Le Sans Maître (Virginie Caillé-Bastide)

Sans dieu, sans maître… Sans peur, sans reproche ! 14/20

Le synopsis :

1720 en Bretagne, le seigneur Côme de Plancoët, jeune homme d’une trentaine d’années, beau mais célibataire, charmant mais solitaire, érudit mais intéressé que par les chevaux et les livres, mène une vie paisible au milieu de son antre empli de recueils de science, de théologie, de philosophie et cela lui suffit. Jusqu’au jour où cette vie simple et heureuse vole en éclats par un meurtre commis sur ses terres qui l’oblige à fuir.

Poursuivi par la prévôté et un ennemi puissant et influent qui lui voue une haine tenace, Côme ne devra son salut qu’à sa rencontre avec un mystérieux druide aux pouvoirs surnaturels et une magnifique et courageuse cavalière à l’impertinence chevillée au corps. Traqué par la police du régent et celle de l’archevêque, Côme s’enfuit avec un géant à la langue coupée qu’il surnomme « Atlas ».

Va s’ensuivre une quête existentielle et identitaire, pour fuir ses ennemis. Et c’est alors que son destin le rattrape par un bienheureux héritage !

La critique :

Bretonne pure souche, ce livre m’a embarquée au 18e siècle, pour suivre les aventures d’un seigneur humble et bienveillant…trop même ! engagé contre l’obscurantisme, l’ignorance, mais victime d’une vengeance à double visage.

Suite du Sans Dieu, le deuxième roman de Virginie Caillé-Bastide, est un agréable voyage historique et touristique, au romanesque assumé, aux dialogues truculents, porté par une écriture désuète, aux tournures élégantes et ampoulées de vieux français…qui peut surprendre au début mais à laquelle on prend goût très facilement !

Une histoire intéressante et une intrigue bien ficelée, amplifiées par un style plein de verve et un langage étudié et adapté aux divers interlocuteurs où s’entremêlent : mystère et magie, forêts et manoirs bretons, amour et amitié, mais aussi, la mort et le complot qui sourdent pour assouvir une vengeance d’un autre temps. La petite histoire côtoie la grande et on peut être atterré par les croyances et superstitions alimentées et véhiculées par les hommes d’église…

Suspense, rebondissements, aventures et humour…ce roman n’en manque pas, d’autant que les personnages bien campés procurent une vraie lecture plaisir, à l’instar de Thérèse, tour à tour cuisinière, gouvernante et mère de substitution, aussi imposante que généreuse. Elle guérit tout : la faim, le corps, l’âme, l’esprit.

Pour mon plaisir, la culture bretonne et ses rites et traditions sont mis en avant et notamment les rites druidiques, avec la rencontre de Côme et de Cathbad, druide au portrait caricatural (vieillard chevelu à la longue barbe fleurie et à la tunique blanche) mais aux pouvoirs étonnants et magiques qui instille du peps au roman ou encore Anne du Plessis, jeune héritière et cavalière émérite au caractère bien trempé et à l’esprit affuté qui met en émoi le seigneur Côme de Plancoët pour le plus grand plaisir du lecteur… Le Sans Maître est un véritable roman d’aventures qui vous embarque en terres bretonnes, au son des vagues et des sabots des chevaux, sur les pas d’un héros, en quête identitaire, qui combat l’obscurantisme par la science et la vengeance par l’amour.

Si vous aimez, comme moi, la Bretagne et la culture celte et que vous voulez vous évader et vous téléporter au 18e siècle, je vous conseille ce livre.

L’auteur :

Née à Lorient, le 18 octobre 1962, Virginie Caillé-Bastide publie son premier roman, en 2017, le Sans Dieu, qui puise dans ses origines bretonnes et sa passion pour l’histoire. Le Sans Maître est son deuxième roman et la suite.

Après 25 ans passés dans des agences de publicité françaises (FCA, Publicis, Alice…) et américaines (FCB, Ogilvy, Mc Cann) en tant que conceptrice-rédactrice, puis, directrice de création, elle a monté sa structure : CBCC (Caillé-Bastide Concepts Créatifs) en 2008.

Le détail :

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que l’auteur a eu l’audace de nourrir ses dialogues avec une syntaxe du 18e siècle. Et loin de gêner la lecture, ce choix apporte, au contraire, un rythme et un dynamisme tout en relief au récit, un peu à la manière d’Isabelle Duquesnoy avec son roman L’Embaumeur.

La parenthèse :

Cette histoire trépidante m’a fait penser aux romans d’Alexandre Dumas ; alors si vous aimez les récits à la veine historique et héroïque, alliant amour et aventures, vous passerez un bon moment avec le Sans Maître (Héloise d’Ormesson

Murielle Trouve pour MassCritics

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