Les éveilleurs (T1) : Salicande (Pauline Alphen)

Un univers riche et complexe, plein de mystères! 17/20

Le synopsis:

Clarys et Jad sont jumeaux, ont presque 13 ans et habitent à Salicande. Une ville retirée du monde, difficile d’accès, dans laquelle les habitants mènent une vie simple et paisible. L’histoire se passe en 2259 de notre ère, bien après la « Grande Catastrophe » qui provoqua la mort d’une grande partie de l’humanité, et la fin de la technologie. Les survivants ont appris à vivre sans, et se sont tournés à nouveau vers la Nature et ce qu’elle avait à leur offrir, choisissant d’oublier les « Temps d’Avant ». Cependant, des événements étranges se produisent, qui les oblige à se replonger dans le passé si longtemps enterré. La rencontre avec la famille Borges et les aventures que les jumeaux vont vivre avec eux vont leur permettre d’en apprendre un peu plus sur ce passé, et le mystère de la disparition de leur mère 10 ans plus tôt va progressivement se lever.

La critique: 

La littérature de jeunesse se définie généralement par l’âge de ses héros. Ici deux préadolescents vivants dans une ville éloignée, et plus ou moins fermée afin d’en préserver les habitants. Son fondateur ayant également fait le choix d’interdire toute référence au passé, les nouvelles générations en perdent peu à peu toute notion. Tout en étant les personnages principaux, Clarys et Jad n’en sont donc pas moins ignorants que le lecteur sur le monde qui les entoure.

Grâce à cet habile effet de narration, l’auteur permet au lecteur d’aborder progressivement l’univers dans lequel va se dérouler son histoire, ce qui est d’autant plus nécessaire que celui-ci est particulièrement riche et complexe. Non seulement il se situe dans un futur assez éloigné, mais il s’est volontairement construit en opposition avec le monde depuis lequel nous lisons.

L’énigme des événements qui ont eu lieu entre le début du XXIè siècle et le XXIIIè siècle se dévoile ainsi au fur et à mesure que les jumeaux en apprennent plus sur ces « Temps d’Avant ». Plus le récit avance, plus Salicande, sa géographie, son mode de vie, semblent se préciser, plus l’univers de nos jeunes héros se complexifie. Ils font de nouvelles rencontres, ajoutant de nouveaux personnages à la galerie déjà bien fournie de départ, vivent de nouvelles aventures, qui, tout en levant un coin du voile de mystère entourant la disparition de leur mère, leur dévoile également la profondeur de celui-ci. Car rien n’est simple à Salicande, et chaque réponse amène de nouvelles questions, obligeant le lecteur à tourner les pages pour comprendre.

L’auteur:

Pauline Alphen arrive à justement doser les informations qu’elle donne à son lecteur pour ne pas le perdre dans les méandres de son univers, tout en distillant le suspens pour l’obliger à continuer de creuser, car plus il en apprend, plus il mesure la quantité de chose qu’il ignore. C’est en partie pour cela qu’elle a notamment reçu le prix Imaginale des collégiens et le prix Elbakin.net du meilleur roman fantasy jeunesse en 2010 pour Les éveilleurs (Hachette jeunesse).

Le détail: 

Les multiples références directes aux œuvre du XXè siècle parsemées tout au long du roman sont autant de clin d’œil à un public plus âgé qui ne perdrait pas son temps à se plonger dans cette saga. Si l’écriture de l’auteur est adaptée aux plus jeunes, son propos peut également être le support d’une réflexion plus poussée, sur les rapports de l’humanité à la technologie, et sujet d’autant plus d’actualité de l’écologie, et de l’impact sur notre Terre des abus de l’Homme sur la Nature.

La parenthèse: 

Se classant volontairement de prime abord dans la lignée des Hunger Games et autres Divergente, ce livre nous place dans une sorte d’uchronie future, annonçant la fin d’une ère. Cependant, en y mêlant étroitement de la fantasy, il nous rapproche également d’œuvres telle que la Croisée des Mondes. Tout en restant fidèle aux codes du genre, l’auteur prend ses distances avec ses modèles quant au discours bien moins manichéen qu’elle choisit de donner, obligeant ses lecteurs à réfléchir à ses positions, et l’obligeant à se responsabiliser.

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