Ninn : La ligne noire (Jean Michel Darlot / Johan Pilet)

Un premier tome mystérieux et envoûtant qui nous ouvre les portes d’un monde fantastique
18/20
Le Synopsis:
 
  Alors qu’elle n’était qu’un bébé, Ninn a été abandonnée sur les bords du quai du métro parisien, à la station Saint-Sulpice. Deux employés de la RATP l’adoptent, ceux qu’elle considérera plus tard comme ses « tontons ». Agée de 11 ans, le métro n’a aucun secret pour elle, connaissant tous les recoins de ce monde souterrain. Pourtant, la jeune fille va faire des découvertes étonnantes
 
Extraits: 
 
« Tu as peut-être déjà remarqué que les passagers du métro faisaient toujours des têtes de six pieds de long ? […] C’est un effet secondaire bizarre du métro parisien. Les passagers s’ennuient, rêvassent et surtout ils oublient […] des bribes de souvenirs, leurs rêves de la nuit précédente… des idées qui leur viennent en regardant défiler les stations… et une fois échappées à leur propriétaire, ces pensées prennent la forme… de papillons. »
La critique: 
 
  Cette bande-dessinée nous embarque dans la jungle urbaine bien connue qu’est le métro parisien. Ce lieu du quotidien, devenu quasiment banal, se transforme ici en un endroit où l’impossible devient possible. C’est alors un monde fantastique, caché aux yeux de tous, qui se dévoile. Malgré sa connaissance avertie du milieu l’exploration de Ninn la mènera très loin.
 
Le récit nous apprend à lever les yeux, à regarder plus loin, et à nous ouvrir à ce qui nous entoure, pour nous aussi, faire nos propres découvertes sur des choses familières que nous pensions sans importance ou déjà acquises. On se laisse emporter par la magie de ce tome si brillamment mis en scène. Son charme, c’est à la fois le pacte de la vraisemblance et l’ancrage dans la réalité mais également l’ouverture sur le fantastique : des rencontres inattendues, un tigre, des papillons… autant d’éléments aussi étonnants qu’intrigants.De plus, le flou qui entoure les origines de Ninn est rondement bien mené.
 
Un très grand coup de cœur pour le magnifique coup de crayon du graphiste, qui dès la première de couverture ne laisse aucunement indifférent. Chacune des planches retranscrivent très bien l’atmosphère mystérieuse du scénario et l’histoire défile sous nos yeux comme un film. Cette petite Alice aux Pays des Merveilles moderne est à la fois touchante et déterminée. On ne peut que recommander cette lecture ! Mention spéciale pour le cahier graphique en bonus, qui nous permet de remonter à la genèse de l’œuvre.
 
L’auteur: 
 
  Il s’agit ici d’une œuvre franco-belge avec Johan Pilet au dessin et Jean-Michel Darlot au scénario. Le graphiste débute sa carrière dans le design automobile avant de revenir à son premier amour : la bande-dessinée. Le scénariste, quant à lui, fait tout d’abord des études d’anglais avant de se lancer dans l’enseignement durant quelques années. Le duo se réunit une première fois en 2012 pour le tome 1 de Barzoon Circus.
Le détail: 
 
  Pour parfaire le graphisme et donner une atmosphère réaliste à ses planches, Johan Pilet s’est lui-même rendu à Paris pour photographier les bouches du métro parisien. Les deux auteurs ont également rassemblé un maximum de documentation sur le réseau de transports de la capitale. Une totale implication dont le résultat est à la hauteur de l’investissement.
 
La parenthèse: 
 
  Si vous souhaitez découvrir le métro parisien sous un nouvel angle, vous pouvez vous tourner vers la bande-dessinée de Clément Oubrerie intitulée Zazie dans le métro, une adaptation du célèbre roman de Raymond Queneau.
 
MassCritics
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