Poison City (Tetsuya Tsutsui)

Un message fort autour du thème de la censure! 18/20

Le synopsis:

Un an avant le lancement des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, le Japon prend de nouvelles décisions concernant les œuvres d’art susceptibles de créer des polémiques afin de faire bonne figure aux yeux du monde. C’est alors une vague d’oppression qui s’abat sur le pays et ses citoyens, contraignant le peuple à s’y soumettre d’une façon plus que violente. Au même moment, Mikio Hibino, mangaka de 32 ans, se lance dans la conception de Dark Walker, un manga d’horreur totalement en marge avec les nouvelles valeurs de la société….

La critique:

Poison City débute sur une sorte de thriller impliquant des personnages dévoreurs de cadavres. Ces derniers sont atteints d’une folie compulsive due à la maladie de goule. Au bout de quelques pages, on se rend compte qu’il s’agit en fait d’une mise en abyme : un jeune dessinateur et scénariste, Mikio Hibino, présente ses idées et ses travaux à son éditeur dans l’espoir de publier un manga. Confiné chez lui à la recherche du bon scénario, Mikio n’avait rien vu venir. C’est en sortant de la maison d’édition qu’il ouvre les yeux : quelque chose a changé sans qu’il s’en aperçoive.

Un changement aussi radical que brutal ; l’art, autrefois symbole de la liberté d’expression, est la cible d’une terrible censure. De nouvelles lois sont appliquées et les acteurs de ce mouvement prennent un malin plaisir à faire régner la crainte et la terreur sur les habitants du pays. Une prise de pouvoir absolue sur le peuple, donc,  teintée d’un abus d’autorité.

Ce manga est une forme de dystopie futuriste annonciatrice de nouvelles mesures tout à fait probables dans la vraie vie. Cela fait penser au roman de Margaret Atwood, La Servante écarlate, dans lequel un régime totalitaire s’est progressivement installé, interdisant de penser par soi-même, échangeant la liberté contre l’oppression, et réduisant les femmes au rang d’esclaves.

A travers ce manga, on ressent une nette prise de position de la part de Tetsuya Tsutsui qui nous éclaire sur tous les aspects de la censure : ce que subissent les consommateurs, l’autocensure de la part des artistes, et les éditeurs confrontés à cette nouvelle politique de publication. L’objectif de l’auteur est de faire passer un message fort autour du thème de la censure, lui-même victime de ce phénomène. Comme quoi, la fiction n’est que le reflet d’une réalité détournée…

L’auteur:

Tetsuya Tsutsui est un auteur indépendant qui se consacre à la réalisation de mangas. Il a débuté sa carrière en mettant en ligne son propre site grâce auquel il se fera remarquer par une maison d’édition, Ki-oon, basée en France. Le dessinateur travaille actuellement en collaboration avec cette dernière mais aussi avec l’éditeur Shūeisha au Japon.

Le détail: 

Tetsuya s’est largement inspiré de sa propre expérience pour créer Poison City. Une agence pour « l’enfance et l’avenir » a pris pour cible une de ses œuvres, Manhole, qui raconte la propagation d’un nouveau virus. Une censure mal vécue par l’auteur qu’il semble critiquer ouvertement dans ce tome.

La parenthèse:

Si vous avez aimé Poison City alors vous pouvez vous tourner vers l’incontournable 1984 de George Orwell, un roman d’anticipation qui donne la chair de poule !

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