Les Brumes de Lisbonne (Peter Brooklyn)

«Sur un air de fado… » 15/20

Le synopsis :

Réveillé en pleine nuit pour se rendre dans un quartier chic de Lisbonne où le corps d’un banquier renommé a été retrouvé, l’inspecteur Jeronimo Pereira comprend vite que cette nouvelle enquête ne sera pas des plus faciles. Contrairement à ses supérieurs qui ne voient ici qu’un crime passionnel, Pereira n’a pas l’intention de bâcler l’enquête, quitte à froisser la haute bourgeoisie de la ville. Tous possèdent des secrets et la victime n’était pas en reste. A Pereira de découvrir pourquoi cet homme respecté de ses pairs a été empoisonné. L’inspecteur est son équipe vont donc enquêter au sein des hautes sphères de la société lisboète aux grands dames des grands pontes de la police.

La critique :

Certains romans policiers vous enfoncent dans les méandres de l’âme humaine. Ils multiplient les scènes chocs pour mieux vous marquer. A l’opposé, certains œuvres du genre usent d’humour, de personnages ou de situations décalées en créant un climat plutôt léger et apaisant malgré des sujets parfois pénibles.

Les Brumes de Lisbonne fait définitivement parti de cette seconde catégorie pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, le personnage principal de ce roman: l’inspecteur Pereira. Policier à l’ancienne, un peu hors du temps il est assez éloigné des standards des polars actuels. Plus dans la réflexion que dans l’action pure et dure, on se prend vite d’affection pour cet épicurien amoureux de Lisbonne et des ses délices culinaires ainsi que pour ses collègues Moreira et Godinho, tout aussi décalés que leur supérieur. L’auteur nous ballade à travers la capitale portugaise.  Nous la découvrons au travers des pérégrinations de l’inspecteur et de son équipe tout autant que de leurs incartades dans les divers restaurants qu’ils visitent.

Nous visitons tant les bas-fonds de la ville que ses quartiers plus huppés dans cette enquête plus complexe que ne le laisse penser les apparences. Entre réseau pédophile, trafics financiers et ordres religieux à la dérive, nous découvrons une ville autant habitée par la lumière que par les ombres qui l’envahissent un peu plus chaque jour.

L’alternance entre ces 2 versants du roman lui procure un rythme de lecture très agréable et rapide, aidé en cela par la plume fluide et précise de l’auteur ainsi que par le choix de chapitres courts.

Avec Les Brumes de Lisbonne, Peter Brooklyn nous offre un roman policier de facture sommes toutes classique habité par une galerie de personnages tous plus savoureux les uns que les autres avec en tête de liste, ce fameux inspecteur Pereira.

Malgré les thèmes très sombres abordés au cours de l’enquête, ce roman garde un indéniable côté lumineux et est plutôt addictif. Cette première aventure de Pereira vous offre une lecture rapide et agréable. Le parfait roman policier pour attaquer la rentrée.

L’auteur :

Peter Brooklyn est le pseudonyme d’un auteur français ayant longtemps vécu à Lisbonne. Désormais installé à New-York, il nous livre avec ce livre (chez City éditions) son amour pour cette ville et ses traditions.

Le détail :

A l’instar d’un François-Xavier Bonnot avec Marseille, Peter Brooklyn nous offre un portrait de Lisbonne ambivalent. L’auteur s’éloigne des clichés de carte postale. Il nous entraîne ainsi dans les quartiers populaires comme dans ceux fréquentés par les plus riches de ses habitants. Le choix des termes choisis, les descriptions de la ville, de la nourriture sont très précis. Il nous montre tout l’amour de l’auteur pour cette ville.

La parenthèse :

Les inspecteurs de police ou autre liés plus que de coutumes à leur ville sont lieux communs dans le polar. Citons le Bosch de Michael Connelly et Los Angeles ou le Byrne de Richard Montanari et Philadelphie pour les Etats-Unis, le Brunetti de Donna Leon et Venise ou De Palma alias Le Baron de François-Xavier Bonnot et Marseille pour l’Europe.

Plus qu’un lieu de vie et de travail, à chaque fois, la ville fait partie intégrante de la personnalité du héros. Elle influence son évolution à chaque roman. L’inspecteur Pereira est de cette trempe et semble destiné à devenir un incontournable du genre.

Sébastien L. pour MassCritics

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