Le Seigneur de Charny (Laurent Decaux)

Une histoire de cape et d’épée qui mêle passion, courage, amitié… et le visage du Christ. 17/20

Le synopsis:

1386 à Lirey en Champagne, le jeune seigneur Jacques de Charny revient sur ses terres, après six ans de croisades…mais son retour n’est pas salué comme il se doit car entaché de dettes que sa mère Jeanne de Charny comble par l’ostension du Saint-Suaire, linceul ayant recouvert le corps de Jésus crucifié et l’afflux de pèlerins d’ici et d’ailleurs… Jusqu’à ce que la Sainte-Relique soit dérobée par un sbire de l’Evêque de Troyes, prétendant à une hérésie. La ruine du domaine de Lirey guette… Jacques, aidé de ses fidèles et rebelles amis et chevaliers, Arnaut de Jaucourt et Miles de la Roche, parviendra-t-il à récupérer le saint graal champenois? De belles aventures passionnées, valeureuses et amoureuses attendent nos trois « mousquetaires » : ou quand l’audace et l’amitié triomphent de la mort et du déshonneur.

La critique:

Le Seigneur de Charny, formidable pavé romanesque de cape et d’épée, tissé autour d’un fait historique, l’histoire du Saint-Suaire détenu par la famille de Charny, est captivant et addictif à souhait… Très riche d’enseignement et parfaitement documentée, cette aventure historique est un véritable tourbillon qui emporte le lecteur sur les traces de Jacques, seigneur de Charny et de ses deux compères, sur les routes et chemins de France et de Flandre. Un rythme soutenu, des rebondissements à gogo, des guerres, de l’humour, de l’amour, de l’amitié, du rire, des larmes: Tout est réuni pour nous faire vibrer au rythme des chevaux et des marteaux du Moyen-Age…

Laurent Decaux met en scène personnages historiques et de roman dans cette épopée médiévale, dans la France d’alors, décimée par la Grande Peste, meurtrie par la guerre de Cent Ans, tournée vers les superstitions et les croyances où pèlerinages et culte des reliques deviennent un véritable « business ». Bien loin d’être un roman de chevalerie poussiéreux ou ennuyeux, Le Seigneur de Charny  brille par le modernisme de son écriture que l’on croirait taillée pour un péplum.

On suit avec plaisir les déboires des trois seigneurs champenois sur les traces du Saint-Suaire, joyeux drilles et fanfarons, cavaliers hors pair, valeureux guerriers, amis à la vie et à la mort, dont les dialogues sont aussi truculents que leurs portraits hauts en couleurs : Arnaut de Jaucourt, coquin dans l’âme, coureur de jupons et fine lame, à l’opposé de Miles de la Roche, un colosse de chair amateur de bonne chère et enfin Jacques de Charny le plus posé mais non moins le plus aventureux des trois.

Laurent Decaux, en historien avisé, surfe sur l’émotion et imbrique intelligemment et habilement la grande Histoire et la petite, avec émotion, beaucoup d’humour sans tomber dans la grivoiserie, tout en conservant un suspense et des rebondissements pour dérouter le lecteur et le tenir en haleine jusqu’au bout. Même si vous n’êtes pas fan des romans historiques et encore moins du Moyen-Age, vous allez adorer cette formidable intrigue de cape et d’épée, dans une mise en scène, digne d’un Monte-Cristo de Dumas.

Une vraie découverte pour ce premier roman ambitieux : une réelle réussite...

L’auteur:

Dans la famille Decaux, je demande le fils. Agé d’une trentaine d’années, Laurent Decaux publie son premier roman (XO éditions) et c’est une réussite. C’est au cœur de la grande Histoire que le jeune romancier a choisi de situer son intrigue. Bon sang ne saurait mentir ! Alain Decaux fut le grand historien que l’on sait. Il  publié de nombreux ouvrages de référence et fait partager ses connaissances au plus grand nombre par ses émissions télévisées. Mais jamais, il ne s’était autorisé le roman historique.

Elevé dans la passion de l’Histoire et des livres, Laurent Decaux a mis du temps à s’autoriser à l’écriture. Il a d’abord privilégié son autre passion, la vigne et le vin, milieu dans lequel il a acquis une belle notoriété. Il est cofondateur de « Les Caves Nysa », en 2006 qui comptent aujourd’hui 41 magasins à Paris et en proche banlieue. Mais le goût de l’écriture et de l’Histoire l’a rattrapé et voici donc Le seigneur de Charny publié en 2017.

Le détail:

L’expression « Saint-Suaire » désigne, pour les chrétiens, le linge qui recouvrit le visage de Jésus de Nazareth ou bien le linceul qui servit à envelopper son corps après la mort. Très tôt, des linges assimilés à cet événement sont devenus l’objet d’une dévotion particulière. A savoir, il existe plusieurs reliques présentées comme le Saint-Suaire (Compiègne, Besançon…); celle de Turin étant la plus connue.

La parenthèse:

Laurent Decaux, c’est un curieux mélange de Chrétien de Troyes et de Cervantès, mâtiné de Pierre Naudin et de Jeanne Bourin pour un cocktail de joie de vivre, de bravoure, de sensibilité…pour le plaisir du lectorat.

Murielle TROUVE de MassCritics

L’avez vous lu? Qu’en avez vous pensé? Votre note?
Page Facebook : Masscritics
Page Instagram : Masscritics

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *