Port d’âmes (Lionel Davoust)

Port d’âmes ou le capitalisme à outrance. 15/20

Le synopsis:

Héritier déchu à la suite de dette de jeu de son oncle, Rhuys ap Kaledàn retrouve sa liberté à l’âge de 22 ans, après huit ans passés à naviguer. Il décide de s’installer à Aniagrad, une cité franche où le commerce fait loi. Décidé à reconquérir l’honneur de sa famille et son titre de baron ap Kaledàn, il fait la connaissance d’Edelcar Menziel avec qui il décide de s’associer, mais c’est sans compter qu’à Aniagrad, les apparences sont le plus souvent trompeuses…

La critique: 

Le roman est une fresque ambitieuse, qui nous plonge au coeur d’un monde fantastico-médiéval extrêmement fouillé. L’auteur pétri de légendes médiévales et bretonnes livre une relecture de différents mythes tel que celui de la recherche de la pierre philosophale par Nicolas Flammel, ou de la quête du Graal. Mais il ne se contente pas de les réécrire, il en livre une interprétation personnelle et travaillée, n’hésitant pas à donner à réfléchir à son lecteur.

Le style est fluide, le récit vif, et l’on ne s’ennuie pas à tourner les pages. La complexité vient d’Aniagrad, la ville elle-même, que l’on peut presque considérer comme un personnage à part entière tant sa personnalité est présente et particulière. Le héros apprend d’ailleurs à ses dépens qu’il faut aller dans son sens, et non contre elle, si l’on veut obtenir ce pourquoi l’on y vient.

Mêlant plusieurs genres, Port d’âmes est un récit focalisé sur son jeune héros Rhuys. Roman d’apprentissage où il découvre les vicissitudes de la vie, et la profondeur des sentiments, c’est aussi une enquête dont le but est d’apprendre la vérité sur ceux qui lui sont chers. Roman d’amour où l’on développe aussi bien l’amour filial que l’amour d’une femme, mais aussi roman fantastique où les apparences sont trompeuses et la magie pas si éloignée.

L’auteur: 

Lionel Davoust vit en Bretagne. Il s’est consacré à la littérature après une carrière d’ingénieur halieute. Écrivain prolifique, il est l’auteur d’une trentaine de nouvelles, et le traducteurs d’écrivains de langue anglaise de fantasy. Directeur littéraire de la revue Asphodale (éditions Imaginaire Sans Frontière), il publie des romans depuis 2010, notamment La Volonté du Dragon qui se situe dans le même univers que Port d’âmes (éditons Critic).

Le détail: 

L’on remarquera la forte influence bretonne sur l’univers créé par Lionel Davoust notamment au niveau de la nomenclature. Kaledàn, Drana, Perdak, Kerastrion, etc, s’ils ne sont pas des noms bretons, ont tout de même une assonnance marquée. De même,pour l’influence maritime (le héros passe tout de même huit ans à naviguer avant de retrouver sa liberté). 

La parenthèse:

La Volonté du Dragon, mais aussi La Route de la Conquête sont deux autres romans du même auteur qui se situent dans le monde d’Evanégyre, tout comme Port d’âmes. Ils sont bien évidemment à conseiller aux lecteurs qui souhaitent approfondir leurs connaissances de cet univers. L’on peut aussi se tourner vers les autres auteurs de fantasy français, tel que Pierre Grimbert, ou Jean-Louis Fetjaine dont l’univers, entre légende arthurienne et monde féérique, est plus proche de la culture bretonne que celui de Lionel Davoust, tout en répondant aux mêmes codes chevalresques.

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