Les Quinze premières vies d’Harry August (Claire North)

Une histoire originale pour un roman fantastique puissant! 18/20

Le synopsis :

Harry August est un kalachakra. Comme quelques autres humains à travers le monde, il a la particularité de renaître après sa mort. Toujours au même endroit et à la même date. En plus de tout ça, notre héros est mnémonique : sa mémoire est infaillible. Harry August n’aspire qu’à vivre paisiblement ses vies, mais les temps changent. Un message venu des temps futurs le prévient que la fin du monde approche de plus en plus vite et qu’il est le seul à pouvoir l’empêcher…

La critique :

Les Quinze Premières vies d’Harry August est un roman fantastique puissant, à l’histoire très originale ! On connaît en effet des histoires où les héros voyagent dans le temps. Des histoires où les héros (des vampires souvent) vivent des siècles et traversent l’Histoire de l’humanité. Harry August se situe entre les deux, temporellement parlant. Ainsi, il accumule les savoirs, connaissances et expériences amassés dans ses différentes vies, mais meurt et renaît inéluctablement à la même époque. Ainsi, au bout de trois-quatre fois, il devient par exemple extrêmement ennuyeux de revivre son enfance, obéir aux adultes et apprendre ses leçons alors qu’il surpasse son entourage en tous points.

La narration du roman est particulière et intéressante. L’introduction explique presque tout « J’écris ceci pour toi. Mon ennemi. Mon ami. Tu le sais déjà, tu dois forcément le savoir. Tu as perdu ». Ainsi, c’est le héros qui raconte sa propre histoire et qui l’adresse à ce mystérieux destinataire. Cela crée une certaine intimité avec le lecteur, agréable et prétexte à certaine familiarité, à un humour subtil. Par ailleurs, l’intrigue principale est racontée de façon linéaire, mais près d’un chapitre sur deux revient sur les premières vies d’Harry August. Le tout prête parfois un peu à confusion, mais dans l’ensemble les chapitres se répondent et éclairent peu à peu le lecteur sur cette histoire complexe.

Le thème de la boucle temporelle est très bien exploité. Au travers des différentes vies de Harry, ce sont des pans entiers de l’Histoire de l’humanité que nous explorons. Étant né en 1918, nous assistons : à la seconde guerre mondiale, à la révolution culturelle, à la guerre froide, à l’indépendance de l’Inde, etc. Par le biais de son héros, l’auteure nous livre un portrait peu flatteur de l’humanité et plus particulièrement du XX siècle et de sa course effrénée au progrès, d’ailleurs cause de la fin prématurée du monde. L’une des forces de ce roman très prenant, c’est que l’auteur nous fait vivre 1000 vies en 1. Ainsi, le lecteur apprend peu à peu à découvrir Harry et les vies de ce dernier sont prétexte à mille et une aventures. Espion, historien, scientifique, mécanicien , il peut tout être !

Si vous aimez les histoires de voyage dans le temps (atypiques), le suspense et les romans d’espionnage, courrez vite vous procurer ce livre ! Si en revanche, vous êtes allergique aux récits un peu complexes qui peuvent parfois vous perdre, vous pourriez avoir quelques difficultés à suivre l’histoire. C’est d’ailleurs ma seule (petite) critique négative : il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans tous ces voyages temporels. Mais c’est une excellente excuse pour relire Les Quinze premières vies d’Harry August, ce que je ferai avec grand plaisir !

L’auteur :

Cette jeune auteure est née en Angleterre en 1986. Elle commence à écrire très tôt et son premier roman La Guerre des Rêves est publié alors qu’elle n’a que 14 ans. Sept autres romans pour Young adults suivront, dont deux sont nommés pour la médaille Carnegie (Timekeepers et The Extraordinary and Unusual Adventures of Horatio Lyle). Puis elle publie six romans fantastiques pour adulte. Les Quinze premières vies d’Harry August sort en 2014 et récolte plusieurs prix et nominations. Son dernier roman Touch, est paru en août 2015 en langue anglaise.

Le détail :

Claire North utilise deux termes pour définir les personnes qui, à l’instar d’Harry August, ont la particularité de mourir et renaître à l’infini. Les kalachakras et les ouroboriens. Le premier terme est issu du bouddhisme tibétain et signifie cycle temporel, roue du temps dans lesquels tout est soumis au temps, qui sait tout et n’a ni début ni fin. Un bouddha omniscient représente ce concept. L’ouroboros est quant à lui un symbole représentant un serpent se mordant la queue.

La parenthèse :

Tout comme son héros Harry August, Claire North utilise de nombreux alias ! Elle signe ses 8 premiers romans de son vrai nom, qui est Catherine Webb. Puis, elle prend le pseudonyme de Kate Griffin pour les six romans fantastiques pour adultes suivants. Enfin, Claire North est son mon d’empreint pour ses deux derniers livres.

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