Les annales de la Compagnie Noire, Tome 1 (Glen Cook)

Une plongée dans un univers sombre et déroutant! 16/20

Le synopsis:

La Compagnie Noire est une troupe de mercenaires sans foi ni loi qui n’a cure de servir la juste cause, seul lui importe le profit qui ressortira de ses contrats. Pourtant, le jour où la Dame les prend à son service, ils se rendent compte qu’ils sont maintenant impliqués dans quelque chose de bien plus grand qu’eux. Car au service de cet être maléfique ils vont mener l’une de leur plus sanglante campagne et perdre un grand nombre de leurs hommes. Très vite la peur va envahir le cœur de certains des membres de la Compagnie. Ils se demanderont alors s’ils ont choisi le meilleur camp…

La critique :

Le récit, prend la forme d’annales, rédigé par l’annaliste actuel, Toubib. Le lecteur est donc directement plongé au cœur de l’histoire sans rien savoir des personnages. Ni même de ce qui s’est passé avant. Ce début chaotique et quelque peu brouillon en déroutera certainement plus d’un. En effet, nous sommes maintenu dans la plus totale confusion sur plusieurs dizaines de pages. Le début manque effectivement du cadre nécessaire pour appréhender au mieux les différents événements. Ajoutez à cela le style quelque peu surprenant, très brut, direct et concis, propre à la forme du « carnet de bord », qui demande un certain temps d’adaptation et vous comprendrez que cette série n’est pas faite pour tout le monde.

En effet, il faut s’accrocher au début pour  réussir à trouver une certaine cohésion dans tout cela. Mais finalement le jeu en vaut la chandelle, car après ce temps d’adaptation nécessaire, la deuxième partie révèle vraiment tout l’intérêt et le potentiel du roman. On finit bel et bien par se passionner pour l’histoire de cette bande de mercenaires pas très reluisants. Qui sont tout sauf de valeureux héros.

Car, dites le vous bien, cette compagnie n’est qu’un ramassis d’hommes sans scrupules et sans états d’âme qui se fiche bien d’œuvrer pour le bien ou le mal tant qu’il peuvent en retirer un profit. Pourtant, on finit par s’attacher d’une certaine manière à ces mercenaires qui possèdent aussi leur bons côtés. Car dans cette histoire, personne n’est ni tout blanc ni tout noir, que ce soit du côté de la Compagnie et de la Dame qu’elle sert (« les méchants ») ou bien du côté de la Rose Blanche et des rebelles (« les bons »).

Du côté de l’univers en lui même, certains pourraient regretter un manque de description ou de détails, qui rend la représentation que l’on se fait de ce monde vraiment très floue. Mais après tout, le roman prend la forme d’annales et donc ne s’intéresse qu’aux événements marquants pour la Compagnie en délaissant volontairement la description de l’environnement pour s’en tenir aux faits. Pour autant, ce n’est que le premier tome et l’on peut espérer en apprendre davantage dans les suivants.

L’atmosphère est quant à elle sombre et même parfois un peu glauque, mais l’effet est quelque peu contrebalancé par la franche camaraderie et l’esprit fraternel qui règne au sein de la Compagnie, rendant le tout un peu moins oppressant. Bien entendu, le roman contient une bonne dose de magie, qui peut aussi bien prendre la forme d’un divertissement (avec les chamailleries des sorciers de la Compagnie) que celle d’un instrument de destruction massive (avec les Asservis, les sbires de la Dame).

En bref, malgré un début un peu déroutant durant lequel il faudra s’accrocher, la deuxième partie nous immerge vraiment dans l’histoire de cette troupe de mercenaires, à telle point qu’on ne demande qu’à connaître le suite des aventures de la Compagnie Noire. Cette série est donc à conseiller en priorité aux adeptes de Dark Fantasy et aux lecteurs qui n’ont pas peur de se plonger dans un roman qui défie les codes habituels de la Fantasy classique.

L’auteur :

Glen Cook est un écrivain américain, particulièrement versé dans la Dark Fantasy. Pour autant, il excelle aussi dans la science fiction (Le dragon ne dort jamais). De plus, il n’hésite pas à mélanger les genres pour obtenir un résultat atypique et déroutant. Comme avec Les aventures de Garett, détective privé. C’est Le Cycle de La Compagnie Noire (J’ai lu) qui l’a rendue célèbre.

Le détail :

Comme le révèle de lui même le titre, le roman prend la forme d’annales rédigés par Toubib. En effet, de longs chapitres narrent chacun une aventure, un événement marquant pour la Compagnie. De fait, cette forme pourrait gêner certains lecteurs. Elle donne effectivement un aspect un peu décousu à l’ensemble du récit. Personnellement, j’ai trouvé cela plutôt original. Le récit se concentre sur les choses et les événements les plus essentiels à la compréhension de l’histoire. De fait, il met de côté les détails inutiles en apportant par la même un certain rythme au récit.

La parenthèse :

Vous avez aimé ce premier tome des Annales de la Compagnie Noire ? Sachez que les aventures de cette troupe de mercenaires sans foi ni loi s’étend sur douze autres tomes ! Par ailleurs, nous vous conseillons bien entendu la très célèbre série du Trône de fer de George R.R Martin. Ou encore le cycle d’Elric de Michael Moorcock. Il vous mènera au cœur d’un empire décadent, gouverné par un empereur albinos, descendant d’un peuple cruel…

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