L’auteur:

Maria Ernestam est suédoise, et vit à Stockholm. Le Peigne de Cléopâtre n’est pas son premier roman, et elle a notamment déjà reçu le grand prix Page des libraires en 2011 pour Les Oreilles de Buster. Journaliste de formation, elle a fait ses études aux États-Unis et a vécu en Allemagne également.

Le détail:

Le Peigne de Cléopâtre est un livre à trois voix, celles des trois personnages principaux. Cette façon d’alterner les points de vue permet de garder le suspens intact le plus longtemps possible. Contrairement à ce que l’on peut parfois observer, l’auteur ne revient pas sur les événements précédents du point de vue des autres personnages, ce qui permet de ne pas ralentir le rythme du récit. C’est alors au lecteur de palier aux éventuels trous, lui laissant également le temps de réfléchir à ses propres réactions face aux situations.

La parenthèse: 

L’écriture des auteurs nordiques nous est de plus en plus familière grâce à l’ouverture des maisons d’édition. Babel, la collection poche des éditions Actes Sud, notamment est une collection qui met en avant la littérature étrangère. On peut rapprocher le Peigne de Cléopâtre de roman comme Le Mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti, ou Les Chaussures italiennes de Henning Mankell, ou Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson, etc.

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