Reste avec moi (Ayobami Adebayo)

Le parcours d’une femme qui se veut libre! 15/20

Le synopsis

Entre Yejide et Akin, ce fut le coup de foudre au premier regard. Et puis une fois mariés, tout s’est enchaîné. Quatre ans après leur union, il n’y a toujours pas d’enfant en vue, ce qui déplaît fort à la famille d’Akin. En tant que fils aîné, ce dernier doit absolument offrir un héritier à ses parents. Aussi, c’est une seconde épouse qui va franchir la porte de la maison familiale pour assurer la succession. Yejide sait que si elle veut sauver son mariage, elle doit tomber enceinte. Démarre alors un véritable parcours du combattant.

La critique

Paru aux éditions Charleston, Reste avec moi est le tout premier ouvrage d’Ayobami Adebayo. Il relate une histoire d’amour forte entre un homme et une femme, leur parcours pour devenir parents, avec pour toile de fond les bouleversements politiques et les traditions familiales du Nigeria des années 1980.

Nous voilà plongés dans une toute autre culture, où la famille, mais aussi les apparences sont au centre des préoccupations. Au Nigeria, être marié, c’est bien, mais donner une succession, c’est mieux, quitte à ce que le mari ait plusieurs épouses, et quitte à ce que l’amour se transforme en une tragédie grecque. Aussi, la polygamie est acceptée. Si la plupart des femmes ne discute pas cette règle, ce n’est pas le cas de Yejide, notre héroïne, qui va faire de nombreux sacrifices pour donner un enfant à Akin. Son parcours est semé d’embûches. Yejide va devoir faire face à de nombreux mensonges, y compris au sein de sa famille, et combattre la maladie.

Avec cette histoire éprouvante, le lecteur sort indéniablement des sentiers battus. On nous dresse le portrait d’un couple fou amoureux depuis ses débuts, mais aussi d’un pays qui nous est peu connu.

Mais Reste avec moi, c’est avant tout l’histoire d’une femme forte, sensible, qui se veut libre. Libre de pouvoir être enceinte quand ça lui chante, libre de ses gestes, de ses choix, et surtout, être indépendante de sa belle-famille. Impossible de ne pas sortir indemne de notre lecture, voire offusquée face à ces traditions qui ne sont pas les nôtres, et de ne pas applaudir l’écriture engagée de l’auteure.

Le point négatif de l’œuvre ? La chronologie des événements, les dates, qui font que nous sommes parfois un peu perdus dans le déroulement des faits. Et puis les mots, parfois durs, qui ne collent pas toujours avec la douceur du texte.

L’auteur 

Ayobami Adebayo est née au Lagos, et a étudié l’écriture en compagnie d’autres auteurs devenus célèbres, à l’instar de Margaret Atwood. Reste avec moi, son premier roman, a été traduit dans 18 pays et sélectionné par 4 prix littéraires, dont le très renommé Women’s Prize for Fiction. En 2017, l’écrivaine fut lauréate du Futur Awards Africa Prize for Arts and Culture.

Le détail

Dans le roman, Yejide donne à sa fille le prénom de Rotimi. Ce nom suggère qu’il s’agit d’une enfant « abiku », c’est-à-dire, « venue au monde avec l’intention de mourir très vite ». On traduit « Rotimi » par « Reste avec moi », d’où le titre de l’ouvrage.

La parenthèse

Les destins de femmes, c’est un peu la manne des éditions Charleston. Aussi, on vous conseille vivement de vous plonger dans le catalogue de cet éditeur si les histoires de femmes ont le don de vous passionner. Vous pouvez aussi vous lancer dans des lectures plus classiques, telles que Geisha d’Arthur Golden.

Sandrine K. de  MassCritics 

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