Le Puits des Mémoires (Gabriel Katz)

Comment survivre en terrain hostile quand on souffre d’amnésie. 18/20.

Le synopsis :

Nils, Karib et Olen se réveillent un beau jour dans des cercueils ambulants. Ils n’ont aucun souvenir de leur vie passée, ne savent pas qui ils sont, et encore moins ce qu’ils font là. Mais ils se rendent vite compte qu’ils sont traqués par des hordes de mercenaires, puis par les plus importantes troupes militaires de leur monde. Tout en cherchant à en apprendre plus sur eux-mêmes, ils apprennent à survivre dans un univers où la magie, la violence, et les complots font et défont les alliances dans l’ombre : d’abord en pays d’Hellion, puis à Woltan, toujours plus près de ceux qui ont causé leur perte.

La critique :

Le Puits des Mémoires est une trilogie de Gabriel Katz. L’intrigue prend pour base la course poursuite entre les trois héros qui se sont réveillés amnésiques, au milieu d’une route de montagne, et leurs détracteurs. Celle-ci avance au fur et à mesure qu’ils en apprennent un peu plus sur leurs identités. Ainsi, le monde dans lequel est projeté le lecteur se révèle à sa compréhension au fur et à mesure des événements. Cette technique d’immersion si elle est plutôt  courante, n’en reste reste pas moins efficace.

Par ailleurs, la personnalité de chaque personnage s’étoffe au fil des situations de plus en plus critiques auxquels ils vont se retrouver confrontés et qui feront resurgir les facultés que leurs vies antérieures leurs ont permis de développer. Aussi, la psychologie de ces hommes, qui fuient des adversaires dont ils ne savent rien, s’avère de plus en plus complexe au fil de l’intrigue. Ainsi, l’écart qu’il y a entre leurs personnalités au moment de l’énonciation, et celles qu’ils avaient avant leur perte de mémoire est immense. Preuve que l’auteur croit au lien entre le contexte dans lequel on vit et la modulation d’une personnalité. Entre les valeurs que l’on défend et les personnes que l’on côtoie. Les développements qui y sont liés peuvent être source d’une relecture tout à fait édifiante pour les lecteurs férus de psychologie.

En revanche, l’intrigue est bien moins recherchée que la définition du caractère des héros, ainsi que de leur monde. Hormis la traque à travers différents royaumes, dont les systèmes politiques sont assez recherchés pour permettre tout un réseau d’aventures parallèles et d’intrigues secondaires donnant du rythme aux romans, le complot pour l’obtention du pouvoir qui est à l’origine de cette course poursuite n’est pour sa part pas très original. Les intrigues de Cour et les affrontements entre les seigneurs sont finalement assez similaires à ceux de nombres de romans fantastiques.

Pour autant, Le puits des mémoires, n’en reste pas moins une trilogie réussie et bien rythmée. Si elle ne se démarque pas des autres titres du genre par son univers et son intrigue qui restent plutôt conventionnels, elle combine néanmoins de manière efficace humour et fantasy pour nous plonger dans un univers addictif. Le tout servi par des personnalités éclectiques et attachantes et un style fluide et soigné. 

L’auteur :

D’abord nègre pour de grands auteurs, Gabriel Katz écrit ainsi plus d’une trentaine de roman. C’est avec la trilogie du Puits des Mémoires qu’il se lance en son nom propre dans la littérature fantastique. Également auteur et scénariste de BD, son univers est particulièrement marqué, faisant de lui un écrivain à succès. Le Puits des Mémoires obtient d’ailleurs le prix Imaginales 2013.

Le détail :

Gabriel Katz a l’idée de ce roman en jouant à des jeux de rôles avec ses amis. C’est ainsi qu’il construit sa trilogie. Ainsi, chaque personnage se révèle tout à fait différent de ce qu’il semble être au départ. Non seulement les apparences sont trompeuses, mais les événements les font évoluer. Aussi, le lecteur peut s’identifier aux personnages les uns après les autres. De fait, il ne s’attache pas à un personnage plus qu’aux autres. Cela offre une profondeur psychologique aux romans rarement aussi bien maîtrisé dans le genre de la fantasy.

La parenthèse :

Gabriel Kats a écrit deux autres romans indépendants. Ainsi qu’une autre série commencée en 2015. La Maîtresse de Guerre (Scrineo) se rapproche plus  du Puits des Mémoires par son côté guerrier. Quant à N’oublie pas mon petit soulier, celui-ci est beaucoup plus ancré dans le monde réel.

On peut également conseiller aux lecteurs les romans de Lionel Davoust, un autre auteur français. En effet,  son univers est proche de celui de Gabriel Katz et ses personnages sont également très fouillés et étudiés.

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