Tokyo (Mo Hayder)

Enquête dans un Tokyo angoissant! 15/20

Le synopsis:

La jeune Grey débarque à Tokyo avec une seule idée en tête : obtenir du vieux Shi Chongming, professeur chinois de sociologie, l’unique exemplaire d’un film bien précis, tourné durant le sac de Nankin par l’armée japonaise. Cette quête la mènera sur des chemins aussi inattendus qu’angoissants.

La critique :

On ne sort pas indemne de la lecture de ce livre. S’il y a bien un mot pour définir l’état d’esprit dans lequel on est plongé en le lisant c’est : oppressant. Âmes sensibles, s’abstenir! Ou alors accrochez vous, car il est ici question des plus vils instincts de l’humain. En effet, on plonge en même temps que Grey, dans l’horreur : la guerre, les yakusas, la torture, mais aussi le cannibalisme, entre autres choses.

Aussi, la structure du récit est la suivante : on suit Grey, alternant ses phases de recherches et de vie dans Tokyo avec des réminiscences de son passé. Si son enfance reste entouré d’un voile de mystère,  les informations, distillées avec rythme permettent de donner une signification particulière à celles-ci. A côté de ces chapitres, qui constituent la majeure partie du roman, on suit aussi le jeune Shi Chongming lors de la guerre de Chine et du sac de Nankin. Ces parties sont malheureusement inégalement intéressantes. Autant, le scénario, pris dans sa globalité, est vraiment prenant et intelligemment pensé, autant certains chapitres nous laissent sur notre faim, où viennent casser un peu le rythme.

Malgré cela, il faut tout de même souligner l’ingéniosité de l’auteur quant à l’imbrication des chapitres et des révélations, chacun se répondant jusqu’au final, qui ne tient pas complètement ses promesses mais reste en partie inattendu et bien mené. De plus, il convient également de saluer les recherches effectuées dans le cadre de la rédaction de ce roman, qui permettent de lui donner une profondeur et du relief. Ceci est particulièrement appréciable. En effet, cette partie de l’histoire reste mal connue par les occidentaux et encore moins bien (re)connue par les japonais.

Enfin, le récit est servi par un style ciselé, délicat, qui contraste avec l’horreur des faits rapportés via de jolies métaphores. Les personnages, sans être vraiment attachants ou sans que l’on puisse s’y identifier (il leur manque clairement une case à tous…) sont néanmoins percutants.  Aussi, Grey est par certains côté touchante, et son histoire ne nous laisse pas indifférent. L’ambiance générale se dégageant lors de la lecture est tout de même pesante. À lire, mais pour un public averti

L’auteur:

Mo Hayder est née à Londres en 1962. A 16 ans, elle quitte sa famille pour vivre de petits boulots et de façon décousue. Puis part au Japon sur un coup de tête à 26 ans. Elle y mène une vie austère et décide finalement de poursuivre des études sur le cinéma d’animation aux États Unis. Actuellement, elle vit de sa plume, et est retournée en Angleterre, à Bristol.

Le détail:

Si le livre s’appelle Tokyo, il n’empêche que le scénario tourne autour d’une autre ville : Nankin, considérée comme la capitale du Sud de la Chine. Durant la guerre sino-japonaise, en décembre 1937, les japonnais prennent la ville. Durant six semaines, le sac de la ville à lieu. Les actes de barbaries qui  en découle, conduisent à la mort de milliers de soldats mais aussi de civils.

La parenthèse:

Etoile montante du roman noir, Mo Hayder est connue pour son univers, violent et morbide. Son premier roman, Birdman, sorti en 2000, est un best-seller. Puis Tokyo (Presses de la Cité) reçoit le Grand prix des lectrices de Elle 2006 : catégorie Policier. Ainsi que  le Prix SNCF du polar européen.

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