Mafalda, L’Intégrale des 50 ans (Quino)

L’intégrale de Mafalda, petite fille curieuse, engagée et contestataire. 18/20

Le synopsis:

Créé en 1963 par le dessinateur argentin Quino, le personnage de Mafalda, petite fille curieuse, engagée et contestataire fête aujourd’hui ses 50 ans. Glénat a publié pour cette occasion un très bel album. Celui-ci rassemble l’intégralité des dessins de Mafalda de 1963 à 1973, année ou Quino cessera de croquer son personnage fétiche. Dans ces comics strips inspirés des bandes dessinées anglaises, on suit les pérégrinations de Mafalda et sa bande de copains, des enfants qui s’interrogent sur le monde et les rapports humains avec humour, tendresse et parfois férocité.

La critique: 

Pendant près d’une décennie, Quino a raconté l’Argentine de la junte militaire, le monde turbulent des années soixante et soixante-dix et dénoncé les idées reçues, au travers du regard de ses petits personnages, plus drôles et sensibles les uns que les autres. Fille de la classe moyenne argentine, Mafalda vit avec ses parents (et plus tard avec son petit frère, puisque Quino créera Guille quelques années après Mafalda). Reconnaissables entre mille, les personnages de l’auteur ont ravi des générations d’adolescents comme d’adultes.

Au travers d’anecdotes amusantes et souvent grinçantes, Quino nous livre en fait le quotidien de la classe moyenne argentine dans les années 60, et le trait et l’esprit du dessinateur ne sont pas exempts de critiques envers les défauts et le conformisme de chacun. Une galerie de caractères ayant chacun ses spécificités gravite autour de Mafalda. Manolo, le fils du commerçant du quartier qui sert de critique au libéralisme. Susanita à qui Mafalda reproche de ne pas être suffisamment féministe. Ou encore Felipe, garçonnet à la fois naïf et révolté. Et bien sûr Mafalda, amusante fillette qui porte sur le Monde un regard à la fois critique et touchant, combattant les injustices, rêveuse et idéaliste.

Particulièrement en avance pour son âge, Maflada nous invite à nous interroger sur notre existence. Mais toujours avec humour et une grande tendresse, même si ces critiques sont parfois féroces. Notamment à l’encontre de sa mère à qui elle reproche de ne pas avoir fait d’études et de ne pas s’être suffisamment émancipée. Il y a aussi son père, obsédé par ses plantes auxquelles il voue un véritable culte, amusant ainsi beaucoup Mafalda et ses amis qui ne manquent jamais une occasion de se moquer tendrement de la figure paternelle, parfois dépassée par les questions existentielles de sa petite demoiselle.

Quino nous rappelle à chaque page que la vérité sort bien souvent de la bouche des enfants. Ceux-ci sont d’ailleurs souvent bien plus sages que les adultes. Aussi, Mafalda refuse de s’avouer vaincue face à la guerre à l’intolérance ou à l’univers parfois étriqué et absurde de ses aînés.

L’auteur:

Quino, le dessinateur argentin le plus célèbre de la planète n’a cessé de porter un regard critique et plein de bienveillance sur le monde qui l’entoure. Né en 1932, Quino était présent au festival d’Angoulême en 2014 pour fêter les cinquante ans de la fillette la plus anticonformiste de l’histoire de la BD. Au travers de traits d’esprit parfois fulgurants, le père de la petite fille au large sourire nous apprend à ne pas céder au conformisme et à l’égoïsme et nous invite à nous battre pour une existence meilleure.

Le détail:

La construction du livre a été particulièrement recherchée. Glénat a en effet découpé l’album en plusieurs parties, portant chacune sur une période de publication. On peut ainsi suivre chronologiquement l’évolution de Mafalda et ses acolytes. Ce qui ravira sûrement les fans d’un des personnages les plus célèbres et attachants de la bande dessinée Mondiale. L’éditeur a ainsi voulu retracer la totalité de l’histoire de l’œuvre de Quino, presque exclusivement consacrée à Mafalda.

La parenthèse:

Pour créer Mafalda, Quino s’est inspiré de Peanuts de Schultz, la célèbre bande dessinée de Snoopy. Ceux qui aiment le malicieux chien blanc et ses copains découvriront Mafalda avec délectation. De fait, le trait de crayon et l’humour plein de bon sens de la fillette se rapprochent des Peanuts.

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