Tout ce que tu vas vivre  (Lorraine Fouchet)

Un tourbillon d’émotions! 15/20

Le synopsis

L’histoire de Tout ce que tu vas vivre nous plonge d’emblée au cœur du drame. Dom, Domnin Le Goff de son vrai nom, est dans sa chambre lorsqu’il entend des urgentistes faire irruption dans son appartement. A même pas 15 ans, il voit son père impossible à réanimer, décéder d’une crise cardiaque. Une jeune femme blonde aurait prévenu les secours et ouvert la porte avant de s’enfuir à leur arrivée.
Qui est cette jeune femme que Dom ne connait pas et qui semble avoir passé la nuit avec son père, mort d’amour ? Il apprend vite que son père souffrait de problèmes cardiaques. Abandonné par sa maman, qu’il appelle par son prénom depuis son départ pour une mission en tant que médecin, dont elle n’est jamais rentrée : Claire.

Dom se retrouve donc orphelin, plongé dans toutes les questions de sa vie : Pourquoi son père ne lui a- t-il pas dit qu’il était malade? Qui est cette jeune femme blonde avec qui il semble avoir eu une relation cachée? Pourquoi sa mère les a-t-elle abandonné? Qui va prendre soin de lui maintenant ?

Entouré autant que possible par sa famille (ses oncles et tantes habitant dans le même immeuble), ainsi que quelques voisins bienveillants, il va tenter d’avancer. Cela ne se fait pas sans mal. D’autant plus que l’une de ses tantes, Désirée, n’a aucun scrupule et rêve de s’approprier son appartement. Heureusement, en plus des membres de sa famille soutenant et aimant, il a aussi Mathilde, son amie d’enfance et sa maman, fiables et bienveillantes, pour l’aider.

Et lorsqu’au fil de ses recherches, les langues se délient et plusieurs lettres lui révêlent des éléments troublants, il décide de partir à la recherche de la vérité et de son histoire. Quitte à aller jusqu’en Patagonie, entrainant sa tante veuve avec lui.

La critique

J’ai apprécié cette histoire présentée comme un joyeux tourbillon.

L’ambiance n’y est jamais vraiment pesante, même durant les moments les plus sombres. L’émotion est souvent au rendez-vous et les personnages, souvent assez caricaturaux, donnent fréquemment le sourire aux lèvres. Par ailleurs, l’amour de la Bretagne transparaît au travers des pages et j’ai bien apprécié les nombreux clins d’œil à la culture bretonne (plats, langue, expressions et tradition) qui jalonnent les pages.

En outre, le personnage de Dom est particulièrement attachant. Petit homme entrant dans l’adolescence il est déjà propulsé dans une vie ne laissant plus de place à la rêverie ou à l’innocence. Certaines réflexions et phrases sont d’une justesse merveilleuse et m’ont beaucoup touchée. Telle celle prononcée à un moment par Dom : « Il y a un olivier dans notre jardin à Kerlard. Papa le taillait comme il faut, par l’intérieur, assez pour qu’un oiseau puisse le traverser en volant sans toucher les branches de ses ailes. Je suis un petit pingouin coincé dans un olivier, j’ai les ailes déchirées, je ne trouve pas la sortie. »

Au-delà de ces émotions, l’histoire est écrite avec une réelle intrigue. Plusieurs éléments restent à découvrir et j’ai voulu moi-même mener l’enquête avec le petit Dom : qui est la femme blonde ? Pourquoi Claire est-elle partie sans revenir, laissant son fils et son mari derrière elle ? Que cachent les lettres qui détiennent de nouveaux secrets ? Comment Dom retrouvera-t-il de la sérénité et vers quoi va-t-il se diriger ? Arrivera-t-il à déjouer les coups bas de sa tante Désirée ?
Autant de question qui m’ont tenu en haleine tout au long de la lecture.

Seul petit bémol, l’accumulation de situations assez invraisemblables qui, si elles peuvent être chacune plausibles prises séparément, deviennent au final un peu « too much » pour le réalisme global du roman, d’où ma note de 15/20. Mais je ne peux en dire plus au risque de spoiler les futurs lecteurs à qui je conseille tout de même vivement de découvrir Tout ce que tu vas vivre, un livre doux-amer et rafraîchissant.

L’auteur :

Lorraine Fouchet est Française et elle à 62 ans. Ancien médecin urgentiste, elle est l’auteure de 19 romans dont le célèbre Entre ciel et lou  qui a remporté le prix Ouest et le prix Bretagne. L’ile de Groix, centrale dans son roman, est également un de ces lieux de résidences dans la vraie vie.
Sa première profession de médecin urgentiste continue de l’inspirer et de filtrer à travers ses romans. On sent la maîtrise du langage médical à certains moments. Elle dédie d’ailleurs ce roman à un jeune homme inconnu rencontré lors d’une intervention médicale où elle a tenté de sauver le père de ce dernier alors qu’il était victime d’un malaise cardiaque. Ce souvenir lui a inspiré l’histoire ici présente.

Tout ce que tu vas vivre (Héloïse d’Ormesson) est son vingtième roman. Elle a également écrit quelques roman jeunesse. Ses romans ont reçu de nombreux prix et ont tous reçu un accueil favorable de la part des critiques.

Le détail

Les chapitres sont séparés et ponctués par de délicieux petits dessins de manchots en noir et blancs. Ce petit détail fait la différence. En effet, il apporte de la fraîcheur et un peu de malice à l’histoire qui est par moment assez difficile. Cet aspect « enfantin », lié aux thèmes très adultes développés dans le roman, a résonné pour moi comme un rappel de l’enfance. Mais aussi et surtout de la situation du narrateur principal. De fait, alors qu’il entre tout juste dans l’adolescence celui-ci est déjà confronté à des décisions d’adultes et à la dure réalité de la vie.

La parenthèse :

A la fin du livre, quelques « bonus » sont réservés au lecteur. L’auteur propose en effet la « bande originale » du roman, une liste de chansons qui ont accompagnés l’histoire. Petit conseil d’ami: N’hésitez pas à lire cette liste au préalable afin d’accompagner votre lecture au fur et à mesure de l’apparition de ces chansons dans l’histoire. Seconde parenthèse des plus gourmandes: Dans le roman, les lecteurs découvrent que le meilleur gâteau du monde pour Dom, sa madeleine de Proust, est le « Magical Cake ». C’est un merveilleux cake au chocolat réalisé par une amie d’enfance de son papa. L’auteur nous offre, en guise de bouquet final, la recette de cette merveille chocolatée.

Marie pour MassCritics

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