Les Cicatrices De La Nuit (Alexandre Gallien)

«Paris By Meurtres» 17/20

Le synopsis :

Les Cicatrices De La Nuit (Fayard) : Après avoir passé 20 ans de sa vie au sein de la « mondaine » passant ses nuits dans les clubs et bars parisiens, Philippe Valmy, la cinquantaine, espère bien que sa mutation à la brigade criminelle va pouvoir l’aider à sauver son couple. La première affaire dont il hérite est celle dont rêve certains de ses collègues. Il s’agit du meurtre sauvage d’une jeune escort-girl, celle-ci se trouvant être un ancien indic de Valmy. Lui qui pensait s’éloigner du monde de la nuit va en fait devoir y replonger rapidement s’il veut résoudre cette enquête où les cadavres s’accumulent. Son expérience du milieu et ses relations vont-elles être pour lui et sa nouvelle équipe un atout ? Ou, au contraire, vont-t-elle les éloigner encore plus de la vérité ? Les emporter encore plus loin dans les ténèbres ?

La critique :

L’intensité d’un livre, sa capacité à vous emporter dépend de plusieurs facteurs. Pour les polars, la qualité de l’intrigue, le réalisme des personnages, le rythme et une dose de noirceur savamment calculée semblent nécessaires à leur réussite. En termes d’écriture, plus qu’une plume virtuose et malheureusement parfois nombriliste, l’auteur doit savoir être efficace. Il doit se mettre au service de son intrigue et de ses personnages. Ici, Alexandre Gallien a parfaitement rempli le contrat. Nous plongeons tête baissée au sein de cette enquête pour en ressortir groggy quelques heures plus tard. L’histoire nous happe dès un prologue haletant et nous nous retrouvons aux côtés de Valmy, Jean et les autres.

C’est peut-être le point fort de ce roman. En effet, les personnages sont tous très réussis et intéressants. En premier lieu, Philippe Valmy, quinquagénaire prêt à tout pour sauver sa relation. Il n’est certes pas un joyeux drille mais ne ressemble pas à la plupart des enquêteurs sinistres présents dans beaucoup de polars. A ses côtés, Jean, major au look rétro et sage de l’équipe, et Antoine, jeune capitaine un peu coincé et ambitieux, se taillent la part du lion. Mais, tous les autres protagonistes (collègues, supérieurs, criminels ou simples suspects) Alexandre Gallien leur donne une certaine consistance qui les rend plus que crédibles. De par son vécu dans la police, l’auteur maîtrise l’argot du métier et l’incorpore très habilement dans ses dialogues qui, eux aussi, sonnent très vrais.

L’action du roman donne un rythme assez élevé à ce dernier et les chapitres courts accentuent cela également, tant dans les scènes d’enquête pure que dans les moments moins tendus entre collègues. L’auteur colle donc de près à la réalité avec ses personnages, sa capacité à nous projeter dans les rues de Paris mais aussi au sein du fameux Bastion, remplaçant du mythique 36, Quai Des Orfèvres.

Avec sa plume dévouée corps et âme à son récit, Alexandre Gallien parvient à faire des Cicatrices De La Nuit un véritable page-turner, le style de roman parfait pour tuer un dimanche pluvieux ou une froide nuit d’hiver. Voici un livre à classer parmi les meilleurs du genre. Il fait de son auteur l’une des plumes à suivre de près.

L’auteur :

Né en 1989, Alexandre Gallien intègre en 2015 la Direction Régionale de la Police Judiciaire. Actuellement en disponibilité afin de se consacrer à l’écriture, il est déjà l’auteur de 2 romans écrits à 4 mains avec Marie Talvat et qu’il a signé du nom d’Alex Laloue, Comme Des Bleus paru en 2018 et À Corps Perdu en 2019. Fait amusant, le héros s’appelle Arsène Gallien.

Le détail :

Dans beaucoup de romans policiers on assiste à une véritable guerre des services où les différents membres de ceux-ci se mettent parfois des bâtons dans les roues au détriment de leur enquête. Ici, Alexandre Gallien nous montre au contraire l’importance du travail mis en commun de tous les services de police. Quand un détail pour l’un peut devenir capital pour l’autre.

La parenthèse :

Il y a de nombreux policiers qui deviennent écrivains et plus particulièrement auteurs de polars. L’implication dans leur ancien métier se ressent parfois très fortement dans leurs écrits. Aussi, certains n’hésitent pas à inclure des scènes vécues au sein de leurs œuvres.

Actuellement, des auteurs comme Olivier Norek, Eric Dupuis, Jack Jakoli, Ivan Zinberg, Sasha Erbel, Didier Fossey ou Daniele Thiery, policiers ou ex-policiers, font le bonheur des amateurs de polars et thrillers.

Sébastien L. pour MassCritics

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