L’île des Oubliés (Victoria Hislop)

Drame familial sur fond historique. 15/20

Le résumé :

Une jeune Anglaise, Alexis, ignore tout de l’histoire de sa famille maternelle, tant sa mère Sophia, fait peser sur le passé une chape de plomb qui empoisonne leurs relations. Pour dénouer ce noeud obscur, Alexis décide de se rendre dans le village natal de Sophia, en Crète. Et découvre que juste en face se trouve Spinalonga, l’île où l’on déportait les lépreux. Quand elle apprend que son arrière grand mère y serait morte, elle décide d’élucider tous ces mystères. Pourquoi Sophia a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? Quelles épreuves ont vécu ses aïeules ? Une quête d’identité qui révélera l’histoire de trois générations de femmes héroïques, dont le destin fut lié à l’île des oubliés.

La critique :

L’Histoire se mêle à la fiction pour nous offrir un roman poignant et révélateur de la vie en Crète au milieu du XXe siècle. En effet, a travers cette quête identitaire c’est non seulement l’importance de connaître ses racines, son histoire familiale, qui est mis en exergue mais également, et surtout, une réalité historique avec comme point central l’île de Spinalonga : lieu d’exil et d’isolement pour les lépreux.

Par le biais de l’histoire de ces femmes et de ce drame familial qui se joue, c’est avant tout l’histoire de la colonie qui nous est retranscrite : l’ostracisme qui découle de la maladie, l’espoir et la volonté de vivre qui perdure malgré tout, les avancées médicales et finalement l’organisation d’une microsociété qui signe un quotidien plutôt banal et paisible ; tout cela sans jamais tomber dans le pathos. De l’autre côté de l’eau c’est le quotidien d’un petit village (Plaka) que nous découvrons, tranquille mais néanmoins assombri par la peur de la maladie. Victoria Hislop nous offre ici un aperçu des us et coutumes des Crétois, des fausses croyances sur la lèpre et des inquiétudes qui en découlent immanquablement. Elle nous décrit également l’éclatement de la vie paisible qu’on y mène avec l’invasion de la Crète pendant la seconde guerre mondiale, le refus des habitants de plier et l’engagement de certains d’entre eux dans la Résistance.

Et pourtant, au delà de ce cadre historique pourtant propice, les intrigues sentimentales nous surprennent par leur banalité et alourdissent parfois le récit de longueurs malvenues. De ce côté, tout est clairement trop prévisible. Le récit dans son ensemble est d’ailleurs entaché d’un style littéraire un peu plat qui manque de saveur.
Les personnages, quant à eux, bien qu’attachants, déçoivent par les stéréotypes qu’ils véhiculent. Ceci se révélant particulièrement vrai en ce qui concerne Maria et Anna dont l’opposition de caractère est construite sans aucune subtilité.

Au final, si L’île des oubliés ne brille pas par son style littéraire (qui manque de relief) et ses personnages (quelques peu caricaturaux), il réussi tout de même à nous embarquer pour un beau voyage sous le soleil éclatant de Plaka et apporte un éclairage bienvenu sur cette période de l’histoire en Crète mais aussi et surtout sur la vie des lépreux à cette époque. C’est dans ce cadre historique et spatial particulier que tient, sans nul doute, tout l’intérêt de ce roman.

L’auteur :

Née à Bromley en 1959, Victoria Hislop est une écrivaine anglaise. Avant de devenir romancière elle a travaillé dans l’édition et les relations publiques. L’île des oubliés, paru en 2005 est son premier roman et a reçu le prix de la révélation littéraire en Grande Bretagne.

Le détail :

Comme mentionné plus haut, l’île de Spinalonga existe vraiment et a servi de lieu d’enfermement des lépreux de 1904 à 1957. L’île était auparavant encore habitée par 1200 turcocrétois qui furent forcés de quitter les lieux lorsque le parlement crétois adopta la loi qui prévoyait l’arrestation et la déportation de tous les lépreux de Crète. L’île cessa de fonctionner comme léproserie nationale en 1957.

La parenthèse :

Vous avez aimé L’île des oubliés ? Alors n’hésitez pas à découvrir les autres romans de Victoria Hislop : Le fil des souvenirs, Une dernière danse, La ville orphelin ou encore Une nuit en Crète.

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Une pensée sur “L’île des Oubliés (Victoria Hislop)

  • 10 juin 2018 à 4:29
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    Je n’ai pas lu ce livre mais j’en ai un autre de cette autrice que je vais lire cette été. On verra ce que ça dit

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