Les Profs 1 – Interro Surprise (Pica & Erroc)

Une représentation satirique mais affectueuse du monde de l’enseignement! 15/20

Le synopsis:

Antoine Polochon est le nouveau prof d’Histoire dans un lycée dont les élèves et les autres enseignants sont démotivés, dépressifs, loufoques, incompétents, ou (plus rarement) énergiques. Entre les corrections, la machine à café, les tags, l’échec scolaire et les parents d’élèves, les Profs éponymes tentent tant bien que mal de faire leur travail sans perdre les pédales…

La critique:

Ce premier tome des Profs introduit tous les archétypes d’enseignant connus du public : le prof dynamique, le prof en fin de carrière, la prof dépressive, etc., utilisant à bon escient l’expérience rudimentaire que le lecteur a pu avoir, qu’il n’ait été qu’élève ou aussi enseignant lui-même, du monde de l’éducation.

Pica et Erroc nous emmènent donc en terrain familier, mais tout en suivant un point de vue inhabituel : en effet, si de nombreuses séries ont pour héros un enfant, et ne montrent que très rarement  sa vie à l’école, leurs auteurs s’intéressent encore plus rarement aux enseignants du héros, qui apparaissent souvent comme des figures d’autorité implacables. C’est ce point de vue spécifique qui rend les Profs intéressant au-delà du gag : comme dans d’autres séries du même type (Les Psys, Les Toubibs, etc.), le lecteur est confronté à un monde qu’il connaît, ou du moins pense connaître, alors qu’il n’en sait, au mieux, presque rien, ayant toujours été confiné, dans ses propres expériences, au point de vue de « client », « patient », ou dans ce cas précis, « élève ».

Pica et Erroc abordent donc ce nouveau point de vue avec le personnage d’Antoine Polochon. Nouveau prof dans le lycée où se déroulent tous les gags, il est projeté lui aussi dans l’inconnu, découvrant ses collègues et ses élèves au même rythme que le lecteur, devenant donc un parfait substitut du lecteur. Interro Surprise établit immédiatement ce qui deviendra, dans les albums suivants des Profs, une représentation satirique mais affectueuse du monde de l’enseignement, avec ses profs accablés, ses élèves dépassés par le programme, ses parents d’élèves démissionnaires, et le reste du monde qui voit tous les enseignants comme des feignants.

Cependant, si les gags dépendent donc souvent de l’incompétence de tous ceux concernés, de nombreuses qualités positives resurgissent en permanence : la passion d’enseigner, la fierté de la réussite académique, et surtout une certaine ténacité. Pica et Erroc, s’ils font donc souvent appel aux clichés bien connus sur l’enseignement, le font toujours avec optimisme et humour, sans jugement.

L’auteur:

Erroc (Gilles Corre) est un scénariste et dessinateur de BD français, qui fait ses premières armes aux éditions Vaillant pour Pif Gadget, avant de commencer à travailler sur Super Picsou Géant et le Journal de Mickey pour Disney Hachette Presse.

Pica (Pierre Tranchand) est un dessinateur français actif depuis 1978, ayant travaillé pour de nombreux journaux de bande dessinée (Pif, Tintin, Circus, Le Journal de Mickey, etc.), utilisant le pseudonyme Pica depuis 1995, lorsqu’il contribuait au magazine Spirou, aux éditions Dupuis.

Le détail:

Premier album de la série, Interro Surprise se focalise sur Antoine Polochon, nouveau prof, lui dédiant plus de gags qu’aux autres personnages. Cette tendance change vite, dans les albums suivants, Pica et Erroc accordant de plus en plus d’importance, d’abord aux autres profs, puis aux élèves, développant en particulier le personnage de Boulard, cancre invétéré, tout en introduisant de nouveaux personnages, comme Marie, la prof d’Allemand, dont l’arrivée ajoutera une dimension romantique à la vie d’Antoine.

La parenthèse:

Les Profs s’inscrit dans la grande lignée de bande dessinée dédiée à une profession, ou à un certain groupe social. Aux éditions Bamboo, on pourra recommander Les Toubibs, de Sirvent et Bélom. Dans le même style, on retrouve plusieurs séries scénarisées par Raoul Cauvin pour les éditions Dupuis : Les Psys, L’Agent 212, Les Femmes en Blanc, Pierre Tombal, et d’autres). Toujours aux éditions Dupuis, on recommandera aussi Les Nombrils (Dubuc & Delaf), qui suit la vie de trois adolescentes, et notamment leurs embarras au lycée.

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