Signé Poète X (Élisabeth Acevedo)

Un roman poignant et une douceur pour le cœur ! 18/20

Synopsis :

Xiamora a 16 ans et un corps qui prend plus de place que sa voix : un bonnet D et hanches chaloupées. Contre la rumeur, les insultes ou les gestes déplacés, elle laisse parler ses poings. Étouffée par les principes de sa mère (pas de petit ami, pas de sorties, pas de vagues), elle se révolte en silence. Personne n’est là pour entendre sa colère et ses désirs. La seule chose qui l’apaise c’est écrire et encore écrire. Tout ce qu’elle aimerait dire. Transformer en poèmes-lames toutes ses pensées coupantes. Jusqu’au jour où le club de slam se crée dans son lycée. L’occasion pour Xiamora de trouver enfin sa voix.

Critique :

Dans le quartier d’Harlem, réputé pour accueillir une population afro-américaine assez nombreuse, Xiamora, jeune adolescente, vit avec ses parents et son frère jumeau Xavier. Sa vie est tiraillée car elle souffre des nombreuses réflexions provocantes sur son physique, de l’éducation très religieuse de sa mère qui l’empêche de sortir, de voir des garçon, et qui l’oblige à toujours l’accompagner à l’église. Les seuls moments où Xiamora peut être elle même sont lorsqu’elle écrit dans son carnet des poèmes que personne ne lira. Sa rébellion est donc silencieuse et se passe au travers de puissants poèmes, haïkus et slams reprenant son quotidien.

Xiamora est un personnage féminin fort qui représente toutes ces femmes jugées, critiquées, embrigadées, obligées d’obéir à des voix ou des lois incohérentes. Ici, Le harcèlement, le sexisme, la misogynie, la place de la femme dans la religion sont des thèmes exploités de manière brutale mais avec la douceur des mots de cette poète. C’est un roman engagé et qui fait réfléchir sur notre société. Xiamora utilise la liberté d’expression et ses poèmes, slams, pour dénoncer ces faits. Les vers sont percutants, violents afin que le lecteur réagisse et comprenne ce que le protagoniste principal peut ressentir. Cependant, la plume de l’auteur reste douce et libre, ce qui est contradictoire aux paroles évoquées. La mise en page donne l’impression de tenir en main le carnet de poèmes de Xiamora. Il est impossible de lâcher ce roman !

La relation entre Xiamora, sa mère et la religion est en quelques sortes le fil rouge de l’histoire. L’amour entre elles ne se montre pas, ne se dit pas ; seul l’amour de Dieu est possible. Ainsi, la religion et l’église sont très présents pour sa mère, quitte à oublier que ses enfants veulent vivre leurs vies différemment.

Si vous souhaitez lire un roman prenant, subjuguant et abordant des thèmes d’actualité, alors Signé Poète X sera celui qu’il vous faut ! Un large public saura se perdre dans la douceur et la violence des mots de cette poète en herbe ! Mais, les adolescents se reconnaîtront davantage dans le passage de l’enfance à l’adolescence et tout ce qu’il entraîne.

L’auteur :

Née à New-York, fille d’immigrants dominicains, Elizabeth Acevedo est diplômée en arts de la scène et en création littéraire. Elle a ainsi remporté plusieurs concours de slam, dont le « National Poetry Slam ». Son roman Young Adult Signé Poète X est best-seller du New York Times, lauréat du National Book Award et lauréat de la médaille Carnégie. Il a été publié chez les éditions Nathan le 29/08/2019.

Le détail :

La mise en page reste un élément important de l’œuvre. En effet, l’écriture en vers permet d’amener les thèmes importants avec fluidité et douceur. De plus, cela créé une intimité entre les pensées de Xiamora et le lecteur afin de véhiculer des messages forts sur la place de la femme dans notre société, le sexisme et l’acceptation de soi malgré toutes les difficultés présentes. Le roman en vers est donc plus agréable à lire et montre la puissance des mots.

La parenthèse :

En vue de la popularité des romans en vers, et l’importance des messages qu’ils véhiculent, si vous avez apprécier Signé Poète X alors Inséparables de Sarah Crossan saura vous plaire aussi ! Cette histoire touchante de jeunes sœurs siamoises qui essaient de vivre une vie de lycéenne normale met en avant la difficulté de s’intégrer. Étant aussi en vers, il est très agréable de se plonger dans ces pages !

« Parfois c’est comme si écrire, c’était le seul moyen de pas souffrir. »

Page 47

MassCritics – Justine

L’avez vous lu? Qu’en avez vous pensé? Votre note?
Page Facebook : Masscritics
Page Instagram : Masscritics

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *