The Walking Dead – Days Gone Bye (Kirkman & Moore)

Un comic-book d’exception! 20/20

Le synopsis:

Rick Grimes, policier du Kentucky, tombe dans le coma lorsqu’un criminel évadé lui tire dessus. À son réveil à l’hôpital, il est seul, et toute la ville est déserte… mise à part la horde de mort-vivants qui l’a envahie. Trouvant sa maison vide et dévastée, Rick se met en route vers Atlanta, où il espère retrouver sa femme Lori et son fils Carl, et survivre à l’Apocalypse.

La critique:

La grande force de The Walking Dead, c’est la façon dont Robert Kirkman évite, avec brio, de recourir aux clichés des films de zombies qui ont alimenté le genre depuis des décennies. Certes, les mort-vivants sont le danger principal pour les protagonistes. Mais, ceux-ci ne se retrouvent que rarement engagés dans une lutte ou une fuite frénétique pour survivre. Leur plus grand ennemi, en réalité, est la nature humain. Car, en plus de la fin du monde, Rick et son groupe de survivants sont confrontés à d’autres groupes meurtriers et à des tyrans. Mais aussi, à la difficulté de remettre sur pied une civilisation quasiment anéantie.

La série est un drame profondément humain. Les « zombies » (qui ne sont jamais désignés ainsi) ne remplissent donc que le rôle de la montée des eaux dans Waterworld ou les effets de la pollution dans Nausicaä de la vallée du vent : un bouleversement du statu quo qui oppose l’humanité à une Nature destructrice et la met sous pression, exacerbant les conflits interpersonnels, et favorisant ses « bas instincts ».

C’est donc dans un monde en ruines et totalement nouveau que se réveille Rick Grimes. Et, par son intermédiaire, le lecteur. Grâce à un usage astucieux de l’ellipse temporelle, Kirkman précipite ses lecteurs dans la post-Apocalypse: dans le nouvel ordre mondial, celui des morts. Rick doit apprendre à survivre dans un monde plus hostile qu’il ne l’a jamais connu. Un monde, dans lequel les ressources les plus utiles s’épuisent de plus en plus vite. Dans The Walking Dead, la survie n’est pas qu’une question immédiate. Ici, il ne s’agit pas de repousser la horde de zombies ou de bandits qui menace les survivants ; il n’y a pas de victoire totale contre la menace ressuscitée. Il n’y a que le vague espoir de s’établir quelque part, presque en sécurité, jusqu’à ce que le chaos reprenne, inévitablement, ses droits.

The Walking Dead est un comic-book d’exception. Il traite d’un thème qui semblait épuisé par des décennies de films, et lui rend sa fraîcheur en faisant de ses héros, non pas des combattants, mais des survivants ; des gens normaux, poussés au bout de leurs capacités par une situation aussi catastrophique qu’insoluble, en posant une grande question : la civilisation peut-elle survivre à la fin du monde ?

L’auteur:

Robert Kirkman est un scénariste américain, dont le magnum opus reste la série The Walking Dead ; il a d’ailleurs participé à tous ses spin-offs et adaptations.

Tony Moore est un dessinateur américain qui, après avoir aidé Kirkman à lancer The Walking Dead, s’est consacré aux séries Fear Agent et The Exterminators.

Les deux artistes ont commencé à collaborer en 2000, avec Battle Pope, comics de super-héros parodique, puis Brit, en 2003. Leur collaboration sur The Walking Dead sera de courte durée. En effet, Tony Moore n’en dessinera que les six premiers numéros, qui constituent ce premier volume (chez Image Comics).

Le détail:

Ce premier volume est donc le seul dessiné par Tony Moore. En effet, c’est Charlie Adlard (dessinateur pour de nombreux éditeurs, de Marvel à DC Comics, en passant par Image et Wildstorm) qui le remplace à partir du septième numéro. Le style du dessin de la série change donc radicalement. Il devient plus simple sans perdre pour autant son élégance et son efficacité. La représentation du gore perd toutefois en détail. Mais ceci ne fait que confirmer l’idée que la présence des zombies n’est souvent qu’un prétexte pour permettre la représentation de l’humanité sous pression.

La parenthèse

Les amateurs de ce premier volume de The Walking Dead se réjouiront d’avoir accès à un large catalogue multimédia de séries (The Walking Dead et Fear The Walking Dead), jeux vidéos (The Walking Dead et The Walking Dead : Season Two, jeux d’aventure publiés par Telltale Games), et romans (divers volumes explorant la vie du Gouverneur, un antagoniste majeur des volumes suivants). En-dehors de la série elle-même, cependant, les lecteurs de The Walking Dead pourront aussi s’intéresser à Fables (DC Comics, collection Vertigo), qui modernise les contes de fées les plus connus, en en replaçant les personnages dans le New York des années 2000, dans un autre bouleversement d’un genre bien connu.

MassCritics

L’avez vous lu? Qu’en avez vous pensé? Votre note?
Page Facebook : Masscritics
Page Instagram : Masscritics

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *