Les Marvels (Brian Selznick)

Imaginaire ou rélité…qu’importe si l’on y croit! 14/20

Le synopsis:

1766, à bord du Kraken, un baleinier américain, Marcus et son frère Billy Marvel, douze ans, s’amusent à jouer les apprentis comédiens pour les marins à bord quand la tempête éclate et les échoue sur une île déserte. Billy en réchappe seul et se retrouve à Londres au Royal Theater, comme technicien plateau. Les années passent et le garçon est devenu un homme qui découvre dans une malle abandonnée, un enfant qu’il adopte pour en faire un comédien. La saga des Marvels peut commencer…et couvrir cinq générations d’acteurs de théâtre mondialement connus.

1990, Joseph Jervis, adolescent, débarque à Londres pour rencontrer son oncle Albert Nightingdale, excentrique, mais O combien attachant, qui vit comme au 18ème siècle dans sa demeure qui résonne, palpite, met en lumière de nombreuses références aux Marvels. Intrigué, intéressé puis passionné, Joseph entreprend de dénouer le mystère qui entoure cette famille. Qui sont-ils ? Quel est le lien qui les unit à son oncle ? A vous de le découvrir en images et en mots.

La critique:

Les Marvels, malgré ce titre équivoque, n’ont rien à voir avec les comics Marvel de Stan Lee. Mais il mêle habilement écriture et dessins au crayon noir, jouant avec une force singulière des perspectives et des angles.

Même si les premières pages m’ont quelque peu déroutée et rendue perplexe par leur côté sombre et leur expressivité, j’ai pu comprendre l’histoire des cinq générations de Marvels, grâce aux coupures de presse et affiches qui les parsèment.

Ainsi, la première partie, entièrement racontée en images de la famille de comédiens de théâtre, débute en 1766, sur le Kraken, en pleine mer, et s’achève en 1900 au départ de Léonte, le dernier des Marvels, du Royal Theater de Londres…puis les mots prennent le relais en 1990 et l’histoire reprend avec Joseph qui vient se réfugier à Londres chez son oncle Albert, hurluberlu et mystérieux dans une maison tout aussi mystérieuse…Une question le hante : Joseph est-il le descendant des Marvels ?

Malgré quelques longueurs, dans la seconde partie du roman, faisant peine au bon déroulement du scénario, ce récit, à la structuration en poupées russes (une histoire, dans une histoire, dans une histoire) aborde des thèmes très contemporains, comme l’homosexualité et le sida et renoue avec des sujets chers à l’auteur comme le théâtre et les relations familiales.

Pour tout dire, ce livre destiné à la jeunesse, m’a interloquée de prime abord, par sa couverture violette et or, un peu surfaite à mon goût et par les dessins, aux gros plans très expressifs. Puis, je me suis laissée prendre par l’attrait de l’histoire, non dénuée de suspense, oscillant entre magie et réalité, entre rêves et émotions, dans des univers parfois parallèles. D’autant plus, que la fiction rejoint la réalité ou vice versa et que l’ensemble, on l’apprend en toute fin, et je vous laisse le découvrir, n’est pas sans surprise…attention à la chute !

En synthèse, je vous conseille la lecture de ce pavé tout en images et en mots, que vous soyez jeune ou moins jeune, pour vous divertir, vous remuer les méninges et vous laisser surprendre…

L’auteur:

Brian Selznick est un illustrateur et un écrivain. Diplômé de l’École de design de Rhode Island, il commence à travailler dans une librairie pour enfants, « Eeyore’s Books for Children » à New York. Il se met alors à illustrer ses premiers livres, dont il écrit parfois le texte.

Il a illustré The Dinosaurs of Woterhouse Hawkins (2001), lauréat du prix Caldecott, puis il a obtenu le prix de la meilleure illustration décerné par le New York Times pour Walt Whitman: Words for America (2004), tous deux écrits par Barbara Kerley. Par ailleurs, il a également reçu le prix Sibert pour When Marian Sang (2002) de Pam Munoz et de nombreux autres albums et romans illustrés.

En 2015 il signe Les Marvels (Bayard). A l’instar de ses précédents ouvrages, il y mêle écriture et dessins au crayon. Brian Selznick partage sa vie entre Brooklyn, à New York et San Diego, en Californie, avec son compagnon David Serlin.

Le détail:

Cette intrigue est basée sur une histoire vraie. Celle de Dennis Severs, né le 16 novembre 1948 et décédé le 27 décembre 1999. Un homme obstiné qui a créé de toutes pièces, un musée dans une maison ancienne. Musée dédié à une famille fictive, les Jervis, qu’il a dotée d’une généalogie et d’une vie quotidienne…c’est une des attractions les plus touristiques à Londres, encore aujourd’hui.

La parenthèse:

Bon à savoir : Brian Selznick signe son premier grand succès en 2007 avec le roman graphique L’invention d’Hugo Cabret, pour lequel il reçoit la Médaille Caldecott. Le film Hugo Cabret, réalisé par Martin Scorsese en 2011, est l’adaptation cinématographique du roman.

En 2013, il remporte le Prix Sorcières (catégorie Roman junior) pour Black Out (Wonderstruck, 2011), publié également sous le titre Le Musée des Merveilles. Le livre a été adapté au cinéma en 2017, réalisé par Todd Haynes. Pour découvrir son site et la vie de l’auteur rendez vous ICI .Pour en savoir plus sur l’homme et son musée qui l’ont inspiré c’est par LA.

Murielle Trouve de MassCritics

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