Roi Ours (Mobidic)

Une bande dessinée poignante et entraînante! 16/20

Le synopsis:

Fille du chef de la tribu, Xipil est offerte en sacrifice à la divinité Caïman afin de lever la malédiction qui plane sur son village. Alors que l’adolescente est attachée à un totem en attendant sa fin venir, Roi Ours, opposé à cette offrande, apparaît et la délivre. De peur que Xipil ne subisse le rejet et la violence de son village en abandonnant son funeste destin, Roi Ours lui propose de devenir son épouse et de l’emmener dans son monde.

La critique :

Cette histoire est un dépaysement total en termes de culture et de paysage : elle nous fait découvrir les croyances et la vie d’un peuple Amérindien. Elle met à la lumière du jour les pratiques et les rituels ponctués par la religion dans une dimension fantastique. La mise en images de ces croyances est ici bien plus parlante que tout texte ou discours.

L’auteure s’est inspirée de ses origines mexicaines et de ses ancêtres Aztèques. Imaginer ces lieux, ces mœurs, ce mode de vie, d’un peuple maintenant disparu à partir des traces écrites qui subsistent encore aujourd’hui, fait la magie de cette bande dessinée. Pour la conception de cet album, l’auteure s’étant documentée, a décidé de créer une fausse légende en ayant tout de même pour base un solide ancrage dans la réalité et dans les faits.

On ne peut qu’être époustouflé par les somptueux dessins de ce roman graphique qui sont emprunts à la fois de réalisme et d’imaginaire, le thème du mysticisme ne pouvait être mieux dépeint. On s’attend tout d’abord à lire une histoire pleine de tendresse, mais il en est autrement. En effet, on assiste aux malheurs de Xipil qui n’a rien demandé d’autre que de garder la vie sauve et de vivre aux côtés des siens. Mais un drame se joue sous nos yeux de lecteur dès les premières pages…

La morale de l’histoire nous laisse à penser que l’Homme est lui-même un animal, capable de la pire des choses pour parvenir à ses fins. On retient alors notre souffle devant ce récit poignant et entraînant en se demandant quelle en sera l’issue : laissez-vous tenter par cette intrigue originale et par la mythologie animalière où les dieux et les hommes se rencontrent.

L’auteur:

Bien que Mobidic n’ait pas de modèle particulier dans le monde du neuvième art, la jeune auteure avoue être très influencée par l’œuvre de Miyazaki, un célèbre mangaka et réalisateur de films d’animations japonais. La nature et les animaux font également partie intégrante de sa vie et de son travail. C’est d’ailleurs dans cette optique que la graphiste souhaite continuer à inventer des décors toujours plus ancrés dans des environnements naturels. De quoi prendre une grande bouffée d’air frais !

Le détail:

La personnalité de la déesse Caïman n’a été définie qu’à la fin de la création de la bande dessinée : Mobidic a préféré peaufiner son caractère afin de lui donner une bonne raison d’être méchante. De son propre aveu, elle compatirait même pour ce personnage haut en couleur !

La parenthèse:

En attendant le prochain album de la dessinatrice, vous retrouverez une confrontation entre les divinités et l’humanité dont le fil conducteur se réfère à la mythologie dans la série Les Prométhéens. Les Dieux de l’Olympe sont contraints de vivre sur Terre avec les hommes en cachant leur identité afin de ne pas s’attirer les foudres d’un mystérieux individu qui cherche à les éliminer un par un. N’hésitez pas à vous lancer dans la lecture de ces bandes dessinées déjà cultes !

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