Rien ne s’oppose à la nuit (Delphine de Vigan)

« Ma mère est morte mais je manipule un matériau vivant » 15/20

Le synopsis: 

Suite au décès de sa mère, Delphine de Vigan décide de partir à la rencontre du passé de celle-ci afin d’écrire, comme d’autres auteurs avant elle, le roman de sa mère qui l’obsède tant et l’empêche de dormir la nuit. S’ensuit une véritable fouille dans les méandres de l’histoire familiale durant laquelle elle déterrera joies et peines, mais aussi souvenirs, mythes et secrets.

La critique: 

Difficile de critiquer ce livre tant chacun l’appréciera de façon personnelle. Car c’est là toute sa force : chacun, selon sa propre histoire familiale, l’appréhendera autrement. En effet, aucun des maux qui peut frapper un foyer ne sera épargné à la famille Poirier. Maladie, suicide, accident, folie… Les classiques problèmes professionnels et financiers sont, pour le coup, relégués au second plan, tant les autres « péripéties » nous touchent plus. Ainsi, à travers l’histoire de sa mère, Delphine de Vigan nous livre l’histoire de toute sa famille.

Car le livre passe par trois étapes. Tout d’abord, l’enfance de Lucile, la mère de l’auteure, où l’on fait la connaissance de toute la famille Poirier, avec la figure du père charismatique et de la mère lumineuse ainsi que de leurs neuf enfants. On partage le quotidien d’une famille nombreuse, la recherche d’individualité de chacun, les premières blessures familiales dont je ne dévoilerai pas la teneur mais aussi les joies, l’amour filial et fraternel et au centre de tout cela : Lucile. L’anti-héroïne du roman. En effet, son « personnage » est là, mais elle est continuellement décrite comme absente, silencieuse, observatrice. Insaisissable.

La seconde partie, quant à elle, est très différente. Elle débute à la naissance de l’auteure et donc à son arrivée dans la vie de Lucile. Jusqu’à présent, tout n’était que supputation. A partir de cette partie on a un véritable regard mais aussi une forme de jugement à travers les yeux de l’enfant. On quitte aussi la cellule familiale formée par les grands-parents de l’auteure. Cela donne une autre coloration au roman. Comme si l’on déroulait un film jusqu’à présent en noir et blanc et qu’on passait à la couleur. Des couleurs un peu jaunie par le temps.

Puis la troisième partie nous est plus contemporaine et l’image devient plus nette. Une nouvelle époque, de nouvelles épreuves. Toujours ponctuées de joies, de moments à la fois unique et à la fois si proche de ce que chaque familles connaît : les vacances d’été, les fêtes de Noël…

Enfin arrive le dénouement dont on prend connaissance finalement dès les premières pages mais dont on comprend maintenant la teneur. Il prend une autre teinte après notre lecture de tout ce qui a fait la vie de cette femme, de ces proches, et de ses filles.

Ce récit de vie est entrecoupé par des chapitres racontés à la première personne. L’auteure nous y livre son parcours pour arriver à ce livre. Ses doutes, comment elle aurait voulu qu’il soit, sa peur de blesser les membres de sa famille qu’elle a sollicité pour l’écriture de ce livre. Le tout nous permet de rentrer dans l’intimité de Delphine de Vigan, en tant qu’auteur, après être entré dans celui de Delphine, la fille de Lucile.

En bref, je recommande la lecture de ce roman servi par une belle plume. Il est tout à fait bouleversant mais traite aussi de sujets difficiles. 

L’auteur:

Romancière et réalisatrice française, Delphine de Vigan naît à Boulogne-Billancourt en 1966. Elle recevra de nombreuses distinctions et est l’auteure de huit romans. Anciennement directrice d’étude dans une institut de sondage, elle écrira son premier roman sous un pseudonyme, Lou Delvig. Elle signera  les suivants de son véritable nom.

Le détail:

Dans le roman Rien ne s’oppose à la nuit, il est question de la popularité de Lucile, la mère de l’auteure, en tant que mannequin enfant pour des publicités, ainsi que d’un reportage vidéo effectué sur la famille Poirier. Les lecteurs les plus curieux ont retrouvé une des publicités mentionnées dans le livre. Par ailleurs, des images du reportage peuvent se trouver facilement sur les moteurs de recherche.

La parenthèse:

De nombreux prix ont récompensés ce roman sorti en 2011. A savoir : le Prix roman FNAC, le Prix roman France Télévision, le Prix Renaudot des Lycéens, et le Prix des lectrices Elles. Deux autres de ses romans ont eux aussi été très prisés par la critique, D’après une histoire vraie (JC  Lattès, 2015) et No et moi(2007). Ce dernier ayant même été adapté au cinéma.

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Une réflexion sur “Rien ne s’oppose à la nuit (Delphine de Vigan)

  • 2 décembre 2018 à 8:06
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    Je ne l’ai pas encore lu cette autrice mais beaucoup l’apprécie

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